La Gendarmerie de Senlis a frappé un réseau soupçonné d’avoir organisé des vols et des reventes de véhicules dans l’Oise, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France. Selon le communiqué transmis, l’enquête menée par la Brigade de recherches de Senlis, avec l’appui de plusieurs unités spécialisées, vise une structure criminelle suspectée d’être impliquée dans une quarantaine de vols ou tentatives de vols. Le préjudice total est estimé à près d’un million d’euros. À ce stade, les personnes visées par la procédure restent présumées innocentes.
L’affaire débute en juillet 2025, après l’exploitation d’un renseignement signalant l’existence d’un compte utilisé sur une application gratuite de partage de photos et de vidéos. Ce canal aurait permis d’organiser le ciblage de véhicules des marques Renault, Peugeot et Citroën, principalement dans l’Oise, mais aussi plus largement en région parisienne et dans les Hauts-de-France.
Sous l’autorité du procureur de la République de Senlis, une enquête préliminaire est alors ouverte. Les investigations menées par les gendarmes de la Brigade de recherches et de la compagnie de Senlis, renforcés par le détachement de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante de Senlis, la Section de recherches d’Amiens, l’IRCGN et le groupement de gendarmerie départementale de l’Oise, ont permis de reconstituer l’organisation présumée du réseau.
Une organisation structurée autour du vol et du recel de véhicules
D’après les éléments communiqués, le groupe fonctionnerait autour d’un noyau central composé d’une tête de réseau, d’un coordinateur opérationnel chargé des vols et de la revente, ainsi que d’un acteur chargé du démontage et de l’écoulement des pièces détachées. Autour de cette structure gravitaient des exécutants, mais aussi des relais logistiques, avec la complicité supposée de garages automobiles et l’utilisation d’un lieu de stockage intermédiaire.
Les enquêteurs indiquent aussi que les malfaiteurs disposaient de matériel électronique spécialisé permettant l’ouverture de certains véhicules sans effraction apparente. D’autres vols auraient été commis de manière plus rudimentaire, à l’aide de tournevis. Ensuite, deux filières de recel auraient été exploitées. La première reposait sur le maquillage des véhicules avant leur réutilisation sur le territoire national. La seconde consistait à démonter les véhicules volés pour revendre moteurs et pièces détachées, notamment via une plateforme de petites annonces entre particuliers.
Le 10 mars 2026, une opération judiciaire a été déclenchée sous l’autorité du parquet de Senlis. Dix mis en cause ont été placés en garde à vue et neuf autres entendus librement. Les perquisitions ont conduit à la saisie de six véhicules utilisés pour commettre les faits, dont une dépanneuse, de vingt-et-un téléphones portables, de trois ordinateurs, de plus de 25 000 euros en numéraire, de quelques grammes de cannabis, d’une Clio volée, de huit moteurs, de nombreuses pièces détachées issues de véhicules volés ainsi que de matériel servant à commettre les vols.
Au terme des gardes à vue, le vendredi 13 mars 2026, trois mis en cause ont été déférés au parquet de Senlis puis présentés au juge des libertés et de la détention, avec des réquisitions de placement en détention provisoire dans l’attente de leur comparution annoncée pour le 4 mai 2026.
