Pour le 18 novembre 2026, le Conseil de l’Europe place le traitement médiatique éthique des violences sexuelles faites aux enfants au centre de sa journée de mobilisation. Un enjeu qui rejoint les missions de prévention, d’accueil et d’enquête de la gendarmerie, ainsi que la nécessité de rendre les voies d’aide accessibles.
Le 18 novembre 2026, une responsabilité aussi médiatique
Comment parler des violences sexuelles faites aux enfants sans leur causer un nouveau préjudice ? Cette question constitue le thème de l’édition 2026 de la Journée du Conseil de l’Europe pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels. L’institution annonce pour le 18 novembre le lancement d’un manuel pratique destiné aux journalistes, adaptable aux différents contextes nationaux. L’annonce et les ressources disponibles figurent sur la page officielle de l’édition 2026.
Le sujet concerne les mots employés, mais aussi les titres, les images et les informations retenues. Une couverture médiatique peut aider à comprendre les violences et à trouver un interlocuteur. Elle peut également exposer une victime si elle permet de l’identifier ou lui impose de revivre publiquement ce qu’elle a subi.
Informer sans exposer
Dans sa brochure de présentation du thème 2026, le Conseil de l’Europe rappelle plusieurs exigences : préserver l’identité des victimes, éviter le sensationnalisme et la culpabilisation, s’appuyer sur des sources fiables et fournir un contexte. La place donnée aux services d’aide fait partie de cette démarche.
Ces repères invitent à choisir les détails utiles à la compréhension plutôt qu’à multiplier les descriptions. Ils conduisent aussi à examiner ce qu’une photographie, un lieu ou un élément biographique pourrait révéler. La protection d’un enfant doit rester une priorité jusque dans la manière de raconter une affaire.
La protection des mineurs, de la prévention à l’enquête
Dans son dossier publié le 12 juin 2026, Gendinfo décrit une réponse organisée autour de six axes : prévenir, détecter les violences, accompagner et protéger les victimes, conduire les investigations, piloter le dispositif et former les gendarmes.
Les Maisons de protection des familles occupent une place centrale dans cette organisation. Leurs personnels formés appuient les unités territoriales et travaillent avec les partenaires du département, notamment les associations et les acteurs institutionnels.
L’accueil constitue une étape déterminante. Selon Gendinfo, un mineur qui se présente dans une unité de gendarmerie est écouté pour comprendre les raisons de sa venue, qu’il soit ou non accompagné d’un représentant légal. Lorsqu’une audition de victime mineure est conduite dans le cadre de l’enquête, elle est réalisée par des militaires spécialement formés, dans un espace confidentiel et adapté à l’enfant. Le protocole vise à recueillir les éléments utiles à l’enquête tout en limitant l’impact psychologique lié à la répétition du récit.
Un accès à l’écoute par Ma Sécurité
Depuis l’ouverture annoncée par Gendinfo le 20 novembre 2025, un Espace Mineurs sur Ma Sécurité s’adresse aux jeunes victimes ou témoins de violences. Son tchat est animé par des policiers et des gendarmes spécialement formés, disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour écouter, conseiller et orienter.
Ce service offre une voie de contact lorsqu’un jeune ne sait pas à qui parler. Rendre son accès visible dans une publication participe à l’objectif du 18 novembre : donner une information qui puisse également aider à agir.
Enquêter dans l’espace numérique
La protection se poursuit dans les investigations. Dans une publication du 9 juillet 2026, l’Unité nationale de police judiciaire présente une opération nationale coordonnée par l’Unité nationale cyber (UNCyber) concernant des personnes soupçonnées de diffusion de contenus pédocriminels ou d’atteintes sexuelles sur des mineurs.
Le 8 octobre 2026, l’UNPJ relate également la fermeture de sites diffusant des contenus intimes volés, dont certaines victimes étaient mineures. L’enquête, menée par l’UNCyber sous la direction du parquet de Paris, s’inscrit dans une coopération avec les autorités américaines.
Ces exemples éclairent le travail d’enquête sans nécessiter de reproduire les contenus en cause ni d’exposer les personnes concernées. Ils rappellent que la protection des victimes doit aussi guider la diffusion publique des informations.
Besoin d’aide : les contacts à connaître
En cas de danger immédiat ou d’urgence : appeler le 17 ou le 112.
Enfant en danger ou en risque de l’être : appeler le 119, gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les enfants comme les adultes préoccupés par une situation peuvent contacter ce service.
Pour être écouté et orienté en ligne : accéder à l’Espace Mineurs de Ma Sécurité et à son tchat avec un policier ou un gendarme, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En situation d’urgence, privilégier le 17 ou le 112.
