Invité de la matinale de BFMTV ce dimanche 18 octobre, Reda Belhaj, porte-parole du syndicat de police UN1TÉ Île-de-France, a employé des mots d’une rare gravité pour décrire l’engagement des forces de l’ordre lors des manifestations de la veille. Une défense des personnels qui s’accompagne d’une critique sévère de leur hiérarchie et de la préparation du dispositif.
Sur le plateau, où interviennent plusieurs invités, dont un représentant de la CGT, le syndicaliste affirme : « Si les policiers et les gendarmes n’avaient pas été là le jour des manifestations, Paris serait tombé. » Il laisse un blanc, puis ajoute : « Et je pèse mes mots. »
La formule place les policiers et les gendarmes au centre de son analyse de la journée du 17 octobre. À ses yeux, leur présence a empêché un basculement de la situation dans la capitale. Son intervention pose dès lors deux questions liées : ce que les personnels ont réussi à contenir, et les conditions dans lesquelles ils ont dû agir.
Un sentiment d’abandon exprimé à l’antenne
Dans le premier extrait diffusé par BFMTV, Reda Belhaj résume son appréciation de la journée : « Pour nous, c’était le chaos, c’était une catastrophe. » Il met en cause la logistique, la prise en compte des personnels et la coordination entre directions. Il précise que son constat repose sur les remontées du terrain.
La journaliste lui demande alors si les policiers se sont sentis abandonnés par leur hiérarchie. Il répond par l’affirmative et élargit sa critique à une partie de la classe politique. L’échange porte aussi sur le profil des auteurs des violences : lorsque la présentatrice rappelle que les événements dépassent le seul mouvement lycéen, le syndicaliste évoque différents groupes et refuse une lecture limitée à l’ultragauche.
Il affirme également que des retours d’expérience transmis après les finales du Paris Saint-Germain n’ont pas été suffisamment entendus. Il oppose ainsi la connaissance des policiers engagés dans les rues aux décisions prises à distance du terrain. Pour le représentant d’UN1TÉ, les difficultés rencontrées le 17 octobre prolongent des alertes déjà formulées.
Des alertes et des choix de déploiement contestés
Dans la seconde séquence publiée par la chaîne, Reda Belhaj explique qu’UN1TÉ avait alerté avant le 17 octobre. Il invoque les informations et les observations des policiers au contact du terrain. Sa mise en cause devient directement politique : « Des membres du gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités. »
La journaliste l’interroge ensuite sur l’intervention tardive de la CRS 8. Il déplace la discussion vers les compagnies de marche et la formation des personnels mobilisés. Affecté en brigade anticriminalité, il distingue son propre entraînement aux violences urbaines du métier du maintien de l’ordre. Il rapporte aussi des messages de collègues confrontés à des barricades et à des foules hostiles.
Au cœur de son propos se trouve une difficulté concrète : mobiliser des effectifs ne suffit pas si leur formation, leur équipement et les consignes reçues ne correspondent pas aux situations rencontrées. La distinction qu’il établit entre violences urbaines et maintien de l’ordre éclaire sa critique des choix de déploiement.
Les policiers et les gendarmes au centre du débat
Le premier bilan publié par Le Pandore revient sur la chronologie des violences et la mobilisation des forces de sécurité et des secours. L’intervention de Reda Belhaj ouvre un autre volet : celui de la préparation et de l’écoute des personnels.
En associant expressément les policiers et les gendarmes dans sa déclaration, le syndicaliste souligne le rôle des forces de l’ordre dans leur ensemble. La dureté de son appréciation sur la conduite des opérations s’accompagne d’un hommage à ceux qui les ont exécutées. Il estime que leur engagement a été décisif, tout en contestant les conditions dans lesquelles ils ont été envoyés au contact.
Reste la question des responsabilités, que son intervention porte sur la place publique. L’anticipation des violences, la coordination des unités et l’écoute des remontées du terrain seront au cœur du retour d’expérience. Derrière la phrase sur Paris, c’est aussi cette demande d’explications qu’exprime Reda Belhaj.
Source : BFMTV, matinale du 18 octobre 2026. Citation relevée à l’antenne par Jérémy, pour Le Pandore et la Gendarmerie ; échanges avec les présentateurs documentés par les deux extraits vidéo de BFMTV liés dans cet article. Crédit photographique : capture BFMTV.
