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Portraits-robots de la gendarmerie : de la caricature à la « photo »

L’adjudante Sonia Tirbois est portraitiste à la gendarmerie depuis presque dix ans. Elle a vu les logiciels évoluer rendant les portraits-robots plus précis.

En quelques années, l’évolution est flagrante. Les logiciels se sont succédé, faisant passer les portraits-robots de la gendarmerie de ce qui s’apparentait à une caricature à aujourd’hui quasiment une photographie. L’adjudante Sonia Tirbois, qui est portraitiste depuis presque dix ans au groupement de gendarmerie de Loir-et-Cher, relève cette amélioration qualitative.

 Les premiers logiciels sur lesquels elle a travaillé, « Sosie » et « Faces », étaient en noir et blanc, et les possibilités étaient limitées si l’on compare au dernier outil mis à disposition des gendarmes.

“ Être le plus proche de la réalité ”

Ce nouveau logiciel, en service depuis janvier 2019, baptisé « Efit6 », est révolutionnaire dans le sens où c’est le premier en couleurs.

Mais pas que : il est désormais possible de choisir des groupes ethniques, les expressions du visage et le panel de cheveux disponible sont très larges. Un outil plus précis, avec beaucoup de choix qui permet d’affiner le portrait-robot, le visage se transformant en direct à l’écran.

L’adjudante réalise entre douze et quinze portraits-robots par an, notamment dans des affaires de cambriolages où des suspects ont été aperçus. C’est elle aussi qui avait réalisé les portraits-robots des personnes suspectes qui avaient abordé des jeunes près de leurs établissements scolaires en mai 2018.

Pour « dessiner » le visage d’un suspect, elle s’appuie sur les descriptions de témoins ou victimes, part d’une base de visage et affine au fil des remarques ou des réponses aux questions qu’elle pose en usant de toutes les possibilités du logiciel.

« Ce sont les cheveux et les yeux le plus important », précise-t-elle.

Les victimes avec lesquelles il est le plus difficile de travailler, ce sont les personnes âgées et les enfants. « En dessous de 12 ans, c’est compliqué pour la concentration et il y a aussi un manque de maturité pour former un visage. Et puis il y a des problèmes de mémoire aussi », explique la gendarme. La mémoire est également parfois défaillante chez les personnes âgées.

En moyenne, il faut à l’adjudante environ 1 h 30 pour dresser un portrait-robot et remplir le procès-verbal qui reprend par écrit les dires de la victime ou du témoin. 

Elle demande ensuite à la personne d’évaluer le portrait-robot avec une note allant de 0 à 20. En dessous de 12, c’est moyen… « Vous ne pourrez jamais avoir la photo exacte, mais l’objectif est d’être le plus ressemblant possible, le plus proche de la réalité. »

Une fois les portraits réalisés, ils sont diffusés dans toutes les brigades du département, de la Région, ou même de France, selon les cas, afin que les gendarmes aient un visuel du suspect recherché

Source : la Nouvelle République
Photo : Un gendarme réalisant un portrait-robot (illustration) Crédit : JEFF PACHOUD / AFP

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