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Réservistes de la gendarmerie : « Nos centres tournent à plein »

Le général Olivier Kim, commandant des réserves de la gendarmerie, explique dans une interview accordée au Point comment la volonté de s’engager n’a pas faibli depuis les attentats.        

Le Point – Pourquoi encore organiser aujourd’hui une réserve ?

Général Olivier Kim – Autrefois la réserve était massive, liée à la conscription. Il y a 20 ans le législateur a voulu organiser une réserve, plus réduite, mais mieux entraînée et mieux employée. Elle constitue aujourd’hui une force complémentaire et indispensable à l’heure d’une menace à la fois permanente et diffuse.

Afin de répondre aux attentats tragiques vécus par notre pays mais aussi pour répondre à toutes les demandes d’engagement qui ont suivi, la Garde nationale a été créée en 2016. Faite de dix composantes, elle rassemble les réserves des deux ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Le Point – A quoi sert la réserve ?

Général Olivier Kim – Pour la gendarmerie, les réserves, car elles sont plurielles, augmentent les compétences et démultiplient le maillage territorial. Si on fait une toile reliant tous les points de présence de la gendarmerie sur une carte de France, la réserve rajoute 30.000 fils supplémentaires.

La réserve exerce des missions identiques à celles des forces actives, sauf en ce qui concerne le maintien de l’ordre. Elle permet une montée en puissance réactive. Avec sa dimension très locale, elle autorise un renseignement plus efficace et contribue à la détection des signaux faibles de radicalisation. C’est une réserve de proximité, car le réserviste est employé près de chez lui. C’est aussi une réserve pour partie projetable.

On a par exemple envoyé des réservistes sur des événements majeurs comme le G7 à Biarritz ou les suites de l’ouragan Irma. À cette occasion 150 gendarmes de réserve ont été mobilisés pendant plusieurs mois. Ce qui était formidable c’est qu’ils effectuaient leurs missions traditionnelles, la sécurité publique, etc., mais quand ils avaient terminé ils donnaient aussi un coup de main à partir de leurs compétences civiles.

Le Point – Pourquoi les réservistes se mobilisent-ils ?

Général Olivier Kim – Charlie Hedbo, le Bataclan, Nice, nous ont confrontés à de graves réalités et ont généré une prise de conscience. Des gens, nombreux, se sont déclarés volontaires. On a vu des pics d’activité sur nos sites Internet et notre recrutement s’envoler. Depuis les attentats, la limite d’âge pour intégrer les réserves a d’ailleurs augmenté de 30 à 40 ans. La volonté de s’engager ne faiblit pas et nos centres de formation tournent à plein.

Le Point – A quoi la réserve citoyenne, est-elle vraiment utile ?

Général Olivier Kim – La réserve citoyenne de défense et de sécurité, créée il y a exactement 20 ans, est bien une réserve militaire, avec des volontaires bénévoles. Toutes les armées en disposent. Son objectif est d’entretenir l’esprit de défense et de renforcer le lien entre la nation et son armée. En gendarmerie nous l’employons pour nous appuyer dans nos réflexions prospectives et nous mettre en question.

Les réservistes citoyens nous tendent un miroir qui met en exergue des pistes de progrès. Ils sont mis à contribution, en fonction de leurs compétences et de leur appétit d’engagement, pour nous apporter des expertises dont nous ne disposons pas. Ils nous apportent, pour parler comme les anglo-saxons, un regard out of the box.

Source : Le Point par Julien Damon

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