Les élections sénatoriales du 27 septembre 2026 ont renouvelé 178 des 348 sièges du Sénat. Le scrutin, organisé au suffrage universel indirect dans 63 départements et pour six sièges représentant les Français établis hors de France, confirme le poids de la droite et du centre au Palais du Luxembourg, tout en faisant apparaître plusieurs évolutions : progression du Rassemblement national et de ses alliés, entrée de La France insoumise et renouvellement de plusieurs figures.
178 sièges renouvelés pour un mandat de six ans
Le renouvellement concernait la série 2 du Sénat. Les nouveaux élus sont entrés en fonction le 1er octobre 2026. Selon le bilan officiel du Sénat, 178 sièges étaient à pourvoir, 39 % des sénateurs élus sont des femmes et 67 % des sièges ont été attribués à la représentation proportionnelle.
Le scrutin sénatorial reste une élection particulière : les citoyens ne votent pas directement. Les sénateurs sont désignés par un collège de grands électeurs composé très majoritairement d’élus et de délégués municipaux. Les maires, adjoints et représentants des conseils municipaux constituent ainsi l’essentiel du corps électoral.
Qui a obtenu les 178 sièges ?
Les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur permettent de répartir les élus selon les nuances attribuées aux candidats ou aux listes. Cette photographie ne doit pas être confondue avec la composition définitive des groupes parlementaires du Sénat, chaque sénateur pouvant ensuite rejoindre, être apparenté ou être rattaché à un groupe.
Sur les 178 sièges renouvelés, les principales nuances sont les suivantes : 46 élus divers droite, 34 Les Républicains, 21 divers centre, 15 divers gauche, 13 issus de listes d’union de la gauche, 9 socialistes, 6 issus de listes d’union de la droite et 6 de listes d’union du centre. Le Rassemblement national obtient directement 5 sièges, auxquels s’ajoutent 4 élus de listes d’union classées à l’extrême droite et 2 élus UDR. Horizons obtient 4 sièges, le PCF 2, Les Écologistes 2, l’UDI 2, tandis que Renaissance, La France insoumise, le Parti radical et le Parti radical de gauche obtiennent chacun un siège sous leur nuance propre.
La liste complète des élus est disponible dans les résultats nationaux du ministère de l’Intérieur.
La droite et le centre conservent le contrôle du Sénat
Au-delà des nuances électorales, le principal enseignement politique est la stabilité de la majorité sénatoriale formée autour de la droite et du centre. Les Républicains demeurent la première force du Sénat et leurs alliés centristes conservent un poids déterminant. Le scrutin marque toutefois une évolution avec l’arrivée d’un nombre suffisant d’élus RN et alliés pour permettre la constitution annoncée d’un groupe parlementaire, sous réserve de sa formalisation selon les règles du Sénat.
Autre nouveauté : Gabriel Amard, élu dans le Rhône sous la nuance La France insoumise, fait entrer LFI au Sénat. Plusieurs députés ont également changé de chambre à l’occasion du scrutin, parmi lesquels Valérie Bazin-Malgras, Loïc Kervran, Christophe Plassard, Sylvie Josserand, Edwige Diaz, Manon Bouquin et Frank Giletti.
Dans l’Hérault : deux élus de l’union de la gauche, un divers droite et une élue RN
Dans l’Hérault, quatre sièges étaient à pourvoir. Hussein Bourgi et Julie Frêche ont été élus sur une liste d’union de la gauche, Joseph Francis sous la nuance divers droite et Manon Bouquin sous l’étiquette Rassemblement national. Ce résultat donne une représentation politiquement partagée du département au Palais du Luxembourg.
Gendarmerie, police et réserves : ce que montre le renouvellement
Le Pandore a vérifié spécifiquement les parcours liés aux forces de sécurité parmi les profils signalés pendant ce renouvellement. Il faut distinguer trois situations : les anciens militaires ou policiers de carrière, les réservistes opérationnels et les membres de la réserve citoyenne. Une appartenance à une réserve ne signifie pas avoir exercé comme gendarme ou policier professionnel.
Dans les Alpes-Maritimes, Henri Leroy, dont la profession est officiellement indiquée par le Sénat comme « officier de gendarmerie », était sénateur depuis 2017. Candidat en troisième position sur la liste conduite par Laurent Castillo, il n’a pas été réélu : la liste a obtenu deux sièges. Son mandat a donc pris fin le 30 septembre 2026.
Dans le Calvados, Pascal Allizard, qui avait déclaré au Sénat appartenir à la réserve citoyenne de la Gendarmerie depuis 2009 et y avoir atteint le grade de colonel, ne se représentait pas lors de ce renouvellement. Son mandat s’est également achevé à l’issue de la série 2020-2026.
Dans l’Ain, Thibault Dumas, candidat Reconquête, se présentait publiquement comme ancien policier et ancien sapeur-pompier volontaire. Sa liste n’a obtenu aucun siège. À ce stade de notre vérification des biographies publiques des 178 élus, nous n’avons pas identifié de nouvel élu du 27 septembre dont l’élection puisse être présentée de manière certaine comme celle d’un ancien gendarme ou d’un ancien policier de carrière. Cette mention sera complétée si les biographies officielles publiées après l’installation des nouveaux sénateurs font apparaître d’autres parcours dans la Gendarmerie, la Police nationale ou leurs réserves.
Le sujet n’est pas anecdotique pour la représentation des forces de sécurité. Les réserves constituent un vivier très large : la Gendarmerie nationale indique compter plus de 40 000 personnels dans sa réserve opérationnelle en 2026, auxquels s’ajoute la réserve citoyenne de défense et de sécurité.
Une nouvelle composition qui s’installe au Palais du Luxembourg
Les sénateurs élus le 27 septembre ont pris leurs fonctions le 1er octobre. La répartition par groupes politiques se stabilise après les déclarations d’appartenance, d’apparentement ou de rattachement. Le Sénat rappelle qu’un groupe doit compter au moins dix membres : les résultats électoraux par parti ou nuance ne correspondent donc pas mécaniquement aux effectifs des groupes parlementaires.
Ce renouvellement conserve ainsi les grands équilibres de la Haute Assemblée tout en faisant entrer de nouvelles forces et de nouveaux élus. Pour Le Pandore, la nouvelle législature sénatoriale sera également à suivre à travers les parlementaires travaillant sur la sécurité intérieure, la Gendarmerie, la Police nationale, la justice, la défense et les réserves.
Photo d’illustration : palais du Luxembourg, siège du Sénat. Crédit : DXR / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
