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Affaire Myriam Sakhri : quinze ans de combat et un non-lieu qui laisse des zones d’ombre

Quinze ans après la mort de Myriam Sakhri, la justice a définitivement refermé le dossier. Le 24 septembre 2011, cette gendarme de 32 ans était retrouvée morte d’une balle dans l’abdomen dans son logement de fonction à la caserne Delfosse, à Lyon. Dès l’origine, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale avait conclu à un suicide pour « raisons personnelles ». Une thèse que la famille n’a jamais acceptée. Ce jeudi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon a prononcé un nouveau non-lieu, ravivant la colère et l’incompréhension des proches.

Au cœur de l’affaire, de nombreux éléments troublants. À côté du corps de la jeune femme, son arme de service et un message manuscrit visant directement un supérieur hiérarchique : « Merci à G. le connard ! ». Pour la famille, ce mot excluait l’hypothèse d’un geste isolé et intime. Myriam Sakhri, affectée au Centre d’opérations et de renseignements de la gendarmerie du Rhône, se serait plainte dans les mois précédant sa mort de harcèlement, de racisme et de mises à l’écart répétées au sein de son unité. Elle aurait évoqué des insultes quotidiennes et un climat professionnel délétère, qu’elle avait dénoncé par écrit à sa hiérarchie.

« Un tir peu compatible avec un suicide »

Selon l’avocat de la famille, Me Vincent Brengarth, loin d’être protégée, la gendarme aurait subi une marginalisation progressive et l’inaction de ses supérieurs, dans un contexte qualifié de « racisme structurel et ambiant ». Les proches soulignent également des incohérences matérielles : la trajectoire de la balle, supposément tirée par une personne debout face à elle, la présence de deux douilles, ou encore le choix d’un tir abdominal, jugé peu compatible avec un suicide.

Malgré ces interrogations, un premier non-lieu avait été prononcé en 2013, confirmé jusqu’en cassation en 2015. Les magistrats avaient alors écarté tout harcèlement, estimant que Myriam Sakhri s’était donné la mort après avoir appris qu’elle devrait comparaître devant un tribunal dans deux affaires professionnelles. En 2021, la famille avait toutefois obtenu la réouverture d’une information judiciaire pour harcèlement et homicide involontaire, sur la base de nouveaux témoignages évoquant des propos racistes explicites à son encontre.La décision rendue en janvier 2026 met un terme à cette procédure. Pour la famille, c’est un « scandale » et le symbole d’une enquête « bâclée », qui n’aurait jamais jugé l’affaire sur le fond. Déterminés à ne pas en rester là, les proches de Myriam Sakhri ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, convaincus que la vérité n’a pas encore été pleinement établie.

Rédigé par pandore

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