Les données publiées indiquent une forte hausse, mais restent incomplètes. En octobre 2026, les destructions et dégradations volontaires enregistrées par la police et la gendarmerie progressent de 16 % par rapport à septembre, selon Interstats Conjoncture n°134, publié le 4 novembre par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Cette évolution, mesurée à l’échelle de la France, est corrigée des variations saisonnières et des jours ouvrables.
Le bulletin comporte cependant un avertissement : un problème informatique a empêché la transmission au SSMSI d’un nombre significatif de contraventions pour destructions et dégradations enregistrées par la gendarmerie. L’anomalie porte sur quatre mois. Des faits déjà enregistrés par les gendarmes restent donc absents des statistiques publiées.
Un décompte appelé à être révisé
Le SSMSI invite à prendre avec précaution les volumes publiés et leurs évolutions sur les quatre derniers mois. Il annonce que la correction de l’anomalie entraînera de légères révisions à la hausse, sans chiffrer le taux de progression d’octobre qui en résultera. Les données du bulletin ont été arrêtées le 4 novembre à 8 h 30.
Un mois marqué par les mobilisations
Pour expliquer les hausses observées en octobre, le SSMSI évoque notamment les violences survenues en marge des mouvements lycéen et social des 1er, 2, 5, 17 et 24 octobre. Les violences physiques hors du cadre familial augmentent elles aussi de 7 % sur le mois. Cette explication est celle du service statistique ; elle ne signifie pas que l’ensemble de la hausse puisse être attribué à ces seules journées.
À l’inverse, le nombre de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants recule de 31 % en octobre, et celui des personnes mises en cause pour trafic de 25 %. Le SSMSI indique que l’engagement important des forces de sécurité contribue à ces baisses. Ces indicateurs dépendent donc aussi de l’activité des services : leur recul ne saurait être assimilé directement à une diminution de même ampleur de la consommation ou du trafic.
Sur trois mois, une hausse de 7 % des dégradations
La comparaison trimestrielle donne une autre mesure de l’évolution. Entre août et octobre, les destructions et dégradations progressent de 7 % par rapport aux trois mois précédents, de mai à juillet. Le bulletin fait état de 137 355 infractions sur cette période de trois mois, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Ce résultat ne contredit pas la hausse de 16 % en octobre : l’un compare deux périodes de trois mois, l’autre deux mois successifs.
Sur la même période d’août à octobre, les violences physiques hors du cadre familial augmentent également de 7 %, avec 62 179 victimes en données corrigées. Les vols avec armes progressent de 5 % et les vols violents sans arme de 3 %. Les homicides reculent de 3 %, à 331 victimes, selon un indicateur fondé sur des données brutes partiellement retraitées.
Les violences sexuelles enregistrées diminuent de 10 % sur trois mois. En octobre, leur volume reste toutefois supérieur à celui d’avant juin 2026, dans un contexte de consolidation des procédures concernant des violences sexuelles sur mineurs après l’affaire Lyhanna. Les personnes mises en cause pour usage et trafic de stupéfiants diminuent respectivement de 8 % et de 5 % sur le trimestre.
Ces évolutions décrivent les faits portés à la connaissance de la police et de la gendarmerie et enregistrés par leurs services. Elles ne constituent pas une mesure exhaustive de la délinquance commise en France.
Sources : SSMSI, Interstats Conjoncture n°134, 4 novembre 2026 — https://statistiques.interieur.gouv.fr/ssmsi/publications/interstats-conjoncture-ndeg-134-novembre-2026 | PDF officiel — https://statistiques.interieur.gouv.fr/ssmsi/files/ssmsi/2026-11/IC134.pdf | Ministère de l’Intérieur — https://www.interieur.gouv.fr/actualites/actualites-du-ministere/interstats-conjoncture-ndeg-134-novembre-2026-analyse-conjoncturelle-des-crimes-et-delits
