À Lyon, la marche organisée ce samedi à 15H en hommage à Quentin Deranque se déroulera dans un climat de très forte tension et sous un dispositif de sécurité exceptionnel. Craignant des affrontements entre groupes d’ultradroite et d’ultragauche, les autorités ont déployé un encadrement policier « de haut niveau » qui mobilisera les forces de l’ordre tout au long du week-end.
La préfecture du Rhône annonce l’engagement massif de la direction interdépartementale de la police nationale, renforcée par plusieurs compagnies de CRS, dont la CRS 83, des escadrons de gendarmerie mobile ainsi que des policiers venus de différents départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes. À ces effectifs s’ajoutent la police municipale, la sûreté ferroviaire pour la protection des gares et des patrouilles spécifiques dans les transports en commun. L’objectif est clair : empêcher tout débordement, sécuriser les personnes et les biens
Le cortège, long d’environ 1 400 mètres, partira de la place Jean-Jaurès dans le 7e arrondissement, pour rejoindre la rue Victor-Lagrange, lieu de l’agression mortelle. Entre 2 000 et 3 000 participants sont attendus, mais les autorités redoutent un afflux plus important, notamment de militants venus d’autres régions ou de l’étranger. En parallèle, deux arrêtés préfectoraux interdisent toute manifestation dans plusieurs secteurs jugés sensibles, notamment les pentes de la Croix-Rousse, et autorisent l’usage de drones pour la captation d’images afin de surveiller les déplacements des groupes à risque.
Forces de l’ordre en alerte maximale face aux risques d’affrontements
Le maintien de l’ordre s’annonce complexe. Les services de police redoutent la présence de militants très mobiles, habitués aux confrontations, ce qui impose une stratégie de séparation stricte des groupes antagonistes et une capacité d’intervention rapide. Les autorités prévoient ainsi de canaliser les flux, d’éviter les regroupements et, si nécessaire, de bloquer certains axes ou ponts pour empêcher toute rencontre violente.
Les organisateurs de la marche, conformément aux souhaits de la famille de la victime, se sont engagés à respecter des consignes strictes : caractère pacifique, absence de slogans politiques et respect total du parcours imposé. Les formations politiques locales ont, de leur côté, annoncé qu’elles ne participeraient pas à l’événement.
Dans ce contexte, la marche apparaît autant comme un hommage que comme un test pour les forces de l’ordre. La présence ce celles-ci, massive, visible et coordonnée, constitue l’élément central de la stratégie préfectorale pour prévenir un week-end de violences et maintenir l’ordre public dans une ville placée sous haute surveillance.
