Aux Rives, sur le Larzac héraultais, une prairie peut se transformer en lac puis retrouver son aspect habituel. Ce phénomène donne aux chercheurs un accès précieux aux échanges entre l’eau de surface et le sous-sol.
La mairie situe le lac entièrement sur sa commune, à proximité de la route de Combefère. Sa page consacrée au site conserve la mémoire de plusieurs apparitions, notamment en 1953, 1963 et 1996. Pour cette dernière, elle rapporte une mise en eau qui a duré une année et l’afflux de curieux sur la petite route.
Quand le calcaire ne peut plus absorber
Dans un dossier publié le 20 avril 2026 par l’Observatoire OREME, l’hydrogéologue Hervé Jourde explique le rôle des calcaires et des dolomies du plateau. L’eau pénètre normalement leurs fissures. Après des pluies abondantes, le sol et la partie superficielle du karst peuvent être saturés ; l’argile et le sable ralentissent aussi l’infiltration. La cuvette retient alors l’eau.
Le remplissage ne se résume pas à la pluie tombée directement sur le lac. L’eau ayant circulé dans le sous-sol participe aussi aux échanges. Lorsque les apports diminuent, le lac se vide progressivement vers les profondeurs.
Des instruments pour suivre l’eau invisible
Température, pH et conductivité permettent de suivre les échanges d’eau. En complément, Géosciences Montpellier réalise un suivi géophysique dans le cadre du SNO H+. Des gravimètres détectent les infimes variations de l’attraction locale liées à la masse d’eau stockée en surface et dans la roche.
Ce travail s’inscrit dans une observation qui dépasse une seule mise en eau. Le Service national d’observation du karst, labellisé par l’INSU-CNRS, s’appuie sur neuf observatoires et des équipes de recherche. Il rassemble des mesures dans la durée et développe des outils scientifiques libres. L’enjeu est de comprendre des réserves et des circulations que le regard ne peut pas suivre directement.
Un patrimoine naturel sur une propriété privée
La présentation municipale rappelle que le lac se trouve sur une propriété privée. L’intérêt scientifique et la curiosité qu’il suscite ne constituent donc pas une invitation à entrer sur le terrain. Les photographies anciennes publiées par la commune racontent un épisode du paysage, sans renseigner son état aujourd’hui.
Le lieu appartient aussi à l’histoire du cinéma : la mairie indique qu’une partie de RRRrrrr!!!, le film d’Alain Chabat, a été tournée aux Rives et au lac. Un décor épisodique devenu ainsi un repère culturel du village, autant qu’un terrain d’observation du Larzac.
Illustration générée par IA / Pandore info Hérault. Paysage imaginaire, sans vue actuelle du lac.
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