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Affaire Lyhanna : Le Pandore saisit les parlementaires et appelle à la prudence ainsi qu’à la recherche de la vérité

L’émotion suscitée par le drame de la jeune Lyhanna est immense. Plus encore : Elle est légitime. Comme l’ensemble des Français, la rédaction du Pandore s’associe à la douleur de sa famille et souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à cette tragédie.

Alors que les investigations se poursuivent, de nombreuses interrogations demeurent sur le traitement des signalements, les informations détenues par les différents acteurs concernés et les décisions prises avant le passage à l’acte du principal suspect.

Dans le même temps, plusieurs publications et commentaires publics évoquent déjà de possibles responsabilités institutionnelles. Certains articles laissent notamment entendre que des militaires de la Gendarmerie nationale auraient disposé d’informations suffisantes pour empêcher l’irréparable.

À ce stade pourtant, aucune enquête n’a permis d’établir l’ensemble des faits, des informations effectivement disponibles, des décisions prises ou des marges d’action réelles dont disposaient les différents intervenants.

Ces derniers jours, plusieurs organisations représentatives du monde judiciaire ont rappelé qu’il serait inacceptable que les personnels de justice deviennent les boucs émissaires d’un drame dont toutes les circonstances n’ont pas encore été établies.

Le Pandore ne peut que souscrire à ce principe.

Dans un État de droit, aucune institution ne devrait être désignée comme responsable avant que les faits soient connus, analysés et établis. Mais cette exigence ne saurait être réservée à la seule institution judiciaire.

Car pendant que certains rappellent, à juste titre, que magistrats et personnels de justice ne doivent pas servir de boucs émissaires, d’autres commentaires et publications semblent déjà orienter le débat vers une responsabilité de gendarmes ou de la Gendarmerie nationale.

La question mérite donc d’être posée. Si la Justice ne doit pas devenir le fusible d’un drame national, pourquoi la Gendarmerie devrait-elle l’être ?

Les gendarmes ont droit à la même prudence, à la même présomption de sérieux et à la même exigence de vérité que l’ensemble des autres institutions de la République.

Cela ne signifie pas qu’aucune responsabilité ne puisse exister. Si des fautes ont été commises, elles devront être identifiées. Si des erreurs ont été commises, elles devront être reconnues afin d’éviter à l’avenir qu’un tel drame ne puisse se reproduire, c’est une exigence simple, fondamentale même. Mais elles devront l’être sur la base des conclusions des enquêtes et non à travers des hypothèses ou des reconstructions prématurées de la part de médias qui ne cherchent par là, qu’à favoriser les « clics ».

Parce que la recherche de la vérité mérite mieux que des conclusions hâtives, la rédaction du Pandore a décidé de saisir les membres de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées ainsi que ceux de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale.

Les parlementaires ont été invités à se prononcer sur une question simple : comment garantir que toute la lumière soit faite sur cette affaire sans qu’une institution ou ses personnels ne soient désignés comme responsables avant l’achèvement des enquêtes judiciaires, administratives et institutionnelles ?

Les réponses qui seront reçues feront l’objet d’une publication afin de permettre à nos lecteurs de connaître la position de leurs représentants sur cette question.

Dans une affaire aussi grave, la recherche de la vérité demeure la seule voie permettant d’établir les responsabilités réelles, quelles qu’elles soient. La Gendarmerie nationale et ses personnels ne peuvent être les fusibles d’un drame dont toutes les responsabilités restent encore à déterminer.

Le Pandore continuera à suivre cette affaire avec vigilance, dans le respect des victimes, de leurs proches, mais également de l’exigence fondamentale qui doit guider toute démocratie : la vérité avant le jugement.

Jérémy ARMANTE
Directeur de publication
Le Pandore et la Gendarmerie

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