Un général de gendarmerie récemment nommé à la tête de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH) a été écarté de ses fonctions après des soupçons de propos à connotation raciste. L’information a été révélée par Le Parisien et Franceinfo. Une enquête administrative a été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).
Un service stratégique
Nommé en octobre dernier, ce général dirigeait depuis quatre mois un service stratégique chargé d’enquêter sur les crimes et délits motivés par l’origine, la religion, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des victimes. L’OCLCH est également responsable de la traque des criminels de guerre et des auteurs de génocides à l’échelle internationale. La nature sensible de ces missions rend les accusations portées contre son dirigeant particulièrement problématiques.
Des propos jugés sexistes et racistes
Selon plusieurs témoignages recueillis par Franceinfo, l’officier supérieur était connu pour être « sans filtre ». Il aurait tenu à de nombreuses reprises des propos jugés sexistes et racistes, parfois lors de moments informels, parfois lors d’entretiens individuels avec des subordonnés. Une remarque visant des gendarmes noirs aurait notamment suscité un malaise important au sein de ses équipes. Certains collègues décrivent ses propos comme « nauséabonds », tout en le présentant comme un homme « vieille France » plutôt qu’un militant idéologique radical.
Face à ces éléments, la hiérarchie a décidé de l’exfiltrer de son poste opérationnel. Il a été réaffecté à un poste administratif discret au sein de la direction générale de la gendarmerie, une décision perçue comme une première sanction. L’enquête de l’IGGN devra déterminer la réalité et la gravité des faits reprochés.

