Les gendarmes en colère face à l'affaire Benalla

ete-gendarme

Nos confrères du Parisien, reviennent sur le malaise dans la gendarmerie que provoque l'affaire Benalla. Une évolution qui entraine même la fin de l'examen de la réforme constitutionnelle reportée à la rentrée à cause de l'évolution de cette affaire.

Une L’intervention non officielle de deux civils réservistes de la gendarmerie dans une manifestation jette le trouble dans les rangs. Mardi, tous les commandants de région de gendarmerie seront en réunion par visioconférence avec leur patron, le général d’armée Richard Lizurey. L’occasion pour le directeur général de faire passer le message aux 125 000 gendarmes d’active et de réserve après la mise en cause de deux des leurs. Car cette affaire jette le trouble dans les rangs. Et notamment chez les officiers qui « refusent que l’institution aux huit siècles d’existence soit manipulée par le politique », selon l’un d’eux.

Les témoignages de colère et de déception que nous avons reçus sont nombreux. « Ces deux-là, ils nous font passer pour des Tontons Macoutes peste ainsi un colonel de gendarmerie mobile ulcéré. « Les gendarmes sont des militaires, des soldats de la loi. Quand j’étais jeune lieutenant, on m’a appris que dans les manifestations, il pouvait y avoir en face nos fils, nos filles et leurs amis. On apprend à gérer le maintien de l’ordre. Eux, ils se comportent comme des voyous », continue-t-il.
« Il va falloir réviser les critères de sélection de nos réservistes. La plupart viennent pour l’envie de servir le citoyen ce qui est notre cœur de métier. Mais certains d’où viennent-ils… Et dans quel but ? C’est quoi cette farce ? », grimace un autre officier supérieur patron de groupement à « deux doigts de rédiger une lettre ouverte ». Le général Lizurey a prévu, selon nos informations, de s’exprimer sur le recrutement très controversé d’Alexandre Benalla comme officier expert et sa promotion au grade de lieutenant-colonel à 26 ans.

«Il ne faudrait pas qu’on instrumentalise la gendarmerie»

Après les incendies de plusieurs casernes et agressions de gendarmes, à l’automne et durant l’hiver 2017, la gendarmerie a mis en place une mission de travail. Alexandre Benalla aurait été recruté au vu de ses « qualités » après avoir été le garde du corps d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale. Pourtant, rien dans son cursus n’indique qu’il est doté d’une compétence légitime dans ce domaine. Selon nos informations, il n’a d’ailleurs jamais été utilisé à ce titre par la gendarmerie.

Son titre de lieutenant-colonel très controversé aussi ne serait qu’un « grade temporaire » et « ne permet aucune prérogative de commandement », assure une source. « Il ne faudrait pas qu’on instrumentalise la gendarmerie comme outil politique. Nous, on sert la loi et le citoyen. Point barre », lance ce général qui ne cache pas « son malaise ».

Les deux réservistes Alexandre Benalla et Vincent Crase n’étaient « pas employés en mission par la gendarmerie », selon une note envoyée aux gendarmes réservistes sur le réseau interne dit Minotaur comme nous l’avons révélé. Ils sont suspendus d’activité en « attendant des conséquences disciplinaires ».

Source Le Parisien, lire l'article ici

Vous souhaitez en savoir plus sur ce thème, vous pouvez retrouver notre entretien exclusif avec Frédéric Le Louette, président de l'association professionnelle nationale militaire (APNM) Gendxxi, première association de gendarmes de France:
https://www.pandore-gendarmerie.org/opinion/lelouette-benalla

 

Partagez avec vos amis :
Plus d'articles “actus”

Autres articles “actus”

Le Pandore et la Gendarmerie - Copyright 2017 Mentions Légales