en

HAUTE SECURITE REQUISE POUR LES JO 2024

À moins d’un an et demi d’une cérémonie d’ouverture « historique » qui doit se dérouler sur la Seine en présence de 600 000 spectateurs, le casse-tête continue pour l’État, le Comité d’organisation et la ville de Paris, qui rendent les derniers arbitrages sur la sécurisation de l’événement. La réduction de la jauge de spectateurs est évoquée, précise nos confrères de France 24, pour faciliter le travail des forces de l’ordre.

Ce jour-là, à 20 h 24, une centaine de bateaux chargés des délégations d’athlètes descendront la Seine, du pont d’Austerlitz jusqu’à la tour Eiffel. Six kilomètres sous les yeux de 600 000 spectateurs pour une arrivée à 23 h 50. 

Première cérémonie d’ouverture organisée en dehors d’un stade, l’événement doit se dérouler sans accroc : un milliard de téléspectateurs auront les yeux rivés sur la capitale française. Mais la tâche s’annonce immensément complexe et nécessite un colossal effort de coordination.

image d’archive JO de Tokyo

Le défi est énorme

Un an et demi avant le Jour J, le format-même de la parade nautique, imaginée par Emmanuel Macron et la maire de Paris Anne Hidalgo, n’est toujours pas définitivement arrêté. L’interrogation la plus importante porte sur la jauge de spectateurs.

En novembre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué 100 000 spectateurs payants sur les quais bas et 500 000 gratuits sur les quais hauts de la Seine, avec la mise en place d’une billetterie gratuite pour contrôler la foule sur le site.

La mairie, qui privilégiait un scénario sans billetterie, s’est finalement rangée à la position de Gérald Darmanin. « On n’en fera pas un casus belli », assure Pierre Rabadan, l’adjoint de la mairie chargé des JO.

Seul le nombre de personnes qui pourront accéder aux quais hauts est en train « d’être affiné », explique un organisateur.

Pour Pierre Rabadan, plutôt que celle des spectateurs, « la vraie question » posée porte sur l’affluence globale dans l’espace public parisien ce jour-là : « Sans doute plus d’un million ».

Des répétitions organisées cet été

Une répétition de la parade fluviale aura lieu en juillet prochain avec « 30 à 40 bateaux », selon un haut fonctionnaire. « Des test events » sont également prévus cet été.

Pour la seule cérémonie d’ouverture, Gérald Darmanin prévoit la mobilisation de « 35 000 policiers et gendarmes ». Le ministre table sur une moyenne de 30 000 membres des forces de l’ordre par jour durant la durée des Jeux, du 26 juillet au 11 août. Ce dernier a déjà prévenu que les policiers ne pourront pas prendre de vacances pendant cette période.

image d’archive gendarmerie mobile

Il chiffre en outre à 25 000 les besoins en agents de sécurité privée pour sécuriser les sites de compétition, responsabilité du Cojo. Fin février, seuls 3 000 de ces agents avaient été embauchés et 1 800 étaient en formation, selon la préfecture de la région Île-de-France.

Menace élevée. Les drones inquiètent

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et tous les autres services de renseignements seront eux aussi pleinement mobilisés, compte tenu des menaces très élevées entourant tous les événements mondiaux comme les JO.

Mouvements de foule, cyberattaques, attentats… les forces de l’ordre se préparent à tous les scénarios. Un sujet majeur concentre les inquiétudes, celui des drones. « On n’est pas prêts du tout. Si un drone équipé de grenades passe au-dessus de la foule et en lâche quelques-unes, on ne sait pas encore comment le neutraliser », reconnaissait à l’été 2022 une source proche de l’exécutif.

Image d’archive

Cette inquiétude n’est pas nouvelle, les drones sont une menace récurrente lors des manifestions. « Mais là, c’est l’ampleur de la foule dispersée sur les 6 km de berges qui pose problème », explique cette source.

Lors d’un entretien accordé en novembre à l’AFP, Gérald Darmanin avait confirmé en novembre que les attaques de drones sont « la menace terroriste principale d’aujourd’hui et de demain ».

Selon un pré-rapport de la Cour des comptes, le budget pour sécuriser les JO-2024 de Paris s’élèverait à « 419 millions d’euros ». Une facture qui pourrait toutefois continuer à  grossir alors que le dispositif n’est pas encore fixé et que les derniers arbitrages devraient être rendus dans les prochains mois.

Le Figaro a eu accès à la dernière mouture du dispositif qui protégera la cérémonie d’ouverture sur la Seine.

«L’ampleur du dispositif sera inédite»

Les scénarios du pire sont passés au crible par les stratèges de Beauvau, y compris celui d’un attentat à la «bombe sale» de type «NRBC», c’est-à-dire nucléaire, radiologique, bactériologique ou chimique. Les effectifs concentrés sur la cérémonie d’ouverture seront presque dix fois supérieurs à ceux engagés sur les manifestations parisiennes contre la réforme des retraites.

Pour parvenir à cette mise en tension, le ministère joue sur tous les leviers. «Les unités sont prévenues: tous les congés annuels seront annulés pendant les JO», avertit-on Place Beauvau, qui va aussi puiser dans le vivier de ses 15.000 réservistes.

image d’archive

Face aux circonstances exceptionnelles, Gérald Darmanin a annoncé très tôt son choix d’abolir, de manière ponctuelle, les zones de police et de gendarmerie pour faire converger à Paris des effectifs venant de tout le pays.

Arriver à 100% de mobilisation

Les logisticiens  à une manœuvre hors norme. Car il va falloir héberger, nourrir et protéger des dizaines de milliers d’hommes appelés à «camper» en région parisienne, mais aussi trouver des zones pour stationner des centaines de véhicules d’intervention et stocker des tonnes de matériel.

Pour arriver à 100% de mobilisation, le dispositif bénéficiera d’ici à 2024 du renfort de sept nouvelles unités de forces mobiles et de l’affectation de 3000 élèves sortis d’écoles. Avec un triplement des patrouilles, le gouvernement exige que chaque parcelle de terrain soit tenue.

Un dossier ultrasensible

Pour durcir la «carapace» de protection, le ministère de l’Intérieur a fini d’expérimenter 173 solutions techniques liées à l’«hypervision» – c’est-à-dire l’exploitation du «big data» -, à la détection ou la lutte contre la cybercriminalité. Sans jouer les Cassandre, nous dit Christophe Cornevin, du Figaro, les experts n’excluent pas non plus le spectre de «cyberattaques massives».

Selon les informations du Figaro, l’exécutif vient de signer un programme d’acquisition de 50 millions d’euros de matériel innovant, notamment pour augmenter les capacités de détection antidrones. Des fusils brouilleurs seront pointés vers le ciel afin de neutraliser d’éventuels aéronefs malveillants.

Pour corser l’exercice, policiers et gendarmes sont aussi en train d’affiner l’escorte rapprochée du «relais de la flamme» et de sa caravane, entre début mai et le 26 juillet 2024. Soit un périple de 80 jours pour un parcours d’environ 12.000 kilomètres dans 63 départements, avec deux incursions en Suisse et en Belgique, où des coups d’éclat pourraient être perpétrés par des activistes.

Un cruel manque de main-d’œuvre

La filière de la sécurité privée  souffre d’un cruel manque de main-d’œuvre, sachant que les organisateurs ont estimé les besoins à 17.000 agents, avec un pic à 25.000 lors de la plus forte affluence. Pour dynamiser le recrutement, le ministère de l’Intérieur est à la manœuvre: en six mois, le cadre réglementaire a été adapté pour proposer des formations «express» de 106 heures débouchant sur des postes temporaires «grands événements», spécifiques aux JO.

Par ailleurs, des négociations sont en cours pour rehausser les salaires et offrir davantage d’évolutions professionnelles aux nouveaux embauchés.

Source Legifrance-Securitas

1 million d’enquêtes de sécurité

Si Gérald Darmanin se veut «moteur» dans le processus, il pose cependant deux garde-fous: la maîtrise de la langue française et au moins cinq ans de présence sur le territoire national, le temps de cribler les candidatures.

Au total, 1 million d’enquêtes de sécurité seront étendues à tous les membres du «staff» présents aux Jeux, des vendeurs de boissons aux agents d’entretien en passant par les vigiles.

Source : France 24/le Figaro et l’AFP

Rédigé par pandore

Laisser un commentaire

Une femme de 28 ans tuée par sa compagne en Bretagne :

Affaire de pédophilie : les gendarmes créent le profil « Miss du 14 » et piègent un ancien prof