Les hommes du président

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Deux hommes en garde à vue, deux hommes proches du président Macron, deux hommes dont les agissements ébranlent les valeurs de la République, deux anciens gendarmes réservistes au rôle plus que douteux… Le premier est adjoint au directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, et le second chargé de mission pour l'Élysée et employé à LREM. Les deux ont été suspendus, mais cette affaire est loin d’être terminée. 

Aujourd’hui les deux protagonistes sont en garde à vue. Alexandre Benalla a commencé sa carrière de gendarme de réserve dans l’Eure, et Vincent Crase est ancien réserviste de la gendarmerie, reconverti dans la sécurité privée.

Des questions qui restent sans réponse

De nombreuses questions demeurent. Que faisaient-ils là le 1er mai ? Pourquoi l’Elysée envoie un observateur (ou des observateurs) dans une manifestation qui finit par tabasser des manifestants ? De manière générale, qui sont réellement ces deux hommes ? Quelle est leur mission ? Un collaborateur de l’Élysée a le droit d’aller casser du ‘‘manifestant’’ quand bon lui semble ? Pourquoi les forces de l’ordre ont accepté sans réagir, ou étaient-elles sous ses (leurs) ordres ? Pourquoi la voiture de Benalla dispose d’un dispositif lumineux correspondant à celle d’une voiture de police ? Un logement dans la dépendance de l’Élysée ? Plus que jamais une enquête minutieuse et indépendante doit être menée !

En visionnant plusieurs images de la campagne d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla est souvent (déjà ?) juste à côté du président, et ce depuis qu’il est candidat (à l’époque il fait partie de l’équipe qui gère sa sécurité rapprochée). On le voit aussi assurant la protection d’Emmanuel Macron, président, sécurité si rapprochée qu’il est plus près du président que les agents du GSPR (groupe sécurité de la présidence de la République) qui ne sont pas au contact du président comme l’est Benalla.  Peut-on en déduire qu'il s'agit réellement d'un proche du président ?

Les réactions

Ce vendredi 20 juillet, l’Élysée annonce avoir engagé la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla, et la suspension de toute collaboration avec Vincent Crase. La veille, 19 juillet, on apprenait par le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, que Benalla avait été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président, et mis à pied quinze jours avec suspension de salaire, etc. Il ajoutait que “cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement”. 

Quant à Vincent Crase, également employé de La République en Marche, il a lui aussi été sanctionné par une mise à pied de quinze jours, avant de voir sa collaboration suspendue.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour “violences par personne chargée d’une mission de service public” et “usurpation de fonctions.'' 
Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a saisi l’inspection générale de la police nationale pour “préciser quelles sont les règles pour l’accueil et l’encadrement de ces observateurs et, s’il en existe, de vérifier dans ce cas précis qu’elles ont été mises en œuvre”. “Ces deux personnes n’avaient aucune légitimité pour intervenir”, a-t-il précisé. N'était-il pas au courant avant que le Monde n'identifie Benalla sur la vidéo le 18 juillet dernier ?

Mais ces deux hommes sont-ils de simples fusibles ? Des électrons libres ? Beaucoup de députés sont montés au créneau, critiquant l’attitude de « toute puissance » du président jupitérien, dont même l'entourage se sent le droit de faire ce que bon lui semble...

M. Collomb sera auditionné dans les prochains jours au Sénat et la commission des lois de l’Assemblée nationale a décidé de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête, dans le but de pouvoir procéder à des auditions et faire la lumière sur « les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 » a annoncé la commission des lois.

Une injure aux forces de l'ordre ?

Dernier goup de gueule, celui du député M. Habib : " Mais quelle République peut tolérer qu’agissent en toute impunité au sommet de l’Etat des barbouzes, prompts à jouer les « Rambo » et dont on apprend aujourd'hui qu’ils sont logés aux frais du contribuable dans une dépendance de l’Elysée ? C’est une injure aux forces de police, c’est une insulte à l’Etat de droit digne d’une République bananière."

A suivre.

 

©Le Pandore et la Gendarmerie

 

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