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Leur âge les trahit : deux fraudeurs au pass sanitaire verbalisés dans le Doubs

Pas toujours simple d’empêcher les opposants à la vaccination contre le Covid de se rendre dans un bar ou un restaurant.

Michèle Lods et son mari sont à la tête du restaurant L’Aquarelle depuis vingt-cinq ans. Photo ER /Lionel VADAM

L’histoire s’est déroulée mardi 31 août, à l’heure du déjeuner, au restaurant L’Aquarelle, à Pont-de-Roide. Comme à son habitude depuis l’instauration de ce sésame, Michèle Lods, la patronne, a contrôlé ses clients à leur arrivée via l’application TousAntiCovid.

À chaque QR Code flashé, un rond vert avec la lettre V (pour Vérifié) s’est affiché sur son smartphone. Rien à signaler donc, tout le monde était en règle ! Du moins en apparence…

Plus cher que dans un restaurant étoilé

Peu après, deux gendarmes sont arrivés à l’improviste afin de mener une opération de contrôle. Et là, problème ! Ils se sont attardés devant deux personnes assises à la même table. Leur âge probable, c’est-à-dire celui que l’on pouvait estimer en les voyant, ne correspondait pas du tout à la date de naissance figurant sur le pass qu’elles ont présenté. L’écart était si flagrant que la fraude ne faisait aucun doute. Elle a été confirmée par le contrôle de leurs papiers d’identité.

Les deux clients indélicats, qui venaient de finir leur entrée, ont été verbalisés chacun à hauteur de 135 euros. « Au final, leur passage dans mon établissement leur a coûté plus cher que dans un restaurant étoilé ! », résume Michèle Lods, qui propose chaque jour un menu unique à 13 euros.

Elle poursuit, étonnée : « Bizarrement, les gendarmes n’ont pas demandé à ces deux personnes, qui ne comptent pas parmi nos habitués, de se lever et de partir, ce qui a surpris les autres clients. Aurais-je dû prendre cette initiative ? Je ne sais pas quoi répondre… » Le binôme qui n’était pas en règle a fini tranquillement son repas.

Dénoncer ses propres clients ?

Les forces de l’ordre ont reproché à Madame Lods de ne pas avoir contrôlé la date de naissance au moment où elle a flashé les QR Code (à ce jour, la loi ne prévoit pas de sanction pour ce point précis), « mais cela, personne, dans aucun bar ou restaurant, ne le fait jamais ! », assure-t-elle. « Comme moi, tous mes confrères se contentent de flasher le QR Code. » Qui plus est, « la loi ne m’autorise pas à demander à quelqu’un de me présenter ses papiers d’identité. Et commercialement parlant, je me vois mal dire à une personne qu’elle fait plus vieille que son âge… » Dans l’absolu, elle aurait pu demander un justificatif d’identité (carte Vitale, carte professionnelle, carte de membre d’une association…).

En cas de doute, les gendarmes lui ont conseillé d’appeler le 17. « Il faudrait donc que je dénonce mes propres clients ? », interroge-t-elle, pas du tout convaincue.

Et les deux tricheurs n’ont pas fait profil bas

La restauratrice, qui est à la tête de L’Aquarelle depuis vingt-cinq ans (elle est en salle pendant que son mari est en cuisine) salue le travail de la gendarmerie et… en veut aux deux clients tricheurs.

« En venant régler au comptoir, ils ont protesté contre les contrôles, estimant que ce n’était pas normal. Si je respecte les personnes opposées au vaccin, il n’est pas acceptable qu’elles tentent d’imposer leur conviction en venant dans nos établissements (1). Et ça, je le leur ai fait comprendre poliment. »

Même si son activité est loin d’avoir retrouvé son rythme de croisière, « je demande aux non-détenteurs du pass sanitaire de rester chez eux et, ainsi, d’éviter de nous mettre en défaut. »

(1) À ce jour, le port du masque par les salariés (vaccinés) des bars et restaurants est à la discrétion des responsables d’établissement (ils peuvent l’imposer ou pas), sauf directive particulière de l’autorité préfectorale liée à l’évolution de la situation sanitaire.

SOURCE : L’EST REPUBLICAIN

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Écrit par pandore

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