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Turgis et Gaillard présente le prototype du Véhicule blindé à roues de la Gendarmerie « rénové »

La Direction générale de la Gendarmerie nationale modernise les VBRG encore suffisamment en bon état et en « gendarmisant » des VAB que l’Armée de Terre pourrait céder aux gendarmes.

Depuis quelques années, les avis budgétaires publiés par le Sénat et l’Assemblée nationale disent tous la même chose : il est devenu urgent de remplacer les Véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG), utilisés notamment pour le maintien de l’ordre depuis les années 1970.

« L’accélération et l’intensification des situations de crise variées ont accru le recours aux VBRG ces deux dernières années, outre-mer mais également pour la première fois depuis des décennies sur le territoire métropolitain. […] Ces engagements ont démontré tout l’intérêt opérationnel de cette capacité pivot, ces engins permettant le dégagement d’axes entravés par des barricades enflammées et, pour certaines, piégées à l’aide de bouteilles de gaz », a encore souligné la députée Aude Bono-Vandorme dans son dernier rapport pour avis.

Et de souligner que les « VBRG permettent d’assurer la protection des personnels dans le traitement d’obstacles dangereux, alors qu’aucun blessé lié à l’emploi des VBRG n’a été recensé jusqu’alors ».

Un vieillissement du parc problématique

Or, a-t-elle ajouté, « le vieillissement du parc pose néanmoins de plus en plus de difficultés, notamment en raison des retards constatés sur l’approvisionnement en pièces détachées, le recyclage de ces dernières provenant d’engins réformés atteignant aujourd’hui ses limites. »

Seulement, il n’existe pas, sur le marché, de véhicules blindés susceptibles de répondre aux besoins de la Gendarmerie. Et le niveau des crédits alloués à cette dernière ne permettent pas de financer le développement d’un successeur du VBRG.

Aussi, la solution retenue par la Direction générale de la Gendarmerie nationale [DGGN] consiste à faire du neuf avec du vieux, c’est-à-dire en modernisant les VBRG encore suffisamment en bon état et en « gendarmisant » des Véhicules de l’avant-blindé [VAB] que l’Armée de Terre pourrait céder aux gendarmes en fonction des livraisons des Griffon.

OMAT et Turgis et Gaillard retenus

Pour cela, au début de cette année, la Gendarmerie a attribué deux contrats : l’un à OMAT pour mettre au point une version « Maintien de l’ordre » du VAB, l’autre à Turgis et Gaillard pour moderniser les VBRG.

« Nous nous orientons vers le rétrofit des véhicules blindés actuels et des VAB qui ne sont plus d’utilité aux armées. Dans le cadre du renouvellement de ses matériels, l’Armée de terre n’a plus l’utilité de certains VAB et j’ai demandé qu’on nous les cède afin de les gendarmiser en les remotorisant et en les peignant en bleu pour les mettre à la disposition des unités de gendarmerie, notamment outre-mer. Les VAB présentent l’avantage d’être surblindés. J’ai besoin de la moitié des 84 véhicules blindés outre-mer, plutôt des VAB MO », avait expliqué, en octobre, le général Richard Lizurey, avant de quitter la tête de la DGGN.

Quant aux VBRG, 30 à 40 exemplaires pourraient être modernisés.

Le 11 décembre, le groupe Turgis et Gaillard a justement dévoilé le prototype du VBRG rénové. Les travaux ont consisté à changer le moteur Diesel Berliet V800 par un autre fourni par Iveco. De quoi permettre de faire rouler les 13 tonnes de l’engin à la vitesse de 80 km/h. La boîte de vitesse a aussi été changée.

Un coût cinq à six fois moins cher

L’avantage de ce « rétrofit » est son coût. Devant les députés, le général Lizurey avait indiqué que le « prix des prototypes négocié avec l’industriel » était de « 250.000 euros pièce, incluant la remotorisation complète, la climatisation et la révision de l’ensemble du système.». Soit cinq à six fois moins cher que pour le développement d’un nouveau modèle.

« Nous sommes plutôt sur ce modèle, avec six ou sept matériels rétrofités chaque année pendant quatre ou cinq ans. Nous disposerions ainsi au bout de cette période d’une flotte de 84 véhicules blindés qui pourraient repartir pour trente, quarante ou cinquante ans », avait estimé le général Lizurey.

Source : Gendarmerie.

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