La gendarmerie nationale a porté un coup majeur à une organisation criminelle spécialisée dans le vol et le recel de bijoux en or. Après près de deux années d’enquête judiciaire pilotée par un juge d’instruction du tribunal judiciaire d’Avignon, vingt personnes ont été interpellées dans plusieurs départements français ainsi qu’en Belgique. Les investigations ont conduit à la saisie de plusieurs millions d’euros d’avoirs criminels.
Une filière structurée alimentée par des cambriolages haut de gamme
L’affaire débute en 2024 lorsque les gendarmes de la Section de recherches de Marseille et de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) identifient un receleur d’or installé dans la région d’Avignon. Rapidement, les enquêteurs soupçonnent l’existence d’une véritable filière d’acheminement de bijoux volés vers la Belgique.
Sous l’autorité du parquet d’Avignon, une cellule nationale d’enquête est constituée. Elle regroupe les militaires de la SR de Marseille, de l’antenne OCLDI de Toulouse ainsi que les gendarmes du groupement départemental du Vaucluse.
Les investigations permettent alors de mettre au jour une organisation particulièrement structurée. Des équipes de cambrioleurs originaires de pays de l’Est ciblaient des résidences aisées sur l’ensemble du territoire national afin de dérober bijoux et objets précieux. Les biens volés étaient ensuite récupérés par un receleur chargé de les faire fondre avant leur transport vers la Belgique sous forme de lingots.
Dix-huit mois d’investigations et des millions d’euros saisis
Au printemps 2025, une information judiciaire est ouverte. Une coopération avec les autorités belges est alors mise en place avant la création d’une équipe commune d’enquête via Eurojust en octobre 2025.
Pendant dix-huit mois, les gendarmes multiplient les surveillances physiques, les recoupements techniques et les analyses criminelles. Les enquêteurs identifient notamment une quarantaine de trajets vers la Belgique destinés à écouler les bijoux dérobés.
Les investigations démontrent également que les revenus issus des cambriolages étaient blanchis à travers des investissements immobiliers ainsi que l’achat de produits de luxe, notamment des montres, bijoux et articles de maroquinerie.
Le 26 janvier 2026, quinze individus sont interpellés simultanément en France et en Belgique. Les perquisitions permettent alors la saisie de près de 3 millions d’euros de bijoux en or et de près de 800 000 euros d’avoirs criminels.
Une seconde opération est menée le 5 mai dernier dans le Vaucluse, l’Hérault et le Gard. Cinq autres individus soupçonnés d’être impliqués dans les cambriolages et le blanchiment sont arrêtés. Les gendarmes découvrent lors des perquisitions des articles de luxe, des comptes bancaires, des cryptoactifs mais également des armes et des munitions.
À l’issue des présentations devant le juge d’instruction, quatre mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire tandis qu’un cinquième a été écroué. L’enquête judiciaire se poursuit désormais sous l’autorité du magistrat instructeur.
Crédit photos Gendarmerie nationale. retravaillée par image numérique. Tous droits réservés.
Article Jérémy ARMANTE
