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Sécurité: La mise en œuvre du Livre blanc nécessitera du temps

La mise en œuvre du Livre blanc de la sécurité intérieure dévoilé par Gérald Darmanin demandera du temps, compte tenu du calendrier électoral et de la nécessité d’engager des discussions sur des sujets aussi sensibles que la répartition territoriale entre police et gendarmerie.

Tous les syndicats de policiers, interrogés par l’AFP, sont unanimes pour estimer que la publication de ce document très attendu n’est pas la fin du processus tout en saluant, à l’instar de Patrice Ribeiro (Synergie officiers), la méthode « très participative » du ministre de l’Intérieur. Gérald Darmanin, qui les a reçus avec les représentants des personnels de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers, a insisté sur la nécessité de « poursuivre le travail », ont relevé des participants.

Une direction unique pour la police dans chaque département

Durant le premier semestre 2021, les discussions vont ainsi continuer avec l’objectif de préparer une Loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) pour 2022. « L’idée du ministre est que le dossier soit ficelé pour 2022 », a expliqué Grégory Joron (Unité SGP Police). Avec une inconnue sur son avenir : le résultat de la présidentielle de 2022.

Le Livre blanc, un document de 350 pages est le fruit d’un travail d’un an associant gouvernement, syndicats et grands corps de la police et de la gendarmerie. Plusieurs points du document ont déjà vu le jour, comme le Schéma national du maintien de l’ordre. D’autres, sur les polices municipales et l’encadrement des acteurs privés de la sécurité, sont inclus dans la proposition de loi sur la « sécurité globale » qui est débattue par les députés.

Gérald Darmanin a mis en exergue, avec prudence, deux préconisations, des petites révolutions en puissance. La première vise à créer une direction unique qui placerait, dans chaque département, sous son autorité, la sécurité publique, la police judiciaire et la police aux frontières. Ce directeur serait placé sous l’autorité d’un directeur de la zone de défense, plus étendue.

Ce schéma correspond à l’organisation actuelle de la gendarmerie et est expérimenté aux Antilles, en Guyane et à Mayotte.

« Dans le bon sens »

Le ministre propose une expérimentation d’un an, à partir du début de l’année prochaine dans trois départements métropolitains frontière : le Pas-de-Calais, la Savoie et les Pyrénées-Orientales. « Cela va dans le bon sens. Il faudra regarder si c’est efficace au terme de l’expérimentation mais cela va demander du temps », a estimé Fabien Vanhemelryck (Alliance). Au nom du syndicat des commissaires, David Le Bars s’est lui aussi réjoui de cette initiative, persuadé de la « nécessité de réorganiser la police nationale en interne ».

« Un seul patron dans le département ? Cela ne changera pas le quotidien des gardiens de la paix mais si cela permet de mieux coordonner et de fluidifier, alors d’accord », a jugé de son côté Grégory Joron.

Certains craignent néanmoins que selon l’appartenance du directeur à telle ou telle filière, celui-ci privilégie la sienne détriment des autres. Autre sujet potentiellement explosif : une nouvelle répartition territoriale entre policiers et gendarmes.

A la lecture de l’entretien du ministre dans Le Parisien, tous ont compris qu’il voulait accroître le périmètre de la police. A l’origine, la police est compétente en ville et la gendarmerie à la campagne.

Mais avec le temps, les agglomérations ont gagné en superficie et des zones péri-urbaines se trouvent désormais sous la coupe des gendarmes. Il y a onze ans, une première réorganisation des compétences entre les deux corps avait suscité des réserves auprès des élus, les uns voulant conserver leur commissariat, les autres leur gendarmerie. A l’approche des élections départementales, régionales et présidentielle, le sujet est donc sensible politiquement.

Mais aussi au sein des forces de sécurité. Même si policiers et gendarmes s’en défendent, chacun revendique sa supériorité et dénonce par avance une volonté hégémonique de l’autre. Dans ce contexte délicat, Gérald Darmanin a prudemment décidé de confier une mission de réflexion sur ce sujet aux trois inspections générales de la police, de la gendarmerie et de l’administration.

SOURCE : 20 MINUTES/ AFP

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