Le 8 octobre 2026 marque le vingtième anniversaire de la mort en service du major Éric Lamy et du gendarme adjoint volontaire Maxime Voy. Les deux militaires de l’escadron départemental de sécurité routière de la Vendée sont décédés lors d’une mission de sécurité routière, après la fuite d’un automobiliste qui refusait le contrôle.
Une mission de sécurité routière dans la nuit du 8 octobre
Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 octobre 2006, à 3 heures du matin, Éric Lamy et Maxime Voy participaient avec plusieurs autres militaires du département à un dispositif axé sur la lutte contre l’insécurité routière. Selon l’allocution officielle prononcée lors de leurs obsèques, leur service s’est déroulé normalement jusque vers 5 heures.
Vers 5 heures, un conducteur a refusé de s’arrêter. Il a éteint ses feux, fait demi-tour et pris la fuite. Les deux gendarmes sont partis à sa poursuite. Leur véhicule a quitté la chaussée avant de heurter un arbre. Éric Lamy et Maxime Voy sont morts dans l’accident. Le conducteur a été interpellé peu après ; le ministère de l’Intérieur indiquait alors qu’il conduisait sous l’empire de l’alcool.
Éric Lamy, de la gendarmerie mobile aux unités motorisées
Né le 2 octobre 1971 à Boulogne-Billancourt, Éric Lamy avait 35 ans. Marié et père de deux enfants, il avait commencé son parcours militaire par son service national au centre d’instruction de Tulle en 1991. Après une affectation au centre opérationnel de gendarmerie d’Eure-et-Loir, il avait intégré l’école de sous-officiers de Chaumont en mars 1993.
Il avait ensuite servi pendant neuf ans en gendarmerie mobile, à Mamers puis à Nantes. Ce parcours l’avait conduit en Corse, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion. Admis dans le corps des sous-officiers de carrière en janvier 1996, il avait suivi au printemps 1999 une formation de motocycliste à Fontainebleau.
Après trois années à la brigade motorisée de Nantes, Éric Lamy avait rejoint en mars 2002 l’escadron départemental de sécurité routière de la Vendée. Il servait au peloton d’autoroute de Boufféré, dont la partie principale avait été transférée aux Essarts. Le discours officiel souligne son rôle de tuteur auprès des plus jeunes militaires. Il avait reçu la médaille d’or de la Défense nationale le 1er janvier 2006.
Maxime Voy, une vocation déjà affirmée
Maxime Voy était né le 24 mai 1987 à Chambéry. Âgé de 19 ans, il avait grandi dans une famille liée à la gendarmerie : son père y servait comme sous-officier, puis comme officier, et sa sœur avait elle aussi choisi cette institution.
Titulaire d’un baccalauréat scientifique, il avait rejoint en octobre 2005 l’école des gendarmes adjoints volontaires de Tulle. À l’issue de sa formation, il avait été affecté le 26 janvier 2006 au peloton d’autoroute des Essarts. Il avait réussi le concours de sous-officier et devait rejoindre l’école de Montluçon le 5 décembre suivant.
Un hommage officiel le 11 octobre 2006
Les obsèques d’Éric Lamy et de Maxime Voy ont été célébrées le 11 octobre 2006 aux Essarts, en présence de leurs familles, de leurs proches et de leurs camarades. À titre posthume, les deux militaires ont été décorés de la médaille militaire et de la médaille de la gendarmerie nationale avec citation. Le décret du 14 décembre 2006 portant concession de la médaille militaire, publié au Journal officiel le 15 décembre, fixe l’effet de cette attribution au 10 octobre 2006.
Le texte conservé dans les archives du ministère de l’Intérieur demeure la source publique la plus complète sur leur parcours et sur la chronologie de cette nuit. Il rappelle deux trajectoires très différentes, réunies par une même mission et brutalement interrompues.
La mémoire des militaires disparus
Vingt ans plus tard, leurs noms restent associés aux risques supportés par les gendarmes chargés de la sécurité des routes. Éric Lamy avait construit une carrière de motocycliste expérimenté ; Maxime Voy s’apprêtait à devenir sous-officier. Leur souvenir s’inscrit dans celui de tous les militaires morts en service, auquel Le Pandore consacre régulièrement des articles, comme l’hommage rendu au gendarme Gaëtan Binet.
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