Une enquête menée dans le Val-d’Oise sur des faits présumés de travail dissimulé et de fraude sociale dans le secteur du bâtiment a conduit au placement en garde à vue de deux personnes le 9 septembre 2026. Selon un communiqué de la Gendarmerie nationale daté du 12 septembre, le préjudice estimé pour l’URSSAF atteint 2,5 millions d’euros.
L’opération a été conduite par les gendarmes de l’antenne de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), avec le groupement de gendarmerie départementale du Val-d’Oise. Les deux mis en cause sont soupçonnés d’avoir eu recours à du travail dissimulé dans le secteur du BTP.
Plus de 1 700 virements en trois ans
L’affaire trouve son origine dans un contrôle de l’URSSAF mené fin 2024 auprès d’une société installée à Franconville. Les vérifications avaient fait apparaître une minoration substantielle des déclarations sociales entre octobre 2021 et décembre 2024.
En mars 2026, le procureur de la République de Pontoise a ouvert une enquête confiée aux gendarmes. Les investigations ont, selon le communiqué, permis de confirmer les constatations de l’URSSAF, d’identifier le dirigeant réel présumé de la société ainsi qu’un membre de sa famille, également mis en cause pour le blanchiment présumé d’une partie du produit de l’infraction.
Au terme des investigations, plus de 1 700 virements à destination de personnes physiques auraient été réalisés sur trois ans, pour un montant supérieur à 3 millions d’euros, alors que la société n’aurait effectué que sept déclarations préalables à l’embauche. Le préjudice total estimé par l’URSSAF est évalué à près de 2,5 millions d’euros.
Six biens immobiliers saisis
Les gendarmes indiquent également avoir mis au jour l’existence d’une seconde société, basée à Marcoussis dans l’Essonne, qui aurait bénéficié de cette main-d’œuvre à moindre coût. Le dirigeant de fait présumé des deux structures résiderait dans le Var.
Lors de l’opération du 9 septembre, six biens immobiliers d’une valeur avoisinant 1,7 million d’euros ont été saisis, auxquels s’ajoutent des sommes présentes sur des comptes bancaires et des objets de luxe. Le montant global des saisies est présenté par la Gendarmerie nationale comme proche de 1,8 million d’euros.
La procédure a été transmise au procureur de la République, qui doit désormais décider de son orientation pénale. À ce stade, les personnes concernées restent présumées innocentes.

Photographies : Gendarmerie nationale, transmises par le SIRPA.
Derrière les comptes, des salariés à protéger. Dans une autre affaire, notre article du 5 février 2026 sur une fraude à l’intérim dans l’Oise racontait comment des salariés avaient découvert, à l’occasion de démarches auprès de la CAF, qu’ils n’étaient pas déclarés. Ce précédent ne démontre aucun lien entre les deux dossiers. Il rappelle en revanche ce que recouvrent ces enquêtes : derrière les cotisations manquantes, il y a aussi la protection des travailleurs et des entreprises qui respectent les règles.
Pour Le Pandore, cette dimension mérite autant d’attention que le montant des saisies. Le travail des gendarmes ne se résume pas à interpeller : il consiste aussi à reconstituer des flux financiers et à identifier les responsabilités. Le compte rendu public de la Gendarmerie du 15 septembre confirme les principales données du communiqué. Il ne permet toutefois pas de présenter les biens saisis comme des sommes déjà remboursées à l’URSSAF, ni les personnes mises en cause comme condamnées.
Sources : communiqué de presse de la Gendarmerie nationale du 12 septembre 2026, diffusé par le SIRPA ; compte rendu Gendinfo du 15 septembre 2026. Ces deux publications relèvent de la même source institutionnelle.
Article Jérémy ARMANTE. Crédits photos SIRPA-G