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Les personnes séropositives admises dans la police mais toujours exclues de la gendarmerie ou l’armée

La victime de l’accident est un jeune gendarme de 23 ans. - (Photo d’illustration)

Une victoire pour les personnes séropositives en cette fin d’année 2022 : elles peuvent désormais intégrer la police nationale, ce qui était jusqu’au mois dernier interdit par le ministère de l’Intérieur. Les associations LGBTQ+ poursuivent leur combat chez les pompiers et l’armée.

C’est une discrimination qui a longtemps exclu des candidats au concours de l’école nationale de la police. Des policiers intégrés sur le terrain en ont aussi été victimes. En cours de carrière, ils pouvaient se voir du jour au lendemain écartés, parce qu’ils avaient été contaminés par le VIH, le virus du sida. Avec l’abrogation d’un arrêté du ministère de l’Intérieur, cette discrimination vient d’être abolie au début du mois de décembre. « Tout le monde a bien compris qu’il n’y avait aucun risque à avoir un collègue séropositif indétectable », se félicite Johan Cavirot, le président de FLAG, association qui milite pour le droit des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, et transexuelles.

Il était temps, souffle le militant, qui rappelle l’évolution des traitements thérapeutiques. Il devenait totalement injustifié de priver par principe tout candidat ou fonctionnaire séropositif, sans prendre en compte sa situation de santé précise. La discrimination était aussi abusive qu’illégale, et « la police a pris les devants » pour changer les règles, se réjouit-il. Le ministère de l’Intérieur a en fait supprimé, par décret publié au Journal officiel fin novembre, le Sigycop, dispositif d’évaluation de l’aptitude physique des futures forces de l’ordre. « On attend maintenant que les autres administrations fassent de même », prévient Johan Cavirot.

« Discriminations à rebours »

Car dans la gendarmerie, dans l’armée de terre, de l’air, dans la marine ou chez les pompiers, le traitement n’est pas le même. Les séropositifs ne peuvent porter l’uniforme. « C’est très étonnant chez les gendarmes qui dépendent du même ministère de l’Intérieur que la police », note Me Etienne Deshoulières, qui a saisi le conseil d’Etat au nom de plusieurs associations. L’avocat se désole aussi du « refus de l’armée d’entendre tous les arguments portés par les associations pour laisser les personnes vivant avec le VIH entrer dans leur corps ».Il souligne que la plupart des personnes infectées par le VIH sont gays ou viennent d’Afrique subsaharienne. « Donc, ce sont des discriminations à rebours contre les gays et contre les Noirs », estime Etienne Deshoulières. Légalement, « il faut étudier la situation individuelle de chaque candidat qui souhaite servir son pays et rentrer dans la police, l’armée ou chez les pompiers », plaide-t-il. « Et qu’on arrête de discriminer des personnes ! » Selon lui, les pompiers devraient comme les policiers ouvrir leurs portes aux séropositifs. En ce qui concerne la gendarmerie et l’armée, en 2023, l’avocat continuera le combat auprès des associations. Le conseil d’Etat n’a pas encore fixé de date pour rendre sa décision.

SOURCE : RADIO France

Écrit par pandore

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