Série — La première compagnie féminine. Les photographies confiées au Pandore par le SIRPA Gendarmerie ont ravivé les souvenirs des anciennes élèves de Montluçon. La salle de cours, les obstacles, les exercices, mais aussi les chambrées et les amitiés : leurs témoignages redonnent chair aux six mois de formation de la première compagnie entièrement féminine, incorporée en 1983.
« Je faisais partie de cette première compagnie de femmes. Que de souvenirs !!! » Sous notre premier article consacré à cette promotion, une ancienne élève s’est reconnue. Une autre participante a écrit : « Que de souvenirs tout d’un coup en découvrant cette photo. » Les images ont fait ressurgir les premiers mois d’école, les exercices partagés et les visages des camarades.
À Montluçon, l’ouverture devient concrète
Le 10 octobre 1983, la première compagnie entièrement féminine entre à l’école de gendarmerie de Montluçon. Sur les 160 élèves, 154 seront ensuite affectées en unité, rappelle Gendinfo dans son retour sur quarante années de gendarmerie au féminin. Leur incorporation intervient l’année où les corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie s’ouvrent aux femmes.
Cette étape ne fait pas disparaître celles qui avaient déjà servi dans d’autres cadres. L’histoire retracée par l’institution rappelle notamment les emplois administratifs et de soutien antérieurs à 1983. Pour les élèves de Montluçon, cependant, l’ouverture prend une forme immédiate : intégrer une école, suivre la formation et se préparer à rejoindre les unités.

Six mois de formation et de vie collective
Les souvenirs recueillis décrivent une formation exigeante autant qu’une expérience collective. Une ancienne élève évoque les six mois passés à l’école, le camp du Méry, le combat et le parcours du combattant. Elle se rappelle aussi « les soirées entre copines dans les chambrées… une formidable école de la vie! »
Une autre participante cite le camp, les bivouacs, les défilés et les cours. Elle remercie les professeurs et les camarades qui ont accompagné cette période. Son témoignage distingue le travail demandé, l’apprentissage du métier et les liens noués au fil des semaines.
Les archives du SIRPA en montrent plusieurs séquences. Dans une salle de cours, les élèves écrivent sous le regard d’un instructeur. Sur un autre cliché, deux femmes franchissent un obstacle. Une troisième photographie les saisit au cours d’un exercice pratique autour d’une table. Rien de spectaculaire : la formation apparaît dans sa réalité quotidienne, faite de concentration, d’effort et de gestes répétés.
Des pionnières aux promotions suivantes
Les réactions ne viennent pas seulement de la promotion de 1983. Une ancienne élève formée en 1986 se souvient de femmes restées à l’école comme formatrices. Son témoignage montre que, quelques années après cette première incorporation, des femmes transmettaient déjà à leur tour la formation.
Un ancien élève présent à Montluçon en 1983 salue leur courage et leur détermination. Il choisit l’image de la famille pour résumer ce qu’elles ont accompli : « C’est comme dans une fratrie, les aînés font le chemin des petits. »
Une histoire devenue familiale
Un autre commentaire élargit encore le cadre. L’époux de l’une des participantes, lui-même ancien élève, raconte leur rencontre après l’école, leur mariage, puis l’entrée de leurs enfants en formation dans la gendarmerie. L’expérience commencée à Montluçon ne s’est pas arrêtée aux premières affectations : elle a aussi marqué une famille et traversé les générations.
Ces témoignages donnent aux photographies leur profondeur. Ils disent ce que les archives seules ne montrent pas : les camarades que l’on reconnaît plus de quarante ans après, les apprentissages restés en mémoire et les liens prolongés bien au-delà de l’école. Les images fixent un instant de 1983 ; les voix de celles et ceux qui l’ont vécu racontent ce qu’il est devenu.
Photographies : SIRPA Gendarmerie. Extraits de commentaires publiés sous notre premier article, présentés sans identité nominative.