Le projet AIGLE, conçu pour accélérer les recherches de personnes disparues en montagne, a reçu le prix de l’Audace 2026 attribué à la Gendarmerie nationale. Derrière cet acronyme se trouve l’Algorithme intelligent gendarmerie de localisation embarquée, un outil qui associe traitement d’images et intelligence artificielle pour aider les unités engagées dans les opérations de secours.
La distinction a été remise le 13 octobre 2026 à Balard, à Paris, lors de la cérémonie organisée par l’Agence de l’innovation de défense. Vingt-quatre projets portés par les armées, la Gendarmerie nationale, la Direction générale de l’armement et le Secrétariat général pour l’administration étaient présentés. La ministre des Armées et des Anciens Combattants, Catherine Vautrin, ainsi que le président de la Fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque, mécène du prix, assistaient à l’événement.
Une intelligence artificielle tournée vers la recherche de personnes
Selon les données communiquées par la Gendarmerie nationale, environ 70 000 recherches de personnes sont menées chaque année. Près de 10 000 d’entre elles nécessitent le déploiement prolongé d’importants moyens humains et matériels. En montagne, la difficulté du terrain, la météo, la végétation, la neige ou encore la superficie des zones à inspecter compliquent considérablement le travail des secouristes.
AIGLE a été développé pour aider les équipes à détecter et à localiser, dans les images recueillies pendant une opération, des traces du vivant ou des éléments susceptibles d’être liés à la personne recherchée. L’algorithme analyse les images afin de faire ressortir des zones qui méritent une vérification plus approfondie. Il ne remplace ni l’observation des gendarmes ni leur connaissance du terrain : il vise à réduire le temps nécessaire pour examiner de grandes quantités d’images.
Aucune identification biométrique
La Gendarmerie nationale précise que le système n’utilise aucune donnée biométrique et ne permet pas d’identifier une personne. Sa fonction est limitée à la détection et à la localisation d’indices visuels susceptibles d’orienter les recherches. Cette précision est importante : AIGLE n’est pas un outil de reconnaissance faciale, mais une aide au tri et à l’analyse des images produites dans le cadre d’une mission de secours.
Le colonel Bertrand Host, commandant le Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la Gendarmerie, rappelle que la finalité du dispositif reste la sauvegarde de la vie humaine. La décision opérationnelle demeure entièrement humaine. Même lorsqu’une zone est signalée par l’algorithme, la vérification sur le terrain et la levée de doute restent du ressort des militaires engagés dans l’opération.
Gagner du temps sans retirer le gendarme de la manœuvre
L’intérêt d’un tel outil se mesure d’abord en temps. Dans une recherche de personne, chaque minute peut compter. En attirant l’attention des équipes sur certaines images ou certaines zones, AIGLE peut contribuer à mieux répartir les moyens, à limiter les vérifications inutiles et à concentrer plus rapidement les recherches sur les indices les plus pertinents.
La communication officielle ne détaille toutefois ni le calendrier de déploiement du dispositif, ni les matériels utilisés pour recueillir les images, ni les résultats obtenus pendant les phases d’essai. Elle ne précise pas non plus si l’outil doit rester réservé au secours en montagne ou s’il pourrait être adapté à d’autres environnements. Ces éléments devront être évalués au fil de son emploi opérationnel.
Un projet soutenu par le Datalab de l’ANFSI
Le développement d’AIGLE a bénéficié de l’appui du Datalab de l’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure. Cette coopération illustre la rencontre entre l’expérience des unités de terrain, les besoins des spécialistes du secours en montagne et les compétences techniques consacrées à la donnée et à l’intelligence artificielle.
Le prix de l’Audace, remis tous les deux ans, récompense précisément ce type d’initiative : des solutions imaginées à partir d’un besoin concret, avec une portée opérationnelle et la possibilité d’améliorer le fonctionnement quotidien des forces. L’originalité du projet, l’investissement de ses porteurs, son utilité et les gains de temps ou de moyens figurent parmi les critères retenus.
Une innovation à suivre sur le terrain
Avec AIGLE, la Gendarmerie nationale mise sur une intelligence artificielle placée au service des secouristes, sans automatiser la décision finale. La distinction obtenue à Balard marque une reconnaissance importante pour le projet. Sa véritable valeur se mesurera désormais dans les opérations : rapidité de détection, fiabilité des alertes, simplicité d’utilisation et capacité à s’intégrer au travail des unités.
Source externe : Gendarmerie nationale – Gendinfo.
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Photo : les lauréats gendarmerie du projet AIGLE lors de la remise du prix de l’Audace 2026 à Balard. Crédit : LTN Alice Roche / SIRPA Armée de l’air et de l’espace – source Gendinfo.
