Des pierres contre les gendarmes, puis la comparution immédiate. À Guebwiller, dans le Haut-Rhin, un homme de 21 ans qui s’était mêlé à la mobilisation lycéenne du mercredi 30 septembre a été jugé deux jours plus tard par le tribunal de Colmar. La sanction est tombée : quatre mois de prison ferme.
Il se mêle au rassemblement devant les lycées
Mercredi 30 septembre au matin, la mobilisation lycéenne se poursuit à Guebwiller. Entre 150 et 200 jeunes sont alors rassemblés devant le lycée Théodore-Deck. Les élèves protestent notamment contre le manque de moyens dans l’Éducation nationale, les classes surchargées et les conditions d’étude. La veille déjà, plus de 200 élèves s’étaient mobilisés dans la ville.
La matinée n’est pourtant pas seulement marquée par les revendications. Des fumigènes et des pétards sont lancés, tandis que plusieurs tentatives de feux de poubelles sont signalées. Des gendarmes du secteur de Guebwiller, renforcés par des militaires du PSIG, sont présents pour sécuriser les abords des établissements et intervenir lorsque la situation l’exige.
C’est dans ce contexte qu’un homme de 21 ans apparaît au milieu du rassemblement. Un point est important : il n’est pas lycéen. Selon les éléments rapportés par Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le jeune homme avait passé une partie de la nuit à boire de la vodka et s’était retrouvé, au matin, au contact du rassemblement.
Il prend un gendarme pour cible avec des pierres
Le ton monte alors d’un cran. Le jeune homme se met à lancer des cailloux en direction d’un gendarme. Le militaire choisit de ne pas répliquer. Dans la partie publiquement accessible du compte rendu d’audience, aucun élément ne permet d’affirmer que le gendarme a été blessé : nous ne l’écrivons donc pas.
Ce qui est établi, en revanche, c’est la rapidité de la réponse judiciaire. Après son interpellation et les suites de la procédure, l’homme de 21 ans est présenté devant le tribunal correctionnel de Colmar selon la procédure de comparution immédiate.
Deux jours plus tard, quatre mois de prison ferme
Vendredi 2 octobre, le tribunal se penche sur les faits. Le prévenu est condamné à quatre mois de prison ferme. La décision intervient seulement deux jours après les jets de pierres.
Nous ne tirons pas de conclusion au-delà de ce qui est publiquement documenté : les éléments actuellement accessibles ne permettent pas d’affirmer l’existence d’un mandat de dépôt, d’une incarcération immédiate, de peines complémentaires particulières ou d’un éventuel appel. La condamnation de première instance, elle, est bien rapportée.
Le dossier rappelle aussi une distinction essentielle dans les violences qui accompagnent certaines mobilisations : les auteurs d’actes dirigés contre les forces de l’ordre ne sont pas nécessairement les élèves qui manifestent. À Guebwiller, le prévenu condamné avait 21 ans et n’était plus scolarisé au lycée. Faire cette différence permet de raconter les faits sans faire porter à l’ensemble des jeunes mobilisés la responsabilité du comportement d’un individu.
Des forces de l’ordre régulièrement prises pour cible
Depuis plusieurs jours, les mouvements autour des établissements scolaires ont été accompagnés, dans plusieurs villes, d’incendies de poubelles, de tirs de mortiers, de jets de projectiles et d’affrontements avec les forces de sécurité. Le Pandore et la Gendarmerie revenait déjà sur cette journée de tensions, au cours de laquelle policiers et gendarmes ont été mobilisés sur de nombreux points du territoire.
À Guebwiller, les gendarmes avaient été engagés dès le début de la mobilisation pour permettre l’accès aux établissements, prévenir les dégradations et répondre aux incidents. Le mercredi, la majorité du rassemblement est restée centrée sur les revendications lycéennes. Mais les jets de projectiles dirigés contre les militaires constituent une autre ligne : celle d’une infraction pénale qui relève ensuite de la justice.
Une réponse judiciaire rapide
La comparution immédiate est précisément l’un des outils permettant de juger rapidement certains délits lorsque les éléments du dossier sont réunis et que le parquet estime la procédure adaptée. Elle ne dispense ni le tribunal d’examiner les faits ni le prévenu de ses droits à la défense. Dans cette affaire, le tribunal correctionnel de Colmar a tranché et prononcé quatre mois d’emprisonnement ferme.
Pour les gendarmes pris pour cible, cette décision constitue surtout la suite judiciaire concrète d’un épisode de terrain : quelques secondes de jets de pierres, une interpellation, puis une audience deux jours plus tard.
Source : Les Dernières Nouvelles d’Alsace, compte rendu de l’audience de comparution immédiate du 2 octobre 2026.
