Julie Bernier, ancienne magistrate de Troye prend la direction de l’Inspection générale de la Gendarmerie. C’est la deuxième civile et magistrate à occuper ce poste originellement confié à un militaire
« La police des gendarmes » a définitivement changé d’époque. En plaçant une nouvelle fois une figure de la magistrature, Julie Bernier en l’occurrence, ancienne procureure à la tête de l’IGGN (l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale), l’État poursuit une mue entamée en 2023 avec Jean-Michel Gentil.
Exit la tradition qui voulait qu’un militaire contrôle des militaires. La direction civile s’est imposée en trois ans comme le nouveau visage de la déontologie au sein de l’institution.
Connaissance de l’institution
Magistrate de profession, Julie Bernier a pris la tête de l’IGGN le 1ᵉʳ août 2026. Après sa formation à l’École nationale de la magistrature, elle a notamment occupé les postes de procureure de la République à Montluçon puis à Troyes, avant de devenir substitute générale.
En février 2025, elle a rejoint l’administration centrale de la Gendarmerie nationale comme conseillère justice du Directeur général (DGGN).
Regard policier
Sous le post LinkedIn de l’IGGN, une réponse interpelle : celle du syndicat des commissaires de police. Pas de réaction de gendarme bien évidemment, statut militaire oblige. Le syndicat décrit alors cette nomination comme une forme de « défiance supplémentaire, aussi inutile que difficilement compréhensible », exposant comme argument que « les commissaires et officiers de gendarmerie qui ont précédemment occupé ces fonctions n’ont pourtant jamais failli à leur mission ».
Cela met en exergue deux visions distinctes du rôle de l’IGGN. Pour les gendarmes et policiers, la connaissance des contraintes du terrain est reléguée au second plan tandis que l’exécutif y voit au contraire un moyen de garantir l’impartialité et de préserver la confiance du public.
Hausse des sanctions
En scrutant les chiffres du rapport annuel 2025 de l’IGGN, on peut constater une hausse globale des volumes de signalements et de sanctions. En 2023, année durant laquelle le premier magistrat a pris la direction durant l’été, l’IGGN recensait 3 294 signalements externes. En 2025, ce chiffre atteint 5 193, soit une augmentation de 24 % par rapport à 2024.
Côté disciplinaire, 3 065 sanctions avaient été prononcées en 2023. Le rapport 2025 fait état de 3 690 sanctions, ce qui représente 3 % du personnel militaire de l’institution.

