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Soldes militaires : l’APNAIR dénonce des débuts de carrière rattrapés par le Smic

Couverture éditoriale sur le PLF 2027 montrant des militaires français et une flèche ascendante brisée par l’inflation.

Illustration éditoriale Le Pandore — PLF 2027 : l’inflation casse l’élan des revalorisations dans les armées. Visuel généré par IA, ne représentant pas une scène réelle.

Apprendre un métier technique, prendre des responsabilités, réussir un examen et rester rattrapé par le Smic : c’est le parcours décrit par le major Philippe, de l’Association professionnelle nationale des militaires de l’Air (APNAIR), devant les députés le 15 octobre 2026. Lors de l’audition des associations professionnelles nationales de militaires sur le budget 2027, il a dénoncé l’écrasement des débuts de carrière et ses conséquences sur la fidélisation.

Le député José Gonzalez, du Rassemblement national, venait de demander aux représentants quels facteurs poussent les militaires à quitter l’institution et quelles mesures amélioreraient leur quotidien. La réponse du major Philippe a porté sur la reconnaissance des qualifications dans la rémunération, avec un exemple de progression sur environ sept ans.

Dans cet exemple, un jeune sergent acquiert des compétences supplémentaires, apprend à encadrer, puis réussit l’examen permettant d’accéder au grade de sergent-chef. Pourtant, explique le représentant, l’avancement peut rester absorbé par le mécanisme qui ramène la rémunération indiciaire au niveau du Smic. Il interpelle alors les députés : « Vous voulez des raisons de départ ? »

Une indemnité pour atteindre le minimum, pas pour reconnaître l’avancement

Le mécanisme dénoncé est celui de l’indemnité différentielle. Lorsque le montant indiciaire est inférieur au minimum de référence, une somme vient combler l’écart. Mais relever un indice ne produit pas nécessairement un gain équivalent dans la rémunération ainsi complétée : une partie de la hausse peut être absorbée par la diminution de cette indemnité.

Le décret du 2 août 1991 prévoit bien cette indemnité pour les militaires à solde mensuelle. Pour les rémunérations calculées par référence à un indice, son article 2 compare le traitement indiciaire brut au Smic brut mensuel, en tenant compte des éventuels avantages en nature. Cette comparaison ne décrit donc pas à elle seule le total versé, primes et indemnités comprises.

Le major Philippe ne réclame pas la disparition de cette protection. Il critique le recours durable à un rattrapage qui laisse, selon lui, trop peu d’écart entre les premiers grades. Il rapporte que les revalorisations du Smic ont rapidement réduit la cohérence recherchée dans les grilles, et demande que l’ensemble des parcours soit réexaminé plutôt que de corriger seulement le bas de l’échelle.

Contrôle aérien, cyberdéfense, Rafale : des compétences à conserver

Pour montrer l’enjeu opérationnel, le représentant cite de jeunes sous-officiers employés dans le contrôle aérien, la cyberdéfense ou la maintenance du Rafale. Ce ne sont pas seulement des effectifs à remplacer : ce sont des techniciens formés, dont les unités ont besoin pour utiliser les matériels dans lesquels le pays investit.

Revoir les grilles plutôt qu’ajouter des rattrapages

Le major Philippe a invoqué la recommandation du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire d’examiner régulièrement la cohérence des grilles indiciaires. Il demande une reprise d’ensemble, au-delà des seuls premiers échelons, pour restaurer les écarts correspondant aux grades et aux responsabilités. C’est une demande de l’association portée devant la commission, pas une revalorisation annoncée ou votée le 15 octobre.

Le projet de budget propose 63,4 milliards d’euros pour la mission Défense, hors pensions. L’APNAIR ne conteste pas le besoin de disposer de matériels modernes. Son raisonnement est que ces investissements nécessitent aussi de garder ceux qui savent les employer. Elle ramène donc le débat budgétaire aux parcours professionnels, là où un montant global ne permet pas de mesurer le gain réel d’un militaire.

L’alerte prolonge les critiques sur le rattrapage des revalorisations par l’inflation déjà rapportées par Le Pandore. Le point soulevé cette fois est précis : éviter qu’un changement de grade et plusieurs années d’effort restent absorbés par le minimum de rémunération. C’est sur cette progression, et pas seulement sur le niveau d’entrée, que l’APNAIR demande une réponse.

Sources : audition officielle des APNM du 15 octobre 2026, question de José Gonzalez puis réponse du major Philippe, autour de 26 à 34 minutes ; décret n° 91-769 du 2 août 1991, articles 1 et 2 ; présentation ministérielle du PLF 2027.

Infographie : Le Pandore — répartition des crédits proposés pour la mission Défense dans le PLF 2027. Elle présente le budget global, pas une hausse individuelle de solde.

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