L'affaire Benalla et les gendarmes. Le Pandore et la Gendarmerie livre son opinion

 

Personne à ce jour, n'a pu éviter le sujet dans les médias traditionnels, à moins de vivre seul sur une ile déserte. L'affaire Benalla (ou le Benallagate comme certains l’appellent) a alimenté toutes les chaînes de télévision ou de journaux. Pourtant, c'est un sujet qui ne devrait pas toucher la Gendarmerie dans les proportions qu'on voudrait lui voir prendre. Eclairage et précisions sur une affaire restant banale et marginale.

 

Il nous semble essentiel aujourd'hui, de monter au créneau avec verve et de faire passer un message clair sur le sujet. L'affaire du "Benallagate" n'est pas une affaire concernant la Gendarmerie Nationale ni son directeur.  Voilà qui est dit !

Mais quels sont alors nos arguments pour plaider une telle affirmation. Tout simplement que de tout temps, la Gendarmerie a réalisé ce type d'opération, souvent il est vrai à la demande de politiques qui pour diverses raisons en ont exprimé le besoin. S'il reste à déterminer en effet quels sont ces besoins, il est urgent de rappeler que la Gendarmerie est soumise aux décisions politiques et n'a pas de marges de manœuvres personnelles dans ces décisions. Elle se doit de suivre les ordres reçus. Elle peut toutefois dégager des "recommandations" qu'il appartient après aux politiques d'apprécier - ce qu'ils ignorent la plupart du temps -.

 

Le général Richard Lizurey, directeur de la Gendarmerie nationale ne s'en est pas privé

 

Lors de l'audition du directeur de la gendarmerie, le général Richard Lizurey a pu s'exprimer à ce sujet. La recommandation était négative pour faire monter en grade Alexandre Benalla. Si celui-ci est donc passé du grade de brigadier, à celui de Lieutenant-Colonel, c'est donc bien sous une impulsion politique et non sur la volonté de la DGGN (direction générale de la Gendarmerie Nationale). Que reste-t-il alors à la Gendarmerie dans sa décision. Pas grand-chose, sinon le fait de ne pas "exploiter" la personne en question. Ne pas l'appeler à faire des missions directes pour la Gendarmerie. Il a certes reçu le grade, mais n'a jamais été utilisé par la Gendarmerie pour quelques missions que ce soit, en l'état de nos connaissances actuelles. L'obtention du grade n'a pas conduit la Gendarmerie à exploiter Alexandre Benalla. La baudruche se dégonfle donc d'elle-même à ce sujet. Reste uniquement à nous assurer qu'Alexandre Benalla n'aura reçu ni traitement de salaire, ni d'avantages déguisés et la boucle sera bouclée.

 

La colère des gendarmes 

 

Si les gendarmes ont été en colère, c'est parce qu'ils ont été indirectement liés à cette affaire. Mais la gendarmerie n'avait pas d'informations préalables pour éviter les éclaboussures, car l'affaire était alors "policière". Elle s'était d'ailleurs déroulée dans une zone police. La gendarmerie a toutefois réagi dès qu'elle a appris qu'un réserviste opérationnel faisait l'objet d'une enquête, puis, avertie toujours par les médias qu'un second réserviste (Vincent Crase), étaient concerné de la même manière dans cette même enquête, elle a alors attendu d'en savoir plus afin de réagir au mieux avec les éléments qu'elle avait en sa possession. Si on a pu s'étonner du manque de réaction immédiat, c'est uniquement parce qu'il fallait aller à la pêche aux infos et ne pas réagir excessivement. Toutefois, cette affaire est complètement hors sujet !

En effet, deux personnalités aussi clivantes ne sauraient remplacer toutes les personnes qui au sein de la Gendarmerie font un travail admirable ! De même, les réservistes sont essentiels à la Gendarmerie du quotidien. L'association professionnelle militaire GendXXi que nous avons pu rencontrer en témoigne dans un de nos articles, sans les réservistes, la gendarmerie ne pourrait pas effectuer l'ensemble de ses missions. Ils sont un maillon fort de celle-ci et non pas le maillon faible comme aimeraient le faire croire les détracteurs politiques d'Emmanuel macron. Ils font là, un amalgame malheureux. Nombre de gendarmes ont réagi dans cette affaire au sujet de la montée en grade d'Alexandre Benalla qui s'explique par l'appui politique qu'il a reçu, notamment du président de la République, et non par une volonté de la direction de la Gendarmerie. Chacun des soldats avec qui nous avons pu parler nous le confirme, la colère, c'est bien de voir quelqu'un monter de neuf grades d'un coup sans motif apparent. De salir leurs engagements par cette décision incroyable. Certains d'ailleurs sont portés à demander que l'institution "mette un coup de propre" dans ses cahiers, selon les mots de l'un d'entre eux, au sujet des politiques qui se gargarisent d'un statut non mérité.

 

Le mis en cause portait brassard de la Police

 

L'ensemble des infractions qui ont été mises en évidence, ont été commises, rappelons-le, lors de manifestations se déroulant à Paris.  Alexandre Benalla, le principal mis en cause, était alors vêtu et équipé d’un casque et d’un brassard « police ». Si la majeure partie des faits, se sont produits dans la confusion la plus totale (de nombreuses vidéos circulent sur internet) et cela lors d'une opération de maintien de l’ordre, tandis qu'il était entouré de nombreux policiers, il faut alors s'interroger sur cette affaire sur la présence effective de nombreux policiers. Car alors, connaissaient-t-ils le statut d'Alexandre Benalla d'observateur ? Nous en doutons. Cette information n'a en effet, que peu de chance d'aller dans les rangs directement et n'était sûrement connue que de quelques-uns. C'est à présent aux enquêteurs qu'il appartient de fournir la réponse, mais elle ne concerne en tout état de cause, nullement la Gendarmerie !

 

Les gendarmes et les policiers font un travail remarquable

 

Nous espérons vivement au journal "Le Pandore et la Gendarmerie", que la population saura faire la différence  entre deux personnages à la médiocrité certaine et saura rendre aux gendarmes et aux policiers "de métier", les remerciements qui leur sont dûs. Qu'ils sauront faire la part des choses. Les gendarmes tout comme les policiers, font jour après jour, preuve d'un comportement et d'un professionnalisme à toute épreuve. Les médias, plutôt portés vers le sensationnel ne font jamais éloges de ce travail de fond qui est mené journalièrement. Si le journal "Le Monde" a eu raison de sortir cette affaire ne serait-ce que pour les motifs que nous évoquons ( obtention de grades non mérités, passe-droits, mauvais comportements), nous restons sur notre faim pour rappeler que dans ses colonnes, nous n'avons pas vu de véritable prises de positions pour défendre la probité de nos forces de l'ordre et que seuls deux personnages qui relèvent plus de la médiocrité que de la méritocratie, ont jeté un voile terne sur les missions régaliennes de la Gendarmerie et de la Police et des femmes et des hommes qui composent ses rangs. Il faut remettre les choses dans leur contexte. Les Gendarmes et les Policiers sont les vrais héros du quotidien. Il appartient à chaque citoyen de savoir dans quelle société il souhaite évoluer, mais de conserver à l'esprit que le Gendarme, le Policier, seront toujours là pour respecter son vote et défendre avec vigueur la République et les Français. Il est urgent de ne pas porter la confusion entre les vrais gendarmes de carrière, formés et dévoués, et les "barbouzes" que les politiques leur imposent. Le gendarme est aux ordres des politiques et surtout des français, non l'inverse. Nous ne sommes pas dans une dictature militaire. La responsabilité des politiques dans cette affaire est la leur. A eux de faire le ménage devant leur porte.

Notre magazine est un journal de défense et d'information sur les métiers et actions des gendarmes au quotidien. N'ayant que trop peu vu les médias rappeler cette vérité, à savoir que les gendarmes (et les réservistes qui les accompagnent), sont essentiels à la sécurité des français, nous tenions à rappeler qu'on ne peut laisser éternellement les grands médias ne pas rappeler cet état de fait ! Sans les gendarmes, les réservistes et leurs camarades policiers, pas de sécurité publique. Ne mélangez plus ceux qui sont engagés dans cette voie de mérite et de respect, avec des individus qui, si ils en portent les attributs visuels, casques et brassards de "police" par compromission et sûrement dans le but de jeter le trouble sur leurs véritables status et intentions, n'en sont pas pour autant porteurs de leurs vertus. Il est bon de le rappeler.

 

 

Article rédigé le 29/07/2018 - 13 : 20 : 00

Auteur : Jérémy Armante

Directeur du Pandore et la Gendarmerie.

©Le Pandore et la Gendarmerie

© Photos : Le Pandore et la Gendarmerie.

 

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