Laurent Nuñez sera entendu ce mercredi 7 octobre 2026 à 15 heures par la commission des lois de l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Intérieur doit répondre sur la gestion de l’ordre public après les récentes mobilisations lycéennes et sur la protection des personnes face aux violences et aux dégradations commises autour de certains rassemblements.
Une audition centrée sur la réponse du ministère de l’Intérieur
L’ordre du jour publié par la commission des lois confirme cette double orientation. Les députés ne doivent pas seulement revenir sur le nombre de policiers et de gendarmes déployés : ils pourront examiner la manière dont les opérations ont été préparées, commandées et adaptées à des rassemblements réunissant de nombreux mineurs.
Cette audition complète celle d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, organisée le même jour par la commission des Affaires culturelles. Là où la première séquence porte sur les établissements, le dialogue avec les élèves et la protection des personnels éducatifs, l’intervention de Laurent Nuñez doit éclairer la doctrine de maintien de l’ordre et la coordination entre préfectures, forces de sécurité et autorités scolaires.
356 établissements perturbés et 625 interpellations le 30 septembre
Le pic du mouvement a été atteint le mercredi 30 septembre. Ce jour-là, 356 lycées ont été touchés par des perturbations et Laurent Nuñez a annoncé 625 interpellations, après 440 la veille. La majorité des personnes arrêtées étaient mineures. Des incendies, des tirs de mortiers, des dégradations et des attaques contre des agents publics ont été signalés dans plusieurs villes.
Le bilan communiqué par le gouvernement faisait également état de 83 policiers et gendarmes blessés en une journée, sans répartition entre les deux forces. Sept attaques ou tentatives d’attaque à l’acide chlorhydrique contre les forces de l’ordre ont été rapportées. Dans le même temps, 32 élèves ou membres de l’Éducation nationale ont été blessés.
Ces chiffres expliquent pourquoi la crise a rapidement dépassé la seule question des blocages scolaires. Le dispositif devait préserver l’accès aux établissements pour les élèves qui souhaitaient suivre les cours, protéger les personnels, empêcher les dégradations et intervenir lorsque des violences étaient commises, tout en tenant compte de l’âge d’une grande partie des participants.
Le Pandore détaille dans un article distinct le bilan humain et les réponses annoncées par l’Éducation nationale, notamment la demi-journée de dialogue organisée dans les lycées à partir du 7 octobre.
Emploi de la force et protection des personnes
L’audition doit permettre de distinguer plusieurs questions. La première concerne le calibrage des forces autour des établissements et la répartition des missions entre sécurisation, maintien à distance des groupes violents et interpellations. La deuxième porte sur la circulation de l’information entre chefs d’établissement, rectorats, maires, préfectures et services de police ou de gendarmerie.
Les députés pourront également revenir sur les conditions d’emploi de la force. Trois enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale après des blessures de jeunes à Sevran, Saint-Ouen-l’Aumône et Tours. Leur existence ne préjuge pas de leurs conclusions, mais place le contrôle des interventions parmi les sujets que le ministre devra documenter.
L’autre volet annoncé par la commission concerne la protection des personnes face aux violences et aux dégradations commises au cours des rassemblements. Cette formulation englobe les personnels des établissements, les élèves, les riverains et les membres des forces de sécurité. Elle conduit aussi à interroger la réponse judiciaire donnée aux faits commis, sans confondre l’arrestation sur le terrain avec les décisions prises ensuite par les magistrats.
Une réunion publique diffusée par l’Assemblée
La commission des lois confirme l’audition de Laurent Nuñez le 7 octobre à 15 heures. La réunion doit être diffusée en direct sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale puis rester accessible à la demande.
Cette publicité permettra de vérifier les chiffres actualisés, les explications du ministre sur les choix opérationnels et les engagements éventuellement annoncés devant les députés. Elle devra aussi permettre de séparer les faits établis pendant les journées de mobilisation des débats politiques sur la réponse apportée par l’État.
