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Coronavirus : Trafic d’ordonnances pour la chloroquine

Dans une interview accordée à 20 Minutes, le général de division Jean-Philippe Lecouffe, sous-directeur de la police judiciaire au sein de la gendarmerie nationale, dresse un état des lieux de la délinquance liée au Covid-19.

Si le général Lecouffe remarque une « baisse de l’activité délinquante » depuis la mise en place du confinement, cet officier observe « un déplacement de la délinquance vers de nouvelles thématiques qui sont potentiellement liées à la crise ».

Lesquelles par exemple ?

Notamment les infractions commises sur Internet précise le général Lecouffe. Traditionnellement, les cyberdélinquants utilisent beaucoup les thématiques qui font la une de l’actualité pour amener leurs cibles à ouvrir des mails, des pièces jointes, aller sur des sites divers et variés… C’est un phénomène assez classique. Ils le font lors de grands événements sportifs, comme la Coupe du Monde de football.

Souvent, des délinquants envoient des e-mails en promettant des places
pour la compétition ou créent des sites pour escroquer les gens. Et bien il y a la même chose avec le Covid-19. Ce qui nous inquiète, c’est qu’il y a ce que l’on appelle une augmentation de la surface d’attaque.

On parle beaucoup de chloroquine en ce moment. Constatez-vous l’émergence d’un trafic de médicaments ?

Il y a un trafic d’ordonnances pour se procurer de la chloroquine ou des produits antipaludéens s’en approchant, on le sait. Plein de sites ont aussi vu le jour en affirmant en vendre. C’est évidemment une escroquerie.

Comme la crise est sanitaire, on voit se développer tout un tas d’offres pour des médicaments ou du matériel médical vendus sur des sites Internet plus ou moins recommandables. Parfois, il s’agit de médicaments qui ne sont même pas validés ou reconnus !

Nous sommes donc très vigilants et l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) est en alerte permanente. Il reste en contact avec nos partenaires étrangers et européens pour échanger sur ces sujets.

Les délinquants vont-ils, selon vous, réussir à s’adapter à la situation ?

Nous surveillons évidemment l’activité criminelle pour voir comment elle va reconfigurer en fonction des difficultés qu’elle peut rencontrer à s’approvisionner du fait du confinement, des difficultés de circulation, des contrôles d’attestation de détention.

On est très attentifs et observons de quelle façon les criminels vont se réorienter. On n’a donc absolument pas baissé la garde.

Dans plusieurs départements, la gendarmerie a signalé que des individus se faisant passer pour des gendarmes contrôlaient des automobilistes et tentaient de se faire remettre en espèces le montant de la contravention

C’est un phénomène que nous avons repéré à certains endroits. Nous rappelons que les gendarmes agissent en uniforme et dans des véhicules sérigraphiés.

Craignez-vous aussi, avec le confinement, un regain de violences intrafamiliales ?

Pour la gendarmerie, cela reste effectivement une priorité. Nous avons toujours des équipes en situation d’intervenir, le 17 reste activé. Nous portons une attention particulière aux publics vulnérables : femmes en danger, enfants susceptibles d’être victimes de violences, seniors.

Nous avons, par exemple, développé un système de suivi des victimes potentielles – femmes qui ont déjà déposé plaintes pour des violences, familles dans lesquelles il y a des problèmes… On s’efforce de garder le contact de façon afin de pouvoir intervenir si ça tournait mal pour elles.

En dehors des cas d’urgence, il est toujours possible d’utiliser les plateformes mises en place pour dénoncer les violences sexuelles ou sexistes. Et la brigade numérique de la gendarmerie reste accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Source 20 minutes Et le Parisien (cliquer sur le lien pour l’interview compète)

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