À Bernay, c’est le malaise d’un client qui a mis les gendarmes sur la piste de treize boutiques de CBD dans l’Eure et en Seine-Maritime. Le 15 octobre, le tribunal correctionnel d’Évreux a condamné les trois exploitants. La gendarmerie de l’Eure est revenue le 30 octobre sur l’enquête, qui s’est étendue bien au-delà du commerce où le client avait fait son achat.
Le 3 juillet 2025, les gendarmes de Bernay sont appelés pour un homme qui souffre de vertiges et d’hallucinations après avoir consommé un produit vendu comme du CBD. Les militaires enquêtent avec le groupe interministériel de recherches de Rouen, sous l’autorité du parquet d’Évreux.
Ce que révèlent les analyses
Le 11 mars 2026, les gendarmes perquisitionnent quatorze commerces et les domiciles de cinq personnes. Ils saisissent notamment 193 kilos de résine et 425 kilos de fleurs. Dans son ordonnance du 10 juillet, le juge administratif cite les analyses réalisées dans l’enquête. Soixante-treize produits présentaient, selon les laboratoires, une teneur en THC supérieure au seuil de 0,3 %. Un produit de synthèse interdit a également été identifié dans le stock d’un commerce.
Dès le 29 mai, les préfets de l’Eure et de la Seine-Maritime avaient ordonné des fermetures administratives de six mois. Plusieurs exploitants ont tenté d’obtenir la réouverture de leurs boutiques en urgence. Le 10 juillet, le juge des référés de Rouen a rejeté leurs demandes.
Trois exploitants condamnés à Évreux
À l’automne, le dossier est arrivé devant le tribunal correctionnel d’Évreux. Les peines prononcées le 15 octobre vont jusqu’à deux ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis. Dans son bilan du 30 octobre, la gendarmerie de l’Eure fait également état de confiscations et de la fermeture définitive des commerces concernés.

