En 2025, le parquet de Paris a franchi un cap sans précédent dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Des magistrats spécialisés ont annoncé avoir saisi plus d’un milliard d’euros d’avoirs criminels, un record historique qui marque un tournant majeur dans la stratégie judiciaire française. Ce montant spectaculaire, précisément estimé à un peu plus de 1,1 milliard d’euros, a plus que triplé par rapport à l’année 2024, durant laquelle 323 millions d’euros avaient été confisqués.
Ces résultats sont le fruit de l’action de la section J2 du parquet de Paris, compétente pour la juridiction interrégionale spécialisée en matière de criminalité organisée financière. Selon l’un de ses magistrats, Julien Cerqueira, les saisies ont été réalisées dans une trentaine de dossiers, majoritairement en France mais aussi dans plusieurs pays européens, notamment l’Autriche, le Liechtenstein et les Pays-Bas. Les avoirs concernés sont variés : comptes bancaires, biens immobiliers, actifs financiers ou encore patrimoines dissimulés.
« Taper au portefeuille »
Parmi ces dossiers, une saisie bancaire exceptionnelle se distingue : à elle seule, elle représente plus de 300 millions d’euros, alors même que l’enquête est toujours en phase préliminaire. Cette opération illustre l’efficacité d’une politique désormais assumée et systématique : « taper au portefeuille » des réseaux criminels. L’objectif est clair : priver les mis en cause de leurs ressources financières afin d’affaiblir durablement leurs capacités d’action.
Depuis plusieurs années, les magistrats et enquêteurs ont renforcé leur approche en matière de blanchiment. Il n’est plus nécessaire d’identifier précisément l’infraction d’origine des fonds pour procéder à une saisie. Dès lors que l’origine des revenus ou l’identité du bénéficiaire réel est volontairement rendue opaque — par l’usage de prête-noms ou des montages financiers complexes — la présomption de blanchiment peut être retenue. Cette évolution juridique permet d’agir plus vite et plus efficacement.
La traque de l’argent est ainsi devenue un levier central dans la lutte contre les trafics et la criminalité organisée. En frappant directement les patrimoines illicites, la justice française envoie un signal fort : l’enrichissement criminel n’est plus à l’abri, et 2025 pourrait bien marquer un changement durable d’échelle dans cette bataille financière.
