Les violences commises en marge du mouvement lycéen dans l’Oise ont désormais une traduction judiciaire précise. Depuis le début des rassemblements, 112 personnes ont été interpellées par les policiers et les gendarmes, 98 ont été placées en garde à vue et 85 ont déjà fait l’objet d’une décision judiciaire. Surtout, les forces de l’ordre ont payé directement le prix de ces tensions : sept gendarmes et deux policiers ont été agressés au cours des manifestations.
Ce bilan, communiqué par les autorités dans le département et rapporté par L’Observateur de Beauvais, concerne les incidents qui ont accompagné la mobilisation lycéenne au début du mois d’octobre. Les procédures sont suivies sous l’autorité des parquets de Beauvais, Compiègne et Senlis.
Sept gendarmes et deux policiers agressés
Dans l’Oise, les premiers jours de mobilisation avaient été marqués par des rassemblements limités. La situation s’est nettement tendue les 1er et 2 octobre. Selon le bilan préfectoral, douze établissements ont été concernés le jeudi 1er octobre, avec près de 1 800 manifestants. Un niveau comparable a été enregistré le lendemain.
Les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir à plusieurs reprises pour empêcher ou lever des blocages. Les autorités indiquent qu’aucun lycée n’a été durablement bloqué : les opérations de déblocage ont d’abord privilégié le dialogue, avant le recours à la force lorsque celui-ci échouait.
Au cours de ces épisodes, deux policiers et sept gendarmes ont été agressés et légèrement blessés. Un membre de l’Éducation nationale a également été agressé. Pour Le Pandore, ce bilan rappelle une réalité déjà observée dans d’autres dossiers récents : les mobilisations lycéennes ne se limitent plus toujours à des blocages d’établissements et peuvent déboucher sur des violences directement dirigées contre les personnels chargés de rétablir l’ordre. Un autre dossier récent, à Guebwiller, avait déjà illustré la rapidité avec laquelle une attaque contre des gendarmes peut trouver une réponse judiciaire.
Treize mineurs devant le juge des enfants
La réponse judiciaire a été engagée rapidement. Sur les 112 personnes interpellées, 98 ont été placées en garde à vue. Les tribunaux de Beauvais, Senlis et Compiègne ont déjà rendu 85 décisions dans les procédures issues de ces violences.
Parmi les personnes poursuivies, treize mineurs ont été présentés à un juge des enfants à l’issue de leur garde à vue. Plusieurs ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement.
Les trois procureurs du département ont également rappelé l’instruction donnée par le ministère de la Justice le 2 octobre : lorsque des dégradations sont commises par des mineurs, la responsabilité civile des parents peut être recherchée afin d’obtenir la réparation des dommages causés.
Une réponse judiciaire suivie de près
Le nombre d’interpellations et la présentation de treize mineurs devant la justice donnent à ce dossier une dimension qui dépasse le seul maintien de l’ordre autour des établissements scolaires. Pour les gendarmes et policiers engagés sur le terrain, la question centrale reste celle de la réponse apportée aux violences dont ils ont été la cible.
Le Pandore suivra les audiences et les décisions à venir, notamment pour les mineurs placés sous contrôle judiciaire, afin de distinguer les mesures provisoires prises à ce stade des jugements définitifs.
