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INDIGNATION après la mort d’une gendarme tuée par la folie d’un chauffard ivre et sans permis

Il y a beaucoup d’émotion et de colère après l’homicide volontaire d’un conducteur ivre et sans permis sur la gendarme Mélanie Lemée lors d’un point de contrôle routier samedi 4 juillet dans le Lot et Garonne. Une vive indignation a été exprimée par toute la famille de la Gendarmerie, et par le premier d’entre eux, le Directeur Général de la Gendarmerie Christian Rodriguez

« Chers camarades,

L’une des nôtres a été percutée par un véhicule dont le conducteur a refusé d’obtempérer, à Port-Sainte-Marie, dans le département du Lot-et-Garonne. L’automobiliste tentait d’échapper à un dispositif d’interception. L’individu a été rapidement interpellé et placé en garde-à-vue. Mais malgré l’intervention des secours, Mélanie Lemée a perdu la vie. Elle était gendarme OPJ, avait 25 ans et était un pilier de la brigade de proximité d’Aiguillon. 

Comme à chaque fois que tombe l’un des nôtres, c’est la gendarmerie nationale tout entière qui est en deuil. 

Devant ce drame, nous pensons à sa famille, à ses amis, à ses camarades d’unité. Nous devons avant tout serrer les rangs autour d’eux, partager leur chagrin, leur dire notre respect, montrer notre disponibilité pour les aider et, plus encore, notre amitié. 

Je pense aussi à nos camarades engagés à ses côtés lors de l’opération. Nous devons les entourer. Notre exceptionnelle cohésion, qui fait la force de la famille gendarmerie, doit permettre de les soutenir dans cette épreuve.

Si profonde soit notre tristesse face à la perte d’une vie dans de pareilles circonstances, nous pensons aussi avec fierté à ce que notre camarade était, ainsi qu’à tout ce qu’elle a réalisé au cours de sa jeune carrière. J’ai écouté et lu avec beaucoup d’émotion et d’admiration ce week-end le portrait que m’ont fait de Mélanie ses chefs, et à travers eux ses camarades, tous plus élogieux les uns que les autres. C’était une gendarme au caractère bien trempé, sportive de haut niveau, passionnée par sa vocation, son uniforme. Elle fut une gendarme révélée à elle-même dans la réserve, devenue un sous-officier extrêmement engagé, progressant sans cesse et ne lâchant rien, régulièrement félicitée. Elle était une jeune femme toujours joyeuse et entraînante, mue, chacun l’a souligné, par le refus de toute forme d’injustice.

En pensant à elle, à l’appel du service auquel elle a répondu, à son tempérament, à ses qualités immenses, nous savons que notre mission se poursuit. Nous devons continuer en toutes circonstances à répondre présent, parce que la population a besoin de nous. Je pense bien sûr à chacune et chacun de nous en cet instant. Cette mort brutale ne nous laisse évidemment indifférent en rien, d’autant que ce qui est arrivé à Mélanie Lemée est la première menace qui pèse sur le gendarme. Nous savons tous que nous pouvons être confrontés à ce risque à tout instant, nous le savons même depuis le jour où nous avons formé le choix de rejoindre l’institution. Mais si, individuellement, l’on peut pleurer nos morts, la gendarmerie, collectivement, doit surtout les honorer.

Nous le ferons de deux façons : en rendant en milieu de semaine les honneurs militaires à la gendarme Lemée, puis, au-delà de ce deuil, au-delà de cet hommage, en honorant sa mémoire par la dignité et l’excellence de notre propre service, de notre propre engagement. Mélanie nous oblige, comme tous nos camarades qui ont payé de leur vie l’accomplissement de la mission. Aller de l’avant et ne jamais l’oublier, tel est notre devoir. Pour la Patrie, l’Honneur et le Droit. »

 
Général d’armée Christian Rodriguez,
directeur général de la gendarmerie nationale

Général d’Armée Christian Rodriguez, directeur de la Gendarmerie Nationale

Mélanie Lemée, gendarme de 25 ans, a été tuée samedi 4 juillet lors d’un contrôle routier en Lot-et-Garonne, le chauffard a été interpellé et placé immédiatement en garde à vue.

Mélanie Lemée

C’est un terrible drame qui s’est noué ce samedi en début de soirée sur la commune de Port-Sainte-Marie, non loin d’Agen, en Lot-et-Garonne.

Tout serait parti d’un refus d’obtempérer. Le conducteur a d’abord refusé de s’arrêter à un premier contrôle de la gendarmerie à Colayrac-Saint-Cirq, tout près d’Agen, vers 20 h 50, a précisé le ministère de l’intérieur dans un communiqué dimanche matin. Signalé aux forces de l’ordre, l’homme a ensuite fait « demi-tour devant un barrage tenu par la police ».

La gendarmerie a alors mis en place « un dispositif d’interception » à Port-Sainte-Marie. Face à ce contrôle, le conducteur « refuse à nouveau de s’arrêter, fait un écart pour éviter la herse déployée et quitte la chaussée », puis « heurte violemment » la gendarme, il était aux environs de 21h30. « Très grièvement blessée », elle est morte malgré l’intervention des secours.

Quel est le profil du suspect ?

L’automobiliste interpellé est âgé de 26 ans, et défavorablement connu des services de police et de gendarmerie. Il a déjà été condamné à trois reprises, notamment pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et sur la circulation routière. Originaire du département, l’homme conduisait sans permis, et « il transportait 165 grammes d’une poudre blanche qui devra être analysée mais qui est vraisemblablement de la cocaïne ».

« Après le choc, le véhicule a pris la fuite (mais) il a dû s’arrêter 400 mètres plus loin du fait du déclenchement des airbags », a expliqué la procureure. Il a alors tenté de s’enfuir à pied avant d’être arrêté et placé en garde à vue.

Le suspect encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, « ont présenté leurs sincères condoléances à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble de ses camarades de la gendarmerie », peut-on lire dans un communiqué.

Sur sa page Facebook, la gendarmerie du Lot-et-Garonne s’est dite « meurtrie » par le « décès en service » d’une « camarade » et a exprimé sa « profonde émotion à l’endroit de la famille, des proches et de [ses] camarades du Lot-et-Garonne frappés durement en ces terribles circonstances ».

La Gendarme Mélanie Lemée était également une grande sportive.

La militaire, affectée à la brigade d’Aiguillon depuis le 4 juillet 2016 était une judokate de haut niveau. Elle avait participé à de nombreuses compétitions et avait décroché le 15 février 2017 son deuxième titre de championne de France militaire de judo ( catégorie + de 78 kilos) organisé au sein de l’escadron de gendarmerie mobile de Tarbes. Elle avait déjà remporté ce titre, un an plus tôt, en mars 2016 à Lorient.

Le Pandore et la Gendarmerie, adresse ses sincères condoléances à sa famille, ses proches et camarades de travail.

Comble de l’acharnement contre les forces de l’ordre. 24 heures plus tard, des malfaiteurs forcaient un barrage de gendarmerie près de Cambrai.

Un gendarme a été blessé dimanche soir 5 juillet lors d’un contrôle routier à Gouzeaucourt proche de Cambrai dans les Hauts-de-France.

Un groupe de malfaiteurs ayant effectué des vols dans le Cambrésis la journée, les gendarmes étaient à leur recherche. Comme le relate La Voix du Nord, dans la soirée, vers 22h00, les militaires les ont repérés.

Les gendarmes ont alors mis en place un contrôle routier pour les appréhender. Si certains des malfaiteurs ont pu être interpellés, d’autres ont forcé le barrage et percuté deux véhicules de gendarmerie. Un jeune gendarme adjoint a été blessé au pied par le véhicule des suspects a expliqué le commandant de gendarmerie au quotidien régional.

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