Site icon Le Pandore et la Gendarmerie

Affaire Jubillar : ce que la reconstitution du 2 octobre doit permettre de vérifier

Portrait d’archive de Delphine Jubillar, diffusé par la Gendarmerie du Tarn, dans le visuel consacré à la reconstitution annoncée le 2 octobre 2026.

Portrait d’archive diffusé en 2020 : © Gendarmerie du Tarn. Composition : Le Pandore et la Gendarmerie.

Cédric Jubillar doit revenir à Cagnac-les-Mines et dans le secteur de Mailhoc, dans le Tarn, ce vendredi 2 octobre 2026. La nouvelle reconstitution est annoncée à partir de 9 h 30. Après les aveux de l’été, la justice entend confronter son récit aux lieux, aux gestes et aux constatations des enquêteurs. Les fouilles complémentaires menées les 30 septembre et 1er octobre viennent de se terminer ; elles ne doivent pas être confondues avec cette reconstitution, organisée avant le procès en appel.

Revenir sur les lieux pour éprouver le récit

La date du 2 octobre à 9 h 30, initialement révélée par Le Parisien, a été confirmée à RTL par l’avocat de Cédric Jubillar. L’accusé doit être replacé dans les lieux où il dit avoir tué son épouse, puis dissimulé son corps. La reconstitution doit permettre de vérifier son enchaînement des faits, et non de tenir ses seules déclarations pour une explication complète.

À Cagnac-les-Mines, le quartier du domicile du couple a été sécurisé dès le jeudi 1er octobre. Des barrières et des patrouilles de gendarmes ont été constatées sur place par La Dépêche du Midi. Ce déploiement préparatoire ne signifie pas que la reconstitution a déjà eu lieu.

À Mailhoc, des recherches distinctes de la reconstitution

Les nouvelles fouilles ont débuté le 30 septembre dans des parcelles du secteur de Mailhoc qui n’avaient pas encore été vérifiées. Elles se sont achevées le jeudi 1er octobre dans l’après-midi, selon La Dépêche du Midi. Le journal rapporte la découverte d’ossements, dont certains ont été envoyés pour analyse. Leur attribution à Delphine n’est pas établie dans les informations consultées : cette découverte ne doit pas être présentée comme une nouvelle identification.

Le dispositif de gendarmerie annoncé

Pour les fouilles engagées le 30 septembre, le dispositif rapporté par RTL comprend deux escadrons de gendarmerie mobile, une trentaine de militaires du groupement de gendarmerie départementale du Tarn et une dizaine d’enquêteurs de la section de recherches de Toulouse et de l’UNPJ. Ces moyens concernent cette séquence de recherches ; ils ne constituent pas, à eux seuls, le décompte des effectifs de la reconstitution du 2 octobre.

Ces recherches prolongent les investigations de l’été : une partie seulement des restes de Delphine a été retrouvée en juillet. Le travail se poursuit sur le terrain pendant que la justice prépare la confrontation des déclarations de Cédric Jubillar avec les éléments matériels du dossier. Le Pandore a détaillé le dispositif annoncé par le SIRPA le 30 septembre.

Une nouvelle étape après les aveux de l’été

Cette reconstitution intervient après un tournant majeur dans une affaire suivie depuis plusieurs années par Le Pandore et la Gendarmerie. En juillet 2026, Cédric Jubillar, condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle, a reconnu sa responsabilité dans la mort de son épouse. Ses indications ont ensuite conduit les enquêteurs vers un site du Tarn où des ossements attribués à Delphine Aussaguel ont été retrouvés puis identifiés.

Le 22 juillet, dans une publication officielle de l’UNPJ consacrée à l’enquête, le colonel Patrick Pégeot, chef de sa division des opérations, expliquait que les experts de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) avaient identifié l’ADN de Delphine malgré le mauvais état des ossements. Le dossier comptait alors près de 15 000 actes de procédure. L’enquête devait encore vérifier les déclarations de son mari : l’identification des restes n’a pas mis fin aux investigations.

Une première reconstitution en décembre 2022

Le 13 décembre 2022, une première reconstitution judiciaire avait déjà mobilisé un important dispositif de gendarmerie à Cagnac-les-Mines. Le Pandore avait alors consacré un article au déploiement d’une centaine de gendarmes autour du domicile du couple.

Depuis, le dossier a profondément évolué : condamnation en première instance en octobre 2025, changement de défense, aveux de l’été 2026, découverte d’ossements puis report du procès en appel.

Un procès en appel fixé au printemps 2027

Le procès en appel de Cédric Jubillar est annoncé du 30 avril au 14 mai 2027 devant la cour d’assises d’appel de Haute-Garonne, à Toulouse.

Interrogée par notre rédaction le 28 septembre, la cour d’appel de Toulouse a indiqué ne pas pouvoir confirmer la date ni communiquer les modalités de la reconstitution, en invoquant le secret de l’enquête et de l’instruction. Elle a précisé : « aucun accès ne sera ouvert à la presse ». La confirmation obtenue par RTL auprès de la défense ne doit donc pas être présentée comme une réponse de la cour au Pandore.

Pourquoi cette reconstitution compte

Après les aveux, l’enjeu n’est plus seulement de recueillir une version : il s’agit de vérifier si les gestes, déplacements et horaires décrits sont compatibles avec les éléments matériels du dossier. C’est précisément ce que doit permettre cette nouvelle séquence judiciaire.

Sur place, une reconstitution permet de remettre un récit à l’épreuve de distances, de lieux et d’un enchaînement de faits. Dans ce dossier, elle s’ajoute aux recherches de restes et aux analyses déjà menées par les gendarmes. Ces nouveaux éléments doivent alimenter les débats du second procès, près de six ans et demi après la disparition de Delphine.

Exit mobile version