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Gendarme Andréa Lombard : cinq ans après, une mémoire toujours vivante

Deux photographies d’archive d’Andréa Lombard, souriante et en tenue de gendarmerie, accompagnées d’un hommage du Pandore pour les cinq ans de sa disparition.

Photographies d’archive : Portraits de Gendarmerie. Montage : Le Pandore et la Gendarmerie.

Le 13 octobre 2021, la gendarme Andréa Lombard mourait à Toulouse, à l’âge de 21 ans, après un accident vasculaire cérébral. Affectée à l’escadron de gendarmerie mobile 33/6 de Pamiers, elle avait aussi fait du rugby une part essentielle de sa vie. Cinq ans après sa disparition, son histoire se raconte à travers les équipes qu’elle a rejointes, les camarades qui lui ont rendu hommage et un défi cycliste devenu un geste de solidarité.

Un sourire sur une photographie, puis une autre image, en tenue de maintien de l’ordre : le montage conservé dans les archives du Pandore rappelle les deux visages d’Andréa Lombard. Celui d’une jeune femme et celui d’une militaire dont la carrière commençait. À Pamiers, elle venait d’arriver. Elle avait rejoint l’escadron en 2021.

De l’Ain aux terrains de rugby, puis à la gendarmerie

Originaire de Samognat, dans l’Ain, Andréa grandit avec le rugby. Elle découvre ce sport à l’école de rugby d’Oyonnax, puis joue à Nantua. Lors de sa disparition, le club d’Oyonnax rappelle ce parcours commencé dès l’enfance et poursuivi avant son engagement dans la gendarmerie nationale.

Son installation dans le Sud-Ouest ne l’éloigne pas du ballon ovale. Elle rejoint le club de Villefranche-de-Lauragais. Interrogé par Rugbyrama, son entraîneur Jérôme Clerc raconte son intégration rapide, alors qu’elle n’avait pas encore disputé de match avec sa nouvelle équipe. Elle appartient également à l’équipe féminine de rugby de la gendarmerie. Le sport et le métier se rejoignent ainsi dans son quotidien : elle joue avec des partenaires de club comme avec des camarades de l’institution.

Son parcours militaire passe par l’école de gendarmerie de Châteaulin, puis par l’escadron 32/7 de Chaumont, comme le rapporte La Voix du Gendarme dans son article du 15 octobre 2021. Elle rejoint ensuite Pamiers, dans le cadre d’un rapprochement familial.

À l’escadron 33/6 de Pamiers, Andréa est affectée au 3e peloton. Cette nouvelle étape de sa vie militaire sera brutalement interrompue. Victime d’un AVC, elle est hospitalisée à Purpan, à Toulouse. Elle décède le mercredi 13 octobre 2021.

Une disparition qui rassemble ses deux familles

La solidarité s’organise autour de ses proches, avec une cagnotte de soutien. Dans les hommages de l’époque, ses camarades évoquent son rire, son énergie, son attachement au sport et sa vocation. Le 16 octobre 2021, Le Pandore relaie l’annonce de sa disparition et les mots qui lui sont adressés. Une promesse traverse ce texte : continuer à parler d’elle.

Le lundi 18 octobre, ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Léger d’Oyonnax. Le compte rendu du Progrès décrit une foule nombreuse et la présence de nombreux gendarmes. Une haie d’honneur accompagne son entrée dans l’église. Famille, proches et camarades se retrouvent dans cette ville où avait commencé son parcours de joueuse.

Le souvenir d’Andréa rejoint aussi celui du rugby français. Le relevé de décisions du comité directeur de la Fédération française de rugby du 6 novembre 2021 mentionne son nom parmi les disparus auxquels une minute de silence est consacrée. Son engagement sportif laisse une trace au-delà de ses seuls clubs.

En 2023, 2 023 kilomètres pour Andréa

Deux ans plus tard, la garde républicaine Soralia Derbesse donne une forme très concrète à ce souvenir. Spécialiste des longues distances à vélo, elle imagine le défi « Réalise ». Le nom renvoie à la détermination de son amie, qui voulait mener ses rêves à leur terme. La distance choisie a elle aussi un sens : 2 023 kilomètres, en 2023, l’année où Andréa aurait eu 23 ans.

Le parcours annoncé relie l’école de gendarmerie de Châteaulin à Pamiers en dix étapes, du 2 au 11 octobre. Rennes, Caen, Paris, Châlons-en-Champagne, Metz, Chaumont, Nantua, Valence et Montpellier jalonnent cette traversée. Dans la présentation du projet publiée par Gendinfo, Soralia explique vouloir associer l’hommage à une aide aux orphelins de la gendarmerie.

Elle va au bout de son défi. Partie de Dinéault, en Bretagne, elle atteint Pamiers après dix jours de route. Des cyclistes des clubs sportifs et de loisirs de la gendarmerie, notamment à Rennes, Caen et Montpellier, ainsi que des militaires de l’escadron départemental de sécurité routière d’Ille-et-Vilaine, l’accompagnent sur plusieurs étapes. Elle fait ainsi la connaissance de collègues et d’amis d’Andréa, qui partagent leurs souvenirs.

Selon le bilan publié par Gendinfo, la collecte réunie à cette occasion atteint 1 272 euros, destinés au programme « Bleu pupilles ». L’hommage à une camarade devient ainsi un soutien à d’autres familles de gendarmes.

Se souvenir de sa vie

Le 13 octobre 2026 a marqué le cinquième anniversaire de sa disparition. Derrière cette date, il y a une trajectoire : une enfant de l’Ain devenue joueuse de rugby, une jeune gendarme arrivée à Pamiers, des partenaires de terrain et de service, puis une amie qui traverse la France pour elle.

Raconter Andréa Lombard aujourd’hui, c’est garder ensemble ces étapes de sa vie et ce qu’elles ont suscité après sa mort. Le Pandore s’associe à ce souvenir et adresse une pensée à sa famille, à ses proches, à ses partenaires de rugby et à ses camarades de la gendarmerie.


Sources : archives du Pandore (16 octobre 2021) ; La Dépêche du Midi (16 octobre 2021) ; Le Progrès (18 octobre 2021) ; Fédération française de rugby (6 novembre 2021) ; Gendinfo (défi « Réalise », 2023). Photographies d’archive d’Andréa Lombard : Portraits de Gendarmerie, crédit conservé dans l’article du Pandore de 2021.

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