Le ministère de la Justice a dressé, lundi 5 octobre, un premier bilan national de la réponse judiciaire aux violences commises en marge du mouvement de protestation lycéen. Depuis le début des événements, 5 060 personnes ont été placées en garde à vue : 4 406 mineurs et 654 majeurs.
À la date de ce bilan, 1 802 personnes faisaient l’objet de poursuites. Ce total comprend 1 483 mineurs, soit environ un mineur placé en garde à vue sur trois, et 319 majeurs, soit près d’un majeur sur deux.
Quatorze placements en détention provisoire
La détention provisoire a été ordonnée pour 14 personnes : dix majeurs et quatre mineurs. Cette mesure consiste à incarcérer une personne poursuivie dans l’attente de son jugement ou pendant la procédure ; elle ne constitue pas la peine prononcée à l’issue d’un procès.
Le communiqué ne détaille ni les qualifications pénales retenues contre les personnes poursuivies, ni la répartition géographique des procédures. Il évoque des violences contre les forces de l’ordre et les personnels de l’Éducation nationale ainsi que des dégradations d’établissements scolaires et de mobilier urbain dans plusieurs villes françaises.
Plus de 1 300 alternatives aux poursuites
Les parquets ont également mis en œuvre 1 376 mesures alternatives aux poursuites, dont 1 258 pour des mineurs et 118 pour des majeurs. Le ministère cite notamment les avertissements pénaux probatoires, les mesures de réparation pénale, les interdictions de paraître, les travaux non rémunérés et les classements sous condition.
Ces mesures permettent au parquet d’apporter une réponse à une infraction sans saisir immédiatement une juridiction de jugement. Elles se distinguent donc des poursuites engagées contre les 1 802 personnes comptabilisées dans le bilan.
Enfin, 790 procédures ont été classées sans suite. Le ministère indique un taux de classement de 16 % pour les mineurs et de 13 % pour les majeurs, sans fournir leur répartition en nombres absolus.
Des consignes adressées aux procureurs généraux
Gérald Darmanin, garde des Sceaux, avait réuni les 36 procureurs généraux au début du mouvement. Selon le ministère, il leur a demandé de requérir avec fermeté, de privilégier les procédures de jugement rapide lorsqu’elles sont possibles et d’engager, autant que possible, la responsabilité civile des parents de mineurs interpellés.
Le ministre devait de nouveau réunir les procureurs généraux en visioconférence le mardi 6 octobre à 9 heures afin d’échanger sur la situation et les suites pénales.
Source : Ministère de la Justice — https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/bilan-judiciaire-violences-urbaines-marge-du-mouvement-lyceen ; Ministère de la Justice, communiqué PDF « Bilan judiciaire des violences urbaines en marge du mouvement lycéen » — https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2026-10/CP%20-%20Bilan%20judiciaire%20des%20violences%20urbaines%20en%20marge%20du%20mouvement%20lyce%CC%81en%20-%2005.10.2026.pdf
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