Le 1er octobre 2026, à Satory, le GIGN a transmis le commandement de son centre de formation à l’intervention spécialisée et salué le départ d’un officier après quarante ans de service. Célébrée avec les anciens, les familles et les partenaires de l’unité, cette Saint-Michel a aussi permis de revenir sur ses engagements récents et sur cinquante ans d’évolution depuis l’opération de Loyada.
La cérémonie, relatée par Gendinfo, s’est déroulée en présence de plusieurs anciens commandants du Groupe, parmi lesquels Christian Prouteau, Denis Favier et Ghislain Réty. Les commandants du Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (CoSSeN) et du 13e régiment de dragons parachutistes figuraient également parmi les invités.
Dix-sept décorations et un commandement transmis
La première séquence a été consacrée aux personnels. Dix-sept militaires ou anciens du Groupe ont reçu une décoration : quatre insignes de la Légion d’honneur, un de l’ordre national du Mérite, deux médailles de la Gendarmerie nationale et dix médailles d’or de la Défense nationale, dont sept attribuées à titre individuel.
Le général Benoît Villeminoz, à la tête du GIGN depuis 2025, a ensuite installé le chef d’escadron Sébastien P. au commandement du Centre national de formation à l’intervention spécialisée. Le fanion du CNFIS lui a été remis devant les militaires, les anciens et les familles.
Cette relève marquait aussi le départ du lieutenant-colonel Christian J. Après quarante années de vie militaire, dont près de trente-trois au GIGN, l’officier a quitté le service actif et transmis le CNFIS à son successeur. La cérémonie prenait une dimension familiale supplémentaire : son fils devait recevoir à son tour le brevet du GIGN quelques jours plus tard.
Le nouveau commandant du centre connaît lui aussi l’unité de longue date. Gendinfo souligne son expérience opérationnelle et sa technicité dans le domaine du parachutisme. Il a également participé à la création et au service de deux antennes du GIGN, à Tours et à Caen. Le CNFIS assure la formation des militaires du Groupe et intervient aussi au profit des antennes GIGN, d’unités spécialisées de la gendarmerie et de partenaires étrangers.
Cryptorapts, narcotrafic et protection : une année de forte activité
Après la prise d’armes, le général Villeminoz a dressé le bilan d’une année marquée par des engagements contre la criminalité organisée, les enlèvements, le narcotrafic et les forcenés, mais aussi par des missions de protection en France et à l’étranger.
En Corse, le Groupe a participé à l’interpellation du dernier membre recherché du gang dit du Petit Bar. Aux Antilles, il a renforcé l’appui technique apporté aux unités de recherches locales. Plusieurs enlèvements liés aux cryptomonnaies ont également mobilisé ses composantes dans la Drôme, en Haute-Savoie et en Bourgogne. Lors de la plus récente de ces opérations, 80 militaires du GIGN ont été engagés dès la première heure, avant la libération de l’otage et l’interpellation des ravisseurs.
Le commandant du Groupe a aussi évoqué le rythme des interventions face aux personnes retranchées, de l’ordre d’un forcené par semaine, ainsi que les prises d’otages familiales, les transfèrements sensibles et les dispositifs déployés lors de grands événements. La protection demeure un autre pilier : le GIGN fournit la moitié des effectifs du Groupe de sécurité de la présidence de la République et déploie sa Force sécurité-protection dans des pays exposés ou en guerre.
Huit parachutistes ouvrent les démonstrations
Les démonstrations ont commencé dans le ciel. Huit parachutistes ont été largués depuis un hélicoptère Puma du Groupe d’intervention hélicoptères (GIH). L’un d’eux transportait en tandem une équipe cynophile. Tous les militaires du GIGN central sont brevetés parachutistes ; 80 disposent en 2026 de la qualification de chuteur opérationnel, utilisée pour des infiltrations discrètes à haute altitude et des mises en place au plus près d’une zone d’engagement.
Le premier tableau a retracé trente-cinq années d’évolution de l’observation et de la recherche. Créé en 1991, le Groupe d’observation et de recherche utilisait alors appareils argentiques, magnétophones et balises volumineuses. La Force observation-recherche actuelle travaille avec des outils numériques, des moyens miniaturisés et des drones, mais conserve les mêmes exigences d’anticipation, de coordination et de discrétion.
Le deuxième scénario mettait en scène la protection puis l’évacuation d’un ambassadeur dans un pays en crise. Véhicules blindés, détection de drones hostiles, brouillage, sécurisation d’un convoi et extraction par hélicoptère illustraient les capacités de la Force sécurité-protection face à des menaces qui peuvent se cumuler.
Cinquante ans après, l’opération de Loyada rejouée à Satory
Le dernier tableau revenait sur l’opération menée le 4 février 1976 à Loyada, à Djibouti. Un bus scolaire, détourné la veille à Djibouti, était retenu près de la frontière somalienne. Les hommes du GIGN n° 1 avaient employé pour la première fois en opération une technique de tir coordonné destinée à neutraliser simultanément plusieurs preneurs d’otages. Deux enfants avaient été mortellement blessés pendant l’assaut, rappelle l’historique publié par Gendinfo.
Cinquante ans plus tard, les militaires de la Force intervention ont repris les tenues, le matériel et le véhicule de l’époque, tandis qu’un détachement actuel se tenait à leurs côtés pour rendre visible l’évolution des équipements. Christian Prouteau, fondateur du Groupe, a de nouveau commandé la séquence de tir jouée devant les invités.
Le GIGN prépare désormais d’autres échéances : les Jeux olympiques d’hiver de 2030, le projet capacitaire Capsatory, le développement des drones et de la lutte anti-drone, l’intelligence artificielle ainsi que le contre-terrorisme aérien et maritime. La formation des unités de gendarmerie, des négociateurs de crise et des tireurs d’élite doit rester au cœur de cette montée en puissance. À Satory, la Saint-Michel a précisément relié ces chantiers futurs à la mémoire opérationnelle du Groupe.

