Des tirs de mortier d’artifice face aux gendarmes, des interpellations puis la juge des enfants. Dans le Tarn-et-Garonne, la mobilisation autour de plusieurs lycées a basculé sur le terrain judiciaire. Trois adolescents de 15 à 17 ans ont été déférés vendredi 2 octobre au palais de justice de Montauban. Deux sont soupçonnés d’avoir utilisé un mortier d’artifice face aux militaires.
Des incidents en marge des blocages lycéens
Les faits s’inscrivent dans le mouvement de blocage des lycées qui touche plusieurs villes du Tarn-et-Garonne. Jeudi 1er octobre, des incidents sont signalés à Montech, Beaumont-de-Lomagne et Castelsarrasin. Plusieurs adolescents sont interpellés dans des dossiers distincts.
À Montech et à Beaumont-de-Lomagne, deux lycéens sont soupçonnés d’avoir sorti un mortier d’artifice face aux gendarmes. Selon La Dépêche du Midi, le tir de Montech n’a touché personne. À Beaumont-de-Lomagne, le projectile a atteint un gendarme sans le blesser.
Un troisième adolescent, interpellé à Castelsarrasin, est quant à lui mis en cause dans une autre affaire, pour un vol aggravé et des violences commis dans un magasin. Les trois mineurs ont passé la nuit en garde à vue avant d’être présentés à la juge des enfants à Montauban.
Le parquet demande plusieurs mesures
Vendredi 2 octobre, le parquet de Montauban requiert notamment une interdiction de manifester, une interdiction de détenir une arme et une obligation de suivre un enseignement. Une mesure judiciaire d’investigation éducative est également demandée jusqu’à une audience prévue le 28 janvier 2027.
La procureure de la République de Montauban, Karline Bouisset, a détaillé ces réquisitions à nos confrères. À ce stade, il ne s’agit pas de condamnations définitives. Les adolescents concernés restent présumés innocents des faits qui leur sont reprochés tant qu’une décision n’a pas définitivement établi leur culpabilité.
Deux situations judiciaires différentes
Pour le lycéen de Montech, âgé de 15 ans, la juge des enfants a suivi les réquisitions du parquet sur un point essentiel : il a été placé sous contrôle judiciaire. Il avait été gardé à vue à la brigade de gendarmerie de Montech après le tir de mortier présumé.
À Beaumont-de-Lomagne, le jeune de 17 ans n’a pas été placé sous contrôle judiciaire. Il est en revanche convoqué à une audience de culpabilité. Là encore, la nuance est importante : cette convocation constitue une étape de procédure et non une condamnation prononcée à ce stade.
La décision concernant le troisième adolescent déféré, celui de Castelsarrasin, n’était pas connue lors de la publication des informations disponibles. Son dossier n’est pas lié aux tirs sur les gendarmes mais aux faits commis dans le commerce.
D’autres gardes à vue étaient encore en cours
Au moment où ces trois jeunes étaient présentés à la juge des enfants, quatre autres adolescents se trouvaient encore en garde à vue dans le département pour des faits de violences ou d’incendie autour des mobilisations lycéennes. Les procédures n’avaient donc pas toutes connu leur issue judiciaire.
Ce dossier intervient dans un contexte plus large de tensions autour de plusieurs établissements scolaires. Le Pandore et la Gendarmerie revenait déjà sur les violences et interventions ayant mobilisé policiers et gendarmes lors des journées précédentes.
Une réponse judiciaire rapide, mais des procédures encore ouvertes
Dans le Tarn-et-Garonne, les interpellations du jeudi ont donc conduit, dès le lendemain, à une présentation devant la justice des mineurs. Pour l’un des adolescents soupçonnés d’avoir visé les gendarmes avec un mortier, un contrôle judiciaire a été ordonné. Pour l’autre, la suite doit passer par une audience de culpabilité.
Les suites devront désormais être suivies séparément, notamment l’audience annoncée pour le 28 janvier 2027. Les autres gardes à vue et les décisions qui pourraient en découler restent également à surveiller. Le Pandore suivra ces décisions.
Source : La Dépêche du Midi, article publié le 2 octobre 2026 et mis à jour le même jour.
