Quelque 70 000 membres des forces de sécurité seront mobilisés samedi 24 octobre dans tout le pays, a annoncé Laurent Nuñez vendredi 23 octobre, selon Reuters. Rappels au service, contrôles des flux, Centaure et unités d’intervention : dans un communiqué publié le même jour, le ministère de l’Intérieur précise son dispositif. Beauvau annonce le déploiement des blindés de la gendarmerie et d’échelons du RAID, de la BRI et du GIGN.
Des contrôles sont prévus notamment dans les gares et sur les axes de circulation pour détecter les matériels susceptibles de servir à commettre des violences, interpeller leurs porteurs et identifier, selon le ministère, les personnes non autorisées à participer aux manifestations. Les consignes insistent sur la mobilité des forces et la possibilité de fractionner les unités.
Le ministère demande des interventions systématiques en cas d’atteintes aux personnes ou aux biens, tout en rappelant l’exigence d’un usage proportionné des moyens de force intermédiaire. Il prévoit également, avec les parquets, un traitement judiciaire adapté pour constater les infractions, recueillir les preuves et accélérer leur traitement.
Interdictions : les consignes aux préfets
Le communiqué demande aux préfets d’évaluer les déclarations de manifestations et les appels à se rassembler en tenant compte de la fiabilité des organisateurs, des parcours et des commerces exposés. Cette appréciation doit s’appuyer sur une concertation avec les maires.
La veille, Emmanuel Macron avait annoncé des consignes plus restrictives : selon LCP, seuls les cortèges déclarés par les syndicats seraient susceptibles d’être autorisés. Ces annonces nationales ne se substituent pas aux décisions préfectorales prises localement.
À Paris, un parcours de Bastille à Nation, via la place Félix-Éboué, a été autorisé pour samedi 24 octobre, avec un départ prévu à 14 heures, selon Le Parisien, qui cite la préfecture de police. Le quotidien annonçait le 22 octobre qu’un autre parcours, souhaité par une coordination de Gilets jaunes, devait faire l’objet d’un arrêté d’interdiction.
Sentinelle pour libérer policiers et gendarmes
Devant l’Assemblée nationale, mardi 20 octobre, Laurent Nuñez avait également annoncé le recours à Sentinelle en substitution des forces de sécurité intérieure, principalement pour des missions de sécurisation statique. L’objectif est de dégager des policiers et des gendarmes pour le maintien de l’ordre, sans confier cette mission aux militaires.
Cette répartition des rôles a aussi été précisée par Place Beauvau, selon Le Nouvel Obs du 22 octobre. Le communiqué du 23 octobre n’apporte pas de précision supplémentaire sur les effectifs ou les lieux de mobilisation de Sentinelle.
Un dispositif renforcé
Jeudi 22 octobre, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, avait fait état sur BFMTV d’un niveau de mobilisation des forces de l’ordre supérieur de 20 % à celui de la semaine précédente, selon une dépêche publiée par Maritima.
À Nice, 450 policiers, CRS et gendarmes doivent être mobilisés, selon la préfecture des Alpes-Maritimes citée par Le Parisien le 22 octobre. Ces annonces ne constituent pas un bilan des forces effectivement engagées le 24 octobre.
À lire également : le soutien du général d’armée Hubert Bonneau aux gendarmes après les violences du 17 octobre.
Photographie d’archive : un Centaure de la Gendarmerie, photographié le 27 mars 2026. Crédit : Alexandre Prévot / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Recadrage Le Pandore sous la même licence. Cette photographie ne montre pas le dispositif du 24 octobre.
