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Polynésie : scandale environnemental majeur mis au jour par la justice

Le parquet de Papeete a engagé une action judiciaire d’envergure face à des atteintes graves et durables portées à l’environnement dans la vallée de la Punaru’u. À la suite de plaintes et de signalements concordants, une enquête judiciaire a été ouverte en octobre 2023 pour des faits présumés de traitement illicite de déchets. Cette enquête a été confiée conjointement à l’antenne de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) de Papeete et au Groupe interministériel de recherches (GIR) de la gendarmerie en Polynésie française.

Les premières investigations ont permis d’identifier deux personnes soupçonnées d’avoir exploité, sans aucune autorisation administrative, un centre d’enfouissement de déchets. Les conditions d’exploitation de ces sites auraient entraîné des pollutions significatives du milieu naturel, portant atteinte aux sols, aux eaux et à l’écosystème de la vallée.

Plus de 100.000 mètres cubes de déchets

Le 27 mars 2024, une première opération judiciaire a conduit à l’interpellation et au placement en garde à vue de ces deux exploitants. Les auditions et les investigations techniques ont révélé l’ampleur exceptionnelle du trafic. Les enquêteurs ont identifié formellement 684 clients de cette décharge illicite, principalement des entreprises du secteur du BTP. Au total, 101 413 mètres cubes de déchets de toutes catégories ont été enfouis, soit l’équivalent de plus de 40 piscines olympiques. L’enquête a également mis en évidence l’enfouissement de 124 véhicules hors d’usage sans aucune mesure de protection environnementale. Le bénéfice financier tiré de cette activité illégale a été évalué à au moins 260 millions de francs pacifiques.

Une seconde phase de l’enquête s’est concentrée sur les entreprises clientes les plus impliquées. Six sociétés ont été identifiées comme ayant utilisé, en connaissance de cause, cette filière illégale afin d’échapper aux coûts plus élevés des circuits de traitement autorisés. Les gains indûment réalisés par ces entreprises ont été précisément chiffrés.

Les 14 et 15 janvier 2026, une vaste opération judiciaire a été déclenchée. Huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue : les deux exploitants des sites et les six représentants légaux des entreprises du BTP concernées. Parallèlement, le parquet de Papeete a ordonné la saisie de près de 197 millions de francs pacifiques sur les comptes bancaires des mis en cause, marquant une étape décisive dans ce dossier emblématique de la lutte contre la criminalité environnementale.

Rédigé par pandore

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