Le Pandore et la Gendarmerie

Deux mois après sa création, la brigade d’Autrey-lès-Gray saisit avec l’OFB un caïman et dix autres animaux

Caïman à lunettes saisi à Gray. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.

Créée le 1er juillet, la brigade territoriale d’Autrey-lès-Gray a mené, avec l’Office français de la biodiversité de la Haute-Saône, une perquisition au domicile d’un couple de Gray. Déclenchée après un signalement de la SPA, l’enquête a conduit à la saisie de dix reptiles et d’un chien de prairie.

Un caïman à lunettes, un iguane vert, deux tégus, trois boas constricteurs, un python royal et deux tortues : cet inventaire peu ordinaire est celui dressé le 3 septembre au domicile d’un couple résidant à Gray, en Haute-Saône. À ces dix reptiles s’ajoutait un chien de prairie, un rongeur originaire d’Amérique du Nord.

L’opération a été déclenchée à 7 h 30 par les militaires de la brigade territoriale mobile d’Autrey-lès-Gray, en cosaisine avec les agents de l’Office français de la biodiversité. Selon le communiqué diffusé par la Gendarmerie nationale, les onze animaux étaient détenus en dehors du cadre réglementaire.

Des gendarmes présentent un tégu saisi lors de l’opération menée à Gray
Un tégu saisi lors de l’opération menée à Gray. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.

Une enquête ouverte après un signalement de la SPA

Le dossier avait débuté cinq mois plus tôt. En avril 2026, la Société protectrice des animaux avait adressé un signalement à la brigade de gendarmerie de Gray. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Vesoul avait alors ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à la Gendarmerie avec l’appui technique de l’OFB.

La perquisition a été menée conjointement par la Gendarmerie et l’OFB. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.

Les investigations ont porté sur les conditions d’acquisition et de détention des animaux. D’après la Gendarmerie nationale, le couple avait acquis plusieurs reptiles soumis à déclaration sans accomplir les obligations légales correspondantes et ne disposait pas des qualifications requises pour les détenir.

La détention d’animaux d’espèces non domestiques obéit à plusieurs régimes selon l’espèce, le nombre de spécimens et les risques concernés. Le ministère de la Transition écologique rappelle que l’absence des autorisations exigées pour certaines espèces peut constituer une infraction pénale. Dans l’affaire de Gray, les qualifications judiciaires précises susceptibles d’être retenues n’ont toutefois pas encore été communiquées.

Plusieurs serpents figuraient parmi les dix reptiles saisis. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.

Six reptiles transférés dans un refuge spécialisé

Six des dix reptiles ont été confiés au Refuge de Kaa, à Barlin, dans le Pas-de-Calais, une structure spécialisée dans l’accueil des reptiles abandonnés, trouvés ou saisis par l’administration. Le chien de prairie a, pour sa part, été pris en charge par le parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes, en Moselle.

L’iguane vert découvert lors de la perquisition. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.
L’un des boas saisis au domicile du couple. Crédit photo : SIRPA Gendarmerie.

Une unité territoriale créée le 1er juillet

L’opération intervient alors que la brigade d’Autrey-lès-Gray vient tout juste d’être créée. Un arrêté du ministère de l’Intérieur du 26 mai 2026 a fixé sa création au 1er juillet, avec une circonscription comprenant notamment Gray. À peine deux mois après son entrée administrative en service, la nouvelle unité se retrouve ainsi engagée dans une enquête mêlant police judiciaire et protection de la biodiversité.

L’audition du couple doit intervenir ultérieurement. L’enquête préliminaire se poursuit sous l’autorité du procureur de la République de Vesoul.

Source : SIRPA Gendarmerie, communiqué du 8 septembre 2026. Crédit photos : SIRPA Gendarmerie. Toute demande de reproduction des photographies doit être adressée directement au SIRPA Gendarmerie.

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