Dernier tournant majeur : les juges d’instruction ont décidé d’engager une vaste campagne de prélèvements ADN au printemps. Près d’une centaine de personnes sont concernées. Leur point commun : elles se trouvaient au Haut-Vernet ou à proximité le 8 juillet 2023, autour de l’heure estimée de la disparition, vers 17h15. Habitants, résidents secondaires, visiteurs ou simples promeneurs seront ainsi sollicités. Les membres de la famille, déjà testés auparavant, ne sont pas concernés par cette nouvelle phase.
Vers une vérité scientifique ?
En comparant ces profils génétiques à des traces d’ADN inconnues, les enquêteurs espèrent enfin faire émerger une piste concrète. Cette stratégie marque une nouvelle étape dans un dossier hors norme, où l’émotion collective se mêle à l’exigence de vérité judiciaire. Près de trois ans après les faits, l’espoir demeure que la science permette de comprendre ce qui est arrivé au petit Émile et de mettre un nom sur le responsable, s’il y en a un.
Le rappel de l’affaire
Le mystère entourant la mort du petit Émile Soleil continue de hanter les Alpes-de-Haute-Provence. L’enfant de deux ans et demi avait disparu le 8 juillet 2023, au lendemain de son arrivée chez ses grands-parents dans le hameau du Haut-Vernet. Malgré plusieurs jours de battues et de ratissages intensifs, aucune trace n’avait été retrouvée pendant de longs mois. Ce n’est que fin mars 2024 qu’une promeneuse découvre fortuitement le crâne et des dents de l’enfant, à environ 1,7 kilomètre du hameau. Une découverte macabre qui relance l’enquête sans pour autant lever les zones d’ombre.
Un traumatisme qui suggère l’intervention d’un tiers
Les analyses médico-légales ont mis en évidence un « traumatisme facial violent », laissant supposer l’intervention probable d’un tiers. Cette conclusion a profondément modifié l’orientation de l’enquête, jusque-là marquée par l’absence de piste solide. Si la thèse accidentelle n’est pas totalement exclue, les magistrats estiment désormais qu’un acte volontaire ou une implication humaine ne peuvent être écartés. La piste familiale, bien que sensible, n’a jamais été officiellement refermée.
Des gardes à vue et une perquisition ciblée
Un an après la découverte des ossements, les grands-parents d’Émile ainsi que deux de leurs enfants majeurs ont été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre ». Faute de charges suffisantes, ils ont été relâchés après 48 heures. En décembre dernier, une perquisition a également eu lieu dans leur résidence secondaire, avec la saisie de plusieurs éléments dans le garage. Autant d’actes judiciaires qui montrent que l’enquête explore désormais toutes les hypothèses.

