Le 8 octobre 2026, militaires d’active, anciens enquêteurs, autorités judiciaires et institutionnelles et partenaires se sont retrouvés au Musée de Picardie pour célébrer les cinquante ans de la section de recherches d’Amiens. La cérémonie a permis de retracer l’évolution de cette unité de police judiciaire, créée en 1976, et de rappeler quelques-unes des enquêtes qui ont marqué son histoire.
Des débuts modestes en 1976
À sa création, la section de recherches s’installe dans une caserne issue de l’ancien couvent des Ursulines. Les moyens sont alors limités, autour d’une équipe resserrée et d’un parc automobile modeste, dont une Renault 4L. Dans l’Oise, la proximité du bassin parisien confronte rapidement les enquêteurs à une délinquance violente et mobile, tandis que l’unité doit encore gagner la confiance de certains partenaires judiciaires.
Les années 1980 et 1990 voient la SR se structurer et affirmer son expertise. La circulaire 32 500 de 1986 contribue à faire évoluer les pratiques de police judiciaire en gendarmerie : gel des scènes de crime, développement des techniciens en identification criminelle et coordination renforcée avec les magistrats. En 1995, l’affaire dite « Métaux 80 » aboutit notamment à 39 interpellations après plusieurs mois d’enquête. En 1986, une opération menée avec le GIGN à Longpré-les-Corps-Saints permet également l’arrestation de braqueurs dangereux ; le capitaine Bruno Carmichael est blessé pendant l’intervention.
L’évolution des méthodes d’enquête
À partir des années 2000, l’ADN, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques et l’analyse criminelle transforment les méthodes. Les enquêteurs s’appuient progressivement sur les écoutes, les dispositifs de surveillance et les outils d’analyse pour traiter des dossiers plus complexes.
Depuis 2010, la section est organisée en divisions spécialisées : atteintes aux personnes, atteintes aux biens, et délinquance économique et financière. Parmi les dossiers rappelés lors de cet anniversaire figurent la résolution, en 2019, du meurtre d’Isabelle Mesnage commis en 1986, le démantèlement en 2020 d’un réseau de contrefaçon de cigarettes lié à la criminalité russophone avec l’OCLDI et le GIR, ainsi que les enquêtes récentes sur des séquestrations motivées par le vol de cryptoactifs.
Transmettre l’expérience
La SR d’Amiens compte aujourd’hui 40 % de femmes. Au-delà des progrès techniques, la cérémonie a insisté sur la transmission entre générations d’enquêteurs. Le colonel Julien Jourdan, commandant la section, a rappelé que l’engagement et la détermination à identifier les auteurs et à rendre justice aux victimes demeurent le fil conducteur de l’unité.
