Une gendarme de 34 ans, officier de police judiciaire, est accusée d’avoir abusé de la faiblesse d’un riche retraité pour lui soutirer près d’un million d’euros alors qu’elle exerçait en Charente. Mise en examen en mai 2025, elle est aujourd’hui au cœur d’une affaire révélée par la presse locale et relayée par l’AFP. Les faits remonteraient à 2022, lorsqu’elle était affectée à la brigade de Hiersac. Elle y rencontre un homme âgé de 87 ans, ancien cadre de l’agro-industrie, récemment installé dans un village charentais.
Une relation de confiance s’installe entre eux : la gendarme lui rend régulièrement service, effectuant son ménage et ses courses. Selon l’enquête, cette proximité aurait ensuite été exploitée pour détourner des biens de valeur, notamment des pièces de louis d’or et des actions en bourse. Le préjudice est estimé à environ un million d’euros. Des collègues auraient commencé à s’interroger en la voyant arriver « en Porsche » à la brigade, un train de vie jugé incompatible avec son salaire.
La jeune femme aurait utilisé l’argent détourné pour offrir divers cadeaux à ses proches, allant de bijoux à des vêtements, en passant par des prêts. Promue officier de police judiciaire en février 2024, elle est interpellée en mai 2025, placée en détention provisoire quelques semaines puis remise en liberté sous contrôle judiciaire. Elle n’exerce désormais plus comme gendarme. La victime, âgée de 90 ans, est décédée en avril 2025.
Cinq proches rattrapés par l’enquête
Fin février 2026, l’enquête connaît un nouveau tournant avec l’interpellation de cinq membres de la famille de la suspecte : sa mère, deux anciens compagnons et deux sœurs. Les arrestations ont eu lieu entre la Normandie et la Charente. Ils sont soupçonnés d’avoir bénéficié directement des fonds détournés.
Le 26 février, ces proches ont été mis en examen pour « recel » et « blanchiment » et placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact entre eux. L’information judiciaire se poursuit, tandis que le parquet d’Angoulême reste silencieux sur ce dossier sensible, mêlant abus de confiance, enrichissement suspect et dérive individuelle au sein des forces de l’ordre.
