Le tableau de bord mensuel du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), publié le 6 octobre 2026, fait apparaître une hausse de la plupart des indicateurs de crimes et délits enregistrés en septembre 2026. Les vols violents sans arme progressent de 8 % sur un mois et les violences physiques hors cadre familial de 7 %. Le ministère appelle toutefois à la prudence sur les données concernant les destructions et dégradations : une anomalie informatique a empêché la remontée d’une partie des contraventions enregistrées par la gendarmerie au cours des quatre derniers mois.
Un mois de septembre largement orienté à la hausse
L’édition d’octobre d’Interstats Conjoncture porte sur les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à la fin du mois de septembre 2026. Il s’agit d’indicateurs administratifs issus des procédures enregistrées par les forces de sécurité, et non d’une mesure exhaustive de tous les faits réellement commis. Ces données permettent surtout d’observer les évolutions récentes des faits portés à la connaissance des services et enregistrés dans leurs systèmes. Les niveaux et variations mensuels ou trimestriels cités sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO), sauf pour les homicides, présentés en données brutes partiellement retraitées. Les cumuls sur douze mois sont en données brutes.
En septembre, la plupart des indicateurs suivis par le SSMSI augmentent. La hausse la plus forte concerne les vols violents sans arme, en progression de 8 % par rapport au mois précédent. Les violences physiques commises hors cadre familial augmentent de 7 %, à 20 653 victimes enregistrées. Le SSMSI précise que la fin du mois a été marquée par le mouvement lycéen national. Les violences physiques intrafamiliales progressent parallèlement de 3 %, avec 25 042 victimes enregistrées. Les vols avec armes reculent, pour leur part, de 3 %.
Violences sexuelles : troisième baisse mensuelle, mais un niveau encore élevé
Les violences sexuelles enregistrées poursuivent leur recul mensuel : -9 % en septembre, après -14 % en août et -3 % en juillet. Cette série de baisses intervient toutefois après le bond de 76 % observé en juin. Le SSMSI relie ce mouvement exceptionnel aux travaux de consolidation par les forces de sécurité d’un stock de procédures concernant des violences sexuelles sur mineurs dans le contexte de l’affaire Lyhanna.
Le recul des trois derniers mois ne ramène donc pas encore le niveau des violences sexuelles enregistrées à celui observé avant juin. Sur la période juillet-septembre, le total reste supérieur de 17 % à celui des trois mois précédents. Cette succession de mouvements très importants impose de distinguer l’évolution des enregistrements statistiques de celle du phénomène lui-même.
Sur trois mois, plusieurs atteintes aux biens reculent
La photographie change lorsqu’on compare les trois derniers mois, de juillet à septembre, avec le trimestre précédent. Sur cette période, la majorité des indicateurs conjoncturels hors homicides et violences sexuelles diminuent. Les vols d’accessoires sur véhicules reculent de 9 %, tandis que les vols dans les véhicules baissent de 4 %.
Les violences physiques intrafamiliales suivent la tendance inverse et progressent de 7 % sur les trois derniers mois. Sur les douze mois d’octobre 2025 à septembre 2026, comparés aux douze mois précédents, elles augmentent de 12 %, à 281 151 victimes enregistrées, tandis que les violences hors cadre familial progressent de 9 %, à 232 264 victimes. Les homicides sont moins nombreux sur le trimestre : 293 victimes, soit 22 % de moins que durant les trois mois précédents. En septembre seul, 110 victimes d’homicide ont été enregistrées. Le SSMSI ne présente pas ces variations comme une explication des causes de la délinquance : elles décrivent l’activité enregistrée et doivent être rapprochées, selon les sujets, d’autres sources judiciaires, démographiques ou d’enquêtes de victimation.
Une anomalie informatique touche les données de dégradations de la gendarmerie
La publication contient surtout un avertissement méthodologique important. Le ministère de l’Intérieur indique qu’à la suite d’un problème informatique, un nombre significatif de destructions et dégradations volontaires ayant donné lieu à des contraventions enregistrées par la Gendarmerie nationale n’a pas été transmis au système d’information statistique du SSMSI au cours des quatre derniers mois.
Conséquence : les chiffres publiés sur cet indicateur et leurs évolutions doivent être interprétés avec précaution. L’anomalie doit être corrigée dans une prochaine publication, avec de légères révisions à la hausse annoncées par le ministère. Pour le suivi de la délinquance, cette précision est essentielle : une variation apparente peut ici provenir en partie de la chaîne de transmission statistique et non d’une évolution réelle des faits.
Des chiffres à lire dans la durée
Ces données mensuelles complètent le point à mi-année publié fin septembre. Le Pandore avait notamment relevé une hausse de 7 % des refus d’obtempérer sur douze mois, ainsi que des progressions concernant les violences et les stupéfiants. La lecture conjointe des publications permet d’éviter de tirer des conclusions à partir d’un seul mois, particulièrement lorsque les séries peuvent être affectées par des consolidations ou des corrections techniques.
La publication complète d’Interstats Conjoncture n° 133 est disponible sur le site du ministère de l’Intérieur. Elle détaille l’ensemble des indicateurs suivis par le SSMSI et les précautions méthodologiques associées.
Photo d’archive, sans lien avec les faits enregistrés en septembre 2026 : motocycliste de la Gendarmerie nationale lors du défilé du 14 juillet 2011 à Toulon. Photo : Rama / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 France.
