Dans les Balkans, en Ukraine, en Somalie ou à Rafah, Eurogendfor engage des gendarmes pour maintenir la sécurité et aider les forces locales à remplir leurs missions. Le premier bilan opérationnel de cette force multinationale, publié le 18 octobre et présenté par Gendinfo le 28 octobre 2026, retrace dix-neuf ans de présence sur les théâtres de crise : 3 074 personnels déployés dans 25 missions, entre novembre 2007 et le 1er octobre 2026.
Une force de police capable d’agir en situation de crise
La Force de gendarmerie européenne est née en 2004 d’une initiative française associant l’Italie, l’Espagne, le Portugal et les Pays-Bas. Le traité de Velsen, signé en 2007, lui a donné son cadre juridique. Depuis son quartier général de Vicence, en Italie, elle prépare et coordonne des engagements qui vont du maintien de l’ordre aux enquêtes, en passant par la surveillance des frontières et la formation.
Son statut militaire lui permet de travailler sous une chaîne de commandement civile ou militaire. Cette souplesse est au cœur de sa stratégie : apporter des compétences de police dans des environnements déstabilisés, aux côtés des dispositifs internationaux de gestion de crise. Organisation distincte de l’Union européenne, Eurogendfor peut intervenir au service de celle-ci, des Nations unies ou de l’OTAN.
De la Bosnie au Kosovo, une présence qui s’inscrit dans la durée
Le premier déploiement a eu lieu en Bosnie-Herzégovine en 2007. L’Afghanistan a ensuite mobilisé une part importante des effectifs, sous mandat de l’OTAN. D’autres engagements se prolongent : en Somalie depuis 2012, au Kosovo au sein d’EULEX depuis 2022. Au 1er octobre 2026, neuf missions étaient encore actives. Ce calendrier montre une force appelée aussi bien pour des renforts que pour accompagner durablement des institutions locales.
Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, la France reste le premier contributeur historique en effectifs ; la Guardia Civil vient ensuite, avec 578 personnels engagés. La coopération s’est encore élargie cette année : l’adhésion de la Lituanie, formalisée le 2 septembre 2026, porte à huit le nombre d’États membres.
Pouvoir déployer plus vite
Pour les prochaines années, l’enjeu est de rendre ces moyens plus rapidement disponibles. La stratégie 2025-2029 prévoit de maintenir un noyau de capacités en alerte, de préparer des réserves de matériel et de multiplier les entraînements communs. Elle vise aussi à accélérer les décisions et à renforcer la planification dans les domaines du renseignement, du cyber et des menaces hybrides.
La coopération avec l’Union européenne, l’ONU, l’OTAN et l’OSCE doit soutenir cette disponibilité. L’objectif affiché est de pouvoir réunir rapidement des unités et des spécialistes aptes à travailler ensemble, lorsque la sécurité d’un territoire exige une réponse policière internationale.
Sources : Gendinfo, 28 octobre 2026 ; ministère espagnol de l’Intérieur, bilan du 18 octobre 2026 ; stratégie Eurogendfor 2025-2029.
Au Kosovo, nous avons notamment suivi le retour de 24 gendarmes français déployés au Kosovo.
Illustration : emblème d’Eurogendfor et emblèmes de gendarmeries participantes en 2026. Crédit : PPIOEUROGENDFOR2026! / Wikimedia Commons, CC BY 4.0. Image convertie en JPEG et redimensionnée.
