Le projet de budget de la Gendarmerie progresse, mais plusieurs enveloppes indispensables à l’engagement des escadrons restent inférieures aux dépenses constatées pendant les crises récentes. Alimentation, déplacements, entretien, repos et formation : derrière les crédits annoncés, l’enjeu est de savoir combien de temps les unités pourront soutenir l’effort qui leur sera demandé. Des quinze escadrons dissous en 2010-2011 aux alertes exprimées depuis 2024, Le Pandore remonte le fil des décisions et confronte les annonces pour 2027 aux réalités de la force mobile.
Quarante millions d’euros pour nourrir les forces mobiles en déplacement. Plus précisément, 40,1 millions sont inscrits dans le projet de budget 2027, contre 53,1 millions dans la prévision présentée pour 2026 et 66 millions effectivement dépensés en 2025. Le rapprochement mérite l’attention : la dotation proposée baisse d’environ un quart par rapport au précédent projet et se situe près de 26 millions sous la dernière dépense annuelle connue.
Ces chiffres ne permettent pas d’annoncer que les gendarmes mangeront moins ou que leurs droits seront réduits. Ils posent néanmoins une question très concrète : sur quel niveau d’engagement des escadrons le budget 2027 a-t-il été construit ?
La réponse ne se trouve pas dans le seul montant global consacré à la Gendarmerie. Pour déplacer une unité, il faut financer les transports, l’hébergement, l’alimentation et les indemnités. Pour pouvoir la réengager ensuite, il faut aussi lui laisser le temps de récupérer, entretenir ses véhicules et préserver son entraînement. C’est à cette chaîne complète que doit être confrontée la hausse annoncée des crédits.
Quinze escadrons dissous : le poids des choix de 2010 et 2011
Le débat vient de loin. En 2010 et 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, quinze escadrons de gendarmerie mobile sont dissous dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, la RGPP. Dans une réponse ministérielle publiée le 19 février 2013, le ministère de l’Intérieur précise que la décision prise en janvier 2010 portait sur huit dissolutions la première année et sept la suivante. Toutes ont été exécutées.
Le format passe alors de 123 à 108 escadrons, soit une contraction de 12,2 % du nombre d’unités. Le rapport sénatorial sur le budget 2013 en expose la logique : huit dissolutions accompagnent le transfert de la garde des centres de rétention administrative à la police aux frontières ; les sept autres permettent de redéployer des effectifs vers la gendarmerie départementale. La disparition de ces unités ne correspond donc pas à autant de militaires quittant la Gendarmerie. Elle réduit, en revanche, le nombre d’escadrons constitués dans lesquels puiser pour organiser les engagements et les relèves.
Depuis, des unités ont été créées. L’escadron 20/1 de Rosny-sous-Bois apparaît en 2016. Sept nouveaux escadrons sont ensuite créés dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur, la LOPMI, et tous sont opérationnels pour le maintien de l’ordre en 2024. Lors de son audition du 15 octobre 2025 à l’Assemblée nationale, le directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, rappelle un format de 116 escadrons. Le redressement est réel, mais ce nombre reste inférieur de sept unités à celui qui précédait les quinze dissolutions.
Que peut encore produire cette réduction aujourd’hui ? À charge de mission et organisation comparables, un nombre plus restreint d’unités laisse moins de possibilités pour relever celles qui sont engagées, absorber plusieurs crises simultanées et préserver des créneaux d’entraînement. La tension peut alors se reporter sur la durée des déplacements, la récupération, la prévisibilité de la vie familiale ou la disponibilité pour renforcer les brigades territoriales. C’est le mécanisme qu’il faut examiner, au-delà du seul décompte des escadrons.
On ne peut toutefois transformer cet écart de sept unités en une mesure automatique de la capacité perdue : les effectifs, la composition des escadrons, leurs équipements et leurs missions ont évolué. Les dissolutions de 2010-2011 n’expliquent pas, à elles seules, la situation de 2026. Mais elles font partie de son histoire. Reconstituer une force exige des recrutements, de l’encadrement, des véhicules, des casernes et du temps ; retrouver une marge opérationnelle suppose ensuite de financer son emploi.
Le maintien de l’ordre rappelle aussi ce que ces capacités doivent permettre d’affronter. Dans son retour d’expérience sur Notre-Dame-des-Landes, publié en juin 2019, la Gendarmerie décrit l’engagement de 25 escadrons lors des principales phases des opérations de 2018, puis le maintien d’unités pour sécuriser les travaux. Elle recense 106 gendarmes blessés entre avril et mai, dont 34 traumatismes sonores. Derrière l’image de la ligne de boucliers, il y a donc aussi des hommes à relever, des matériels à réparer et une capacité à reconstruire après chaque engagement.
Une hausse dont les unités ne percevront qu’une partie
Le projet prévoit 11,315 milliards d’euros de crédits de paiement pour le programme « Gendarmerie nationale », soit 259,6 millions supplémentaires par rapport à la loi de finances initiale 2026. La progression atteint 2,35 %. Comme nous l’expliquions dans notre première présentation du budget 2027, ces crédits restent soumis à l’examen parlementaire.
La répartition de cette hausse en précise la portée. Les dépenses de personnel absorbent 185,3 millions des 259,6 millions supplémentaires. Et, à l’intérieur de cet ensemble, les contributions aux pensions augmentent à elles seules de 97 millions. Autrement dit, plus du tiers de la progression totale du programme relève du financement des pensions. Il ne s’agit pas d’une somme nouvelle destinée aux équipements, ni d’une augmentation équivalente de la solde des militaires.
Les autres dépenses bénéficient bien d’un effort : environ 59,7 millions supplémentaires pour le fonctionnement et 14,6 millions pour l’investissement. Il serait donc excessif de présenter le projet comme une baisse générale des moyens. Mais ces crédits doivent également couvrir les loyers, l’énergie, la maintenance et les échéances des contrats déjà engagés.
Leur progression ne se traduit pas automatiquement par une capacité accrue à financer des missions supplémentaires. Pour le commandement comme pour les unités, la question décisive porte sur ce qui reste disponible une fois les dépenses récurrentes et les engagements antérieurs couverts.
L’alimentation des mobiles appelle une explication précise
La ligne consacrée à l’alimentation concerne les unités constituées de gendarmerie mobile employées hors de leur garnison pendant plus de douze heures, pour préparer ou exécuter leurs missions. Elle touche donc directement aux conditions matérielles des déplacements.
En 2025, les dépenses avaient dépassé de 12,9 millions d’euros la programmation initiale. Le rapport annuel de performances attribue ce dépassement à l’importance des engagements, notamment outre-mer. L’année fournit ainsi un enseignement simple : lorsque les missions se prolongent ou se multiplient, cette dépense augmente avec elles.
Une prévision plus faible pour 2027 peut correspondre à une réduction attendue des déplacements. Elle pourrait également tenir à une modification du financement ou du périmètre pris en charge. Encore faut-il pouvoir le démontrer.
Combien de journées hors garnison ont été retenues ? Avec quel coût alimentaire moyen ? Quelles dépenses exceptionnelles sont incluses ? Les documents examinés ne permettent pas de rapprocher suffisamment ces hypothèses du montant proposé.
L’indemnité journalière d’absence temporaire, l’IJAT, apporte un autre éclairage. Son enveloppe atteindrait 77,8 millions d’euros en 2027, légèrement au-dessus des 76 millions du projet 2026, mais sous les 86,6 millions consommés en 2025. Cette dernière somme comprenait 41,3 millions pour la Nouvelle-Calédonie et 11,7 millions pour Mayotte.
Alimentation et indemnités n’obéissent pas exactement aux mêmes règles. Leurs évolutions différentes ne suffisent donc pas à établir une incohérence. Elles rendent cependant nécessaire une explication commune des journées de mission prévues et des ressources destinées à les financer.
Le coût des crises dépasse largement les indemnités
Les déplacements constituent un autre poste révélateur. Pour l’ensemble de la Gendarmerie, leur coût a atteint 199,4 millions d’euros en 2025, alors que le projet 2027 prévoit 56,1 millions.
Il serait trompeur d’en déduire une réduction proportionnelle de l’activité. La dépense 2025 intègre les engagements en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte, les opérations liées aux accords Sandhurst avec le Royaume-Uni, ainsi que des transports affrétés en 2024 mais payés l’année suivante. Le rapport mentionne aussi le poids des tarifs hôteliers et des billets d’avion vers les outre-mer. Cette ligne dépasse, par ailleurs, le seul périmètre des escadrons mobiles.
L’écart met néanmoins en évidence la place du financement exceptionnel. Une dotation construite pour une activité courante ne peut supporter durablement des engagements hors norme sans ressources complémentaires.
Le calendrier compte autant que le montant. Des crédits obtenus tardivement peuvent permettre d’équilibrer les comptes en fin d’année tout en ayant compliqué, pendant plusieurs mois, les commandes ou la programmation d’autres dépenses. Si de nouveaux engagements surviennent, il faudra donc connaître les ressources mobilisables, leur délai d’arrivée et les dépenses qu’elles couvriront.
Un calcul donne l’ordre de grandeur de cette sensibilité : retrouver les seules dépenses nominales de 2025 pour l’alimentation des mobiles et l’IJAT nécessiterait 34,7 millions d’euros de plus que les deux enveloppes proposées pour 2027. Ce montant ne représente pas le coût d’une crise. Il ne comprend ni les transports, ni l’hébergement, ni les matériels, et suppose des périmètres inchangés. Il montre simplement à quelle vitesse les besoins peuvent dépasser la programmation de départ.
2024 : l’alerte de l’adjudant-chef Frédéric Le Louette dans Le Pandore
Le 11 juillet 2024, l’adjudant-chef Frédéric Le Louette, membre du conseil d’administration de GendXXI, décrivait dans nos colonnes les difficultés de la mobile. Fort de vingt-quatre années passées dans ses unités opérationnelles, il expliquait que les crises se chevauchaient et que la disponibilité des escadrons ne suivait plus les besoins. Il reliait déjà cette situation aux dissolutions de la RGPP, malgré les créations récentes d’unités.
Son témoignage portait aussi sur les missions permanentes, la reprise de tâches au profit d’autres administrations et la place laissée à la formation. La faculté de passer rapidement d’une mission à une autre ne créait pas, pour autant, de nouvelles unités disponibles. L’entraînement devenait une variable d’ajustement lorsque les sollicitations s’accumulaient.
« Les marges de manœuvre ont presque totalement disparu. »
L’adjudant-chef Frédéric Le Louette, entretien au Pandore, 11 juillet 2024.
Cette alerte donne une portée humaine à la lecture budgétaire. Le coût d’une mission ne s’arrête pas au déplacement ; il comprend aussi les conditions qui permettent aux militaires de récupérer et de repartir préparés.
2025 et 2026 : le DGGN pose à son tour la question du rythme d’emploi
Le 15 octobre 2025, devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le général d’armée Hubert Bonneau chiffre le problème. Sur 116 escadrons, un engagement quotidien de 68 permet, explique-t-il, de préserver les permissions et les stages de maintien en condition opérationnelle à Saint-Astier. Or il décrit une moyenne comprise entre 77 et 80 escadrons engagés, avec plus de 200 jours de déplacement par an pour les militaires.
Il indique alors qu’une quarantaine d’escadrons se trouvent en permanence outre-mer, dont vingt en Nouvelle-Calédonie. Il souligne aussi qu’en 2025 les renforts saisonniers habituellement assurés par la mobile ont dû être pris en charge par la départementale. La pression exercée sur les escadrons se propage donc aux autres composantes de la Gendarmerie.
Cette audition n’établit pas que le DGGN répond personnellement à l’entretien de l’adjudant-chef Le Louette. Elle met en évidence une convergence : l’alerte exprimée par un représentant des militaires en 2024 se retrouve, chiffrée et portée devant les députés, dans le diagnostic du commandement en 2025.
Le séminaire de la gendarmerie mobile du 11 mars 2026 précise les réponses engagées : possibilités de relèves individuelles outre-mer, adaptation des formats, rappel d’une durée de trois mois pour ces déplacements sauf circonstances exceptionnelles, et protection des périodes de formation à Saint-Astier. Le général de division Bertin Malhet est installé comme inspecteur de la Gendarmerie mobile.
Lors de son audition du 7 octobre 2026 à l’Assemblée nationale, le général d’armée Hubert Bonneau revient sur l’organisation du service, notamment dans la mobile, qu’il indique avoir revue pour donner davantage de lisibilité aux périodes d’engagement. Ce passage figure autour de 1 h 06 dans la vidéo officielle. Il faut désormais confronter cette orientation aux résultats dans les unités et aux moyens proposés pour 2027.
Le repos et la formation font partie des moyens opérationnels
La capacité de la gendarmerie mobile ne se mesure pas seulement au nombre d’escadrons inscrits dans son organisation. Elle dépend du nombre d’unités que l’on peut engager en préservant leur préparation et leur récupération.
Les travaux sénatoriaux décrivent une mobilisation moyenne de 76,9 escadrons par jour en 2024, pour une référence de soutenabilité d’environ 68. Ce dernier chiffre ne désigne pas le nombre total d’escadrons existants. Il traduit un niveau d’emploi quotidien compatible avec les autres obligations de la force. Le rapport annuel 2025 décrit ensuite un retour vers cette référence, notamment pour permettre la récupération et la préparation des unités.
La distinction est essentielle. Un escadron au repos ou en entraînement demeure nécessaire à la capacité nationale. Réduire constamment ces périodes peut accroître les possibilités de déploiement immédiat, mais laisse moins de temps pour préparer les engagements suivants.
Le projet 2027 affiche une cible de 100 % d’escadrons à jour de leur stage de perfectionnement et d’évaluation de la capacité opérationnelle, le PECO, suivi au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie. Le taux publié pour 2025 est de 93,2 %, contre 85,2 % pour 2024.
Cette progression demande toutefois une lecture attentive. Le document budgétaire explique que le calcul a été revu après une modification de doctrine intervenue en 2025. La validité du stage est désormais appréciée avec une échéance au 31 décembre de la troisième année suivant celle du dernier passage.
Une comparaison solide doit donc distinguer l’effet des stages réellement suivis de celui du changement de règle. Les chiffres publiés ne permettent pas d’attribuer toute l’amélioration à l’un ou à l’autre.
Le PAP prévoit six escadrons par stage et huit stages par an, soit 48 passages théoriques. Leur réalisation dépendra notamment de la capacité à préserver ces créneaux lorsque les besoins opérationnels augmenteront. Le bilan utile sera celui des stages effectivement terminés, des annulations et des reports, au-delà de la cible affichée.
Des équipements prévus, dont il faudra mesurer la disponibilité
Le projet comporte aussi des investissements directement utiles aux unités. Il mentionne le renouvellement de 105 véhicules de maintien de l’ordre et prévoit 8,6 millions d’euros de crédits de paiement pour la maintenance des blindés Centaure et VBRG. Les crédits de protection et d’intervention passent, pour leur part, de 14,5 millions dans le projet 2026 à 20 millions en 2027, sur un périmètre plus large que la seule gendarmerie mobile.
Ces orientations doivent être prises en compte dans l’analyse. Elles financent des besoins concrets de renouvellement, d’entretien et de protection.
Leur effet dépendra cependant des livraisons, du nombre de véhicules retirés et des délais de mise en service. Cent cinq véhicules prévus au renouvellement ne signifient pas cent cinq véhicules supplémentaires immédiatement utilisables. De même, le nombre de blindés acquis ne renseigne pas, à lui seul, sur leur disponibilité quotidienne.
Une autre précaution s’impose à la lecture des comptes : l’expression budgétaire « moyens mobiles » désigne des matériels de transport, dont les aéronefs, utilisés par différentes composantes de la Gendarmerie. Les 86,5 millions d’euros d’investissement inscrits sous cette appellation ne constituent donc pas un budget réservé aux escadrons.
Pour apprécier le résultat de l’effort, il faudra suivre le parc réellement utilisable, les immobilisations et les délais de réparation. Ce sont ces données qui permettront de relier la dépense aux conditions de travail.
Les nouvelles brigades ne constituent pas un renfort des escadrons
Le projet prévoit également 235 emplois supplémentaires, principalement destinés à l’armement de vingt nouvelles brigades. Cette mesure répond au renforcement territorial annoncé ; elle ne permet pas de conclure à une augmentation équivalente des effectifs de la gendarmerie mobile. Une brigade mobile territoriale et un escadron mobile restent des unités différentes, avec des fonctions et une organisation distinctes.
Les volumes de recrutement doivent eux aussi être interprétés avec précision. Le PAP prévoit 12 832 entrées pour 12 597 sorties : le solde net est bien de 235 emplois. L’essentiel des entrées sert donc à remplacer les départs, même si l’effort de recrutement et de formation demeure considérable.
Pour les escadrons, le chiffre attendu est celui des affectations effectivement réalisées dans leur propre périmètre. Le plafond national d’emplois ne suffit pas à connaître leur situation, pas davantage que le total administratif regroupant les unités de gestion des crises, qui inclut aussi la Garde républicaine, le GIGN et d’autres formations.
L’enjeu est de rapprocher les missions demandées des effectifs présents, des qualifications nécessaires et des périodes d’indisponibilité. Sans ce rapprochement, une hausse nationale peut rester difficile à percevoir dans les unités.
Satory explique une partie de la forte hausse des engagements
La progression de près de 12 % des autorisations d’engagement pourrait laisser croire à une augmentation beaucoup plus forte des moyens disponibles en 2027. Elle correspond pourtant à une autre réalité comptable : la possibilité de signer des contrats dont les paiements s’étaleront sur plusieurs années.
Le projet Cap Satory en est l’exemple majeur. Il mobiliserait 550 millions d’euros d’autorisations d’engagement sur le programme de la Gendarmerie, auxquels s’ajouteraient 50 millions au titre du Fonds vert. L’opération prévoit la rénovation de 956 logements et la construction de 300 autres, avec une signature envisagée à la fin de 2027.
L’intérêt d’un tel investissement dépasse la seule présentation budgétaire. Le logement et l’état des installations participent aux conditions de service et de vie des familles. Mais l’autorisation de financer une opération ne signifie pas que tous les travaux seront réalisés ni payés dans l’année.
Les engagements passés pèsent déjà sur les échéances futures. Selon le PAP, environ 58,5 % des crédits de paiement hors personnel proposés pour 2027 serviraient des engagements antérieurs. Les nouveaux projets devront trouver leur place dans cet ensemble, en même temps que l’entretien courant et les dépenses nécessaires aux missions.
La question centrale reste celle des missions à financer
Le budget 2027 présente donc plusieurs réalités simultanées : une hausse des crédits, un poids important du personnel et des pensions, des investissements identifiés, mais aussi des prévisions opérationnelles inférieures aux dépenses constatées lors des crises récentes.
Les montants seuls ne permettent pas de trancher la question de leur suffisance. Une baisse des engagements pourrait rendre certaines prévisions cohérentes. Le maintien d’une activité élevée supposerait, lui, des ressources adaptées et disponibles à temps.
La clarification attendue porte sur des éléments précis : le nombre de journées de déplacement retenu, les coûts unitaires, les financements exceptionnels, les effectifs affectés et les périodes de repos et de formation protégées.
De la contraction du nombre d’escadrons en 2010-2011 aux créations ultérieures, puis des alertes de 2024 aux adaptations annoncées en 2026, une même exigence traverse ce dossier : disposer d’une réserve d’unités suffisamment préparées pour durer. Le budget doit financer cette capacité avant que la crise ne l’exige.
C’est sur cette correspondance entre missions et moyens que le projet devra être évalué. Pour les gendarmes mobiles, l’enjeu sera de pouvoir partir avec les équipements nécessaires, être soutenus pendant toute la durée de leur engagement et retrouver, au retour, le temps indispensable pour préparer le suivant.
Documents budgétaires examinés : projet annuel de performances 2027, programme 152 ; projet annuel de performances 2026, mission Sécurités ; rapport annuel de performances 2025 ; avis du Sénat sur les crédits de la Gendarmerie pour 2026. Les montants 2027 sont ceux du projet, avant adoption. Les dépenses réalisées et les prévisions sont distinguées dans le texte.
