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Hérault : 1,8 million d’euros saisis dans une affaire de fraude présumée aux vins de Châteauneuf-du-Pape

Un dossier de fraude présumée aux appellations viticoles se dirige vers le tribunal judiciaire de Béziers. Dans une enquête conduite par les gendarmes de Pézenas et des agents spécialisés de la DREETS Occitanie, plus de 1,8 million d’euros d’avoirs ont été saisis. Au cœur des investigations : un producteur de l’Hérault soupçonné d’avoir vendu du vin sous l’appellation protégée « Châteauneuf-du-Pape » sans pouvoir en justifier l’origine.

La Gendarmerie nationale a rendu publique cette affaire le 17 octobre 2026. Les faits examinés concernent des vins issus des récoltes de 2020 à 2022. La procédure n’a pas encore été jugée : une audience est annoncée à Béziers, sans date précisée à ce stade.

Un circuit commercial reconstitué par les enquêteurs

Selon les informations publiées par la Gendarmerie nationale, 679,5 hectolitres de vin auraient été soustraits aux contrôles habituels avant de rejoindre une société de négoce également détenue par le producteur. Ces vins étaient ensuite commercialisés en utilisant une appellation d’origine protégée qui ne correspondait pas à leur provenance réelle.

L’enjeu dépasse une simple présentation erronée sur des étiquettes. L’appellation Châteauneuf-du-Pape désigne des vins répondant à des conditions d’origine et de production précises. Faire passer des vins d’une autre provenance sous ce nom modifie la valeur commerciale de la marchandise et trompe potentiellement l’acheteur sur ce qu’il acquiert.

Toujours selon les enquêteurs, un intermédiaire du secteur était chargé de trouver des acheteurs et négociants susceptibles de reprendre ces lots. Le circuit ainsi organisé aurait produit un chiffre d’affaires quatorze fois supérieur à la valeur commerciale initiale du vin. Ce rapport, avancé par la Gendarmerie, éclaire le ressort économique de l’affaire ; il ne constitue pas à lui seul une décision judiciaire.

Une garde à vue en mars, puis des saisies patrimoniales

L’enquête a mobilisé la compagnie de gendarmerie départementale de Pézenas et la brigade d’enquêtes vins et spiritueux de la DREETS Occitanie. Leur travail a conduit à l’interpellation du gérant des sociétés de production et de négoce en mars 2026. D’après le compte rendu officiel, le producteur a reconnu les faits décrits par les investigations. L’intermédiaire aurait, pour sa part, minimisé son rôle.

Les recherches patrimoniales ont ensuite permis d’identifier plusieurs biens et placements. La Gendarmerie annonce notamment la saisie pénale d’un chalet situé à Megève, en Haute-Savoie, estimé à 1,6 million d’euros, ainsi que de placements financiers dont le montant dépasse 220 000 euros. Le communiqué évoque également l’acquisition d’un véhicule haut de gamme et d’un cheval de compétition.

Ces opérations sont des saisies réalisées dans le cadre d’une procédure pénale. Elles ne doivent pas être confondues avec une confiscation définitive ordonnée après jugement. Leur importance permet néanmoins de mesurer l’ampleur financière des investigations menées au-delà des seules bouteilles commercialisées.

La suite se jouera devant la justice à Béziers

La Gendarmerie présente le dossier sous les qualifications de tromperie et d’utilisation frauduleuse d’une appellation d’origine protégée. Le tribunal judiciaire de Béziers doit en être saisi à l’occasion d’une audience annoncée prochainement. Ni la date de cette audience ni une éventuelle décision au fond ne figurent dans la communication du 17 octobre.

Le suivi judiciaire devra donc porter sur la fixation de l’audience, les personnes effectivement poursuivies, les faits retenus et, ensuite, la décision rendue. À ce stade, l’information nouvelle est double : l’ampleur des avoirs saisis et l’annonce d’une prochaine étape devant le tribunal de Béziers.

Dans un autre dossier de fraude économique instruit avec le concours de la Gendarmerie, Le Pandore avait déjà relaté des saisies dans une affaire de TVA en Bretagne. Les deux procédures sont distinctes.

Source : Gendarmerie nationale, Gendinfo, 17 octobre 2026.

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