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Refus d’obtempérer : 28 200 faits en 2025 (+10 %), les formes aggravées bondissent de 16 %

Véhicule de gendarmerie endommagé lors d’un refus d’obtempérer dans le Finistère en décembre 2025. Photographie d’archive.

Photographie d’archive : l’un des véhicules endommagés dans le Finistère en décembre 2025. © Gendarmerie nationale. Recadrage au format 16:9.

Les refus d’obtempérer ne reculent plus. En 2025, les forces de sécurité intérieure ont enregistré 28 200 refus d’obtempérer routiers, soit une hausse de 10 % sur un an. Les formes aggravées ont progressé de 16 %, selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Côté Gendarmerie, le dernier chiffre national publié concernant les militaires blessés à la suite de refus d’obtempérer reste celui de 2024 : 219 blessés. Le Pandore a décidé de suivre ces dossiers au-delà des premières heures, jusqu’aux suites judiciaires.

Au total, 36 900 délits de refus de contrôle routier ont été enregistrés en 2025, dont 28 200 refus d’obtempérer routiers. Après plusieurs années de léger reflux, la tendance est repartie à la hausse : +10 % pour les refus d’obtempérer et +16 % pour les formes aggravées. La Gendarmerie rappelle par ailleurs qu’en zone gendarmerie, le phénomène a progressé de 50 % en dix ans et représente en moyenne près de 13 000 délits par an.

2025 : 28 200 refus d’obtempérer, une nette remontée

Le chiffre national le plus récent disponible pour le phénomène lui-même est désormais celui de 2025 : 28 200 refus d’obtempérer routiers enregistrés par la police et la gendarmerie. Le chiffre de 219 militaires blessés à la suite de refus d’obtempérer en 2024 reste, lui, le dernier total national publié par la Gendarmerie pour les blessés.

Ce chiffre doit être replacé dans un ensemble plus large : la Gendarmerie a comptabilisé 9 995 militaires blessés en service en 2024. Tous ces cas ne relèvent évidemment pas des refus d’obtempérer, mais ils donnent la mesure du poids des blessures en service dans la vie de l’institution. À ce stade, aucun bilan national consolidé 2026 des refus d’obtempérer n’a encore été publié par le SSMSI.

2026 : pas encore de bilan national, mais des signaux locaux

Les données disponibles en 2026 restent encore partielles. Dans la Loire, la préfecture a fait état d’une hausse de 27,59 % des refus d’obtempérer au premier semestre 2026. Début septembre, trois gendarmes ont été blessés à Lézigneux au cours d’une intervention liée à un refus d’obtempérer. Ces données locales ne peuvent pas être extrapolées à l’ensemble du territoire, mais elles montrent que le sujet reste pleinement d’actualité.

Des blessures, puis des procédures qui continuent

Le sujet ne s’arrête pas à l’interpellation. Lorsqu’un conducteur percute volontairement ou non un militaire, plusieurs questions judiciaires se succèdent : qualification des faits, détention provisoire ou contrôle judiciaire, expertise, instruction, renvoi devant une juridiction, jugement, puis éventuellement appel ou pourvoi.

Dans les Vosges, deux motocyclistes de la Brigade motorisée de Remiremont ont été blessés le 25 décembre 2025 lors d’un refus d’obtempérer. L’un des militaires a subi une fracture tibia-péroné nécessitant une intervention chirurgicale. Le conducteur a ensuite été interpellé et mis en examen pour tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique et refus d’obtempérer, selon Gendinfo.

Dans le Finistère, cinq militaires avaient été blessés dans la nuit du 27 au 28 décembre 2025. Trois hommes ont été déférés puis jugés en comparution immédiate. Le conducteur a été condamné à quatre ans de prison pour violences avec arme sur militaires de la Gendarmerie, tandis que les deux passagers ont également été condamnés.

Le Pandore ouvre un suivi des gendarmes blessés

La difficulté, pour une rédaction comme pour les lecteurs, est que ces affaires disparaissent souvent de l’actualité après les premières heures. L’interpellation est annoncée, le militaire est hospitalisé, puis le calendrier judiciaire devient beaucoup moins visible.

Le Pandore a donc décidé de suivre dans la durée les dossiers dans lesquels des gendarmes ont été blessés par un tiers : refus d’obtempérer, agressions, accidents provoqués ou interventions hors service. Notre précédent suivi d’un refus d’obtempérer dans les Landes illustre cette logique de suivi judiciaire. L’objectif est de retrouver les dates d’audience, les décisions, les renvois et les recours afin de ne pas abandonner ces dossiers après le premier article.

Plusieurs affaires sont déjà en cours de vérification, notamment des dossiers dans lesquels la date d’audience ou l’état exact de l’instruction n’est pas encore public. Ces informations feront l’objet de mises à jour distinctes lorsqu’elles pourront être confirmées.

Un sujet opérationnel autant que judiciaire

La Gendarmerie souligne que les techniques d’intervention et les équipements ont évolué pour réduire l’exposition des militaires. Mais la persistance d’un niveau élevé de refus d’obtempérer maintient un risque important pour les personnels.

Le sujet est donc à la fois opérationnel, humain et judiciaire : comment intercepter sans exposer inutilement les militaires, comment accompagner les blessés et leurs familles, et comment la justice qualifie-t-elle les faits lorsqu’un conducteur utilise son véhicule contre un gendarme ?

Sources : SSMSI – Interstats, données 2025 publiées le 17 juin 2026 ; Gendarmerie nationale – Gendinfo, 30 décembre 2025 ; données locales 2026 communiquées par la préfecture de la Loire et reprises par la presse locale ; suivi judiciaire Le Pandore.

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